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Benoît XVI au Liban : que retenir ?

Publié le 18 sept 2012 à 22:17 Église 2 commentaires
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Qu’allait donc bien faire ce vieux monsieur dans une région au bord de l’implosion ? Ne risquait-il pas, par sa seule présence, de semer le chaos dans le seul pays encore un peu épargné de la région ? A l’heure du bilan, il semble qu’il n’en a rien été et que ce voyage a été un beau succès. Retour sur les faits.

Le voyage du Pape au pays du Cèdre s’explique d’abord par la volonté de remettre l’Exhortation apostolique Ecclesia in medio oriente qui vient conclure l’Assemblée spéciale des Evêques pour le Moyen-Orient réunie à Rome en octobre 2010. Depuis l’après-guerre, la situation au Moyen-Orient est catastrophique voire vue comme insolvable. Le Liban, formant une « belle et riche mosaïque » par son histoire et la multiplicité des cultures et religions qui y cohabitent, a valeur de modèle.

Pourtant, depuis le « Printemps arabe », cette tradition de cohabitation semble être mise en danger. Les régimes autoritaires qui – paradoxalement pour nous européens – permettaient bon an mal an ce voisinage, sont tombés. A leur place ont surgit des régimes guidés par un Islam radical. Le voyage au Liban était donc un moyen pour le Pape de rassurer les chrétiens du Moyen-Orient et leur dire que le Souverain Pontife n’oubliait pas ses frères. Evidemment, le Pape a pu aussi utiliser sa notoriété pour illuminer la situation au Liban de nouveaux feux et montrer que le choc des civilisations n’est pas inéluctable. Il ne l’est que lorsque le fondamentalisme et la violence, ces deux falsifications de la religion (cf. §29 de Ecclesia in medio oriente), prennent le pouvoir.

Quel a été le message du Pape aux chrétiens d’Orient ?

Dans l’exhortation apostolique, principal lieu d’enseignement de cette visite éclair, Benoît XVI a repris le slogan du synode de 2010 : communion et témoignage.

La communion a trois degrés dans le langage du Pape. Le premier degré est celui d’une communion entre catholiques, y compris entre catholiques de divers rites. Le second degré s’applique aux relations œcuméniques et le troisième à l’interreligieux. Evidemment, cette communion n’a pas les mêmes formes ni les mêmes exigences selon les degrés envisagés ; en revanche, elle est toujours un signe de témoignage.

Ensuite, toujours pour le pape, la communion n’est synonyme ni de fusion ni d’uniformité mais nécessite un apprentissage de la reconnaissance des différentes traditions. Cette reconnaissance se nourrit de la foi en Jésus, seule possibilité d’établir une véritable communion.

Un autre point est l’insistance sur la nécessité de passer de la tolérance religieuse à la liberté religieuse (cf. §26-27 de l’exhortation). Le Pape qualifie la liberté religieuse comme étant le sommet de toutes les libertés et il s’attache à montrer qu’elle est particulièrement chère aux chrétiens. Il assure que cette conviction est partagée non seulement par les juifs mais aussi par les musulmans. Il est clair à la lecture des différentes interventions du Pape que le souci majeur de ce voyage a été de ne pas stigmatiser la communauté musulmane. Cela renforcerait la lecture médiatique de l’opposition binaire entre les civilisations. Au contraire, le successeur de Pierre n’a cessé d’appeler à la paix, cette œuvre qui révèle profondément la présence d’une humanité. La paix nécessite d’aller au-delà des différences pour entrer dans un dialogue de voisinage (le dialogue entre deux voisins de religions différentes) mais aussi intellectuel (entre institutions ou chercheurs), spirituel (entre priants autour de la Parole de Dieu lorsque cela est possible) ou encore diaconal (autour d’un service commun).

Quelle leçon pour nous ?

Benoît XVI nous donne un message d’espérance : il ne s’agit pas de sombrer dans le pessimisme ou la violence. Il existe une véritable solution : c’est celle de la foi ! N’est-il pas étonnant que toute une partie de l’Exhortation s’attache à montrer l’importance de la Parole de Dieu et des sacrements, allant même jusqu’à renvoyer le lecteur à l’exhortation Verbum domini ? La première réponse à ce problème se trouve dans une relation plus approfondie avec notre Dieu car la violence et la peur, deux ennemies de l’espérance, naissent bien souvent de l’ignorance.

Il faut donc cultiver notre foi. Benoît XVI insiste même pour dire que le dialogue interreligieux n’est pas d’abord une exigence pragmatique et sociale mais une exigence de foi !

Porteur d’espérance, le Pape a eu des propos lumineux pour les jeunes libanais (chrétiens et non-chrétiens) ; des propos à lire de toute urgence.

Les Padre

Addendum : pour revoir ce voyage pontifical en images et la ferveur qu’il a suscité, les vidéos de KTOtv sont disponibles ici.

À propos de l'Abbé Amar

Abbé Amar

40 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit, chargé de communication d'une communauté religieuse, puis aumônier militaire, il est aujourd'hui vicaire en paroisse et en mission d'études à l'Institut Catholique de Paris. Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr).

  • Marie Dominique Sindo

    La visite du Pape au Liban a été une pure merveille! Les vidéos que j’ai vues m’ont fait penser au JMJ! c’est dans ces moments là que les chrétiens que nous sommes, pouvons nous rendre compte que le Pape est réellement le Vicaire du Christ et qu’il est plus proche de nous qu’on le croit. Je suis sûre qu’il a communiqué sa sérénité et sa paix intérieure, fruit d’un amour réel pour le Christ vécu au quotidien. 

  • http://www.facebook.com/mariedominique.sindo Marie Dominique Sindo

    La visite du Pape au Liban a été une pure merveille! Les vidéos que j’ai vues m’ont fait penser au JMJ! c’est dans ces moments là que les chrétiens que nous sommes, pouvons nous rendre compte que le Pape est réellement le Vicaire du Christ et qu’il est plus proche de nous qu’on le croit. Je suis sûre qu’il a communiqué sa sérénité et sa paix intérieure, fruit d’un amour réel pour le Christ vécu au quotidien.