| Le Pape et la capote ... Quelle révolution ???? |
| Écrit par Abbé Grosjean | |
| Dimanche, 21 Novembre 2010 12:24 | |
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Qu’a dit vraiment le Pape ?
Dans un livre d’entretiens ( « Lumière du monde », publié ce mardi 23 novembre ) Benoît XVI répond à une question d’un journaliste sur la polémique qui avait explosé lors de son voyage en Afrique. Le Pape avait déclaré que la distribution massive de préservatifs n’était pas LA solution pour lutter contre le sida, et même pouvait aggraver le problème, en favorisant le vagabondage sexuel, ou en évitant de réfléchir à la nécessité d’éduquer à l’amour et à la fidélité.
Le Pape ne regrette rien de ses propos. Il les confirme même :
Le préservatif « n'est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l'infection du VIH». «Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c'est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu'ils s'administrent eux-mêmes »
Le Pape précise cependant sa pensée dans ce livre, afin d’être mieux compris. Il explique ce que le bon sens disait déjà :
Quand une personne a de multiples relations sexuelles, ce qui est une situation moralement grave, il s’agit de ne pas ajouter à un mal ( ce vagabondage sexuel ) un autre mal ( la contamination des partenaires ) . L’utilisation du préservatif est dans ce sens évidemment utile, et même souhaitable, pour éviter au maximum la transmission du sida. C’est une question de responsabilité écrit le pape : «dans certains cas, quand l'intention est de réduire le risque de contamination, cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement».
Pour illustrer son propos, le pape donne même un exemple, celui d'un «homme prostitué», considérant que «cela peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut».
Où est la révolution ?
Nulle part. Ce qui est nouveau, c’est que face à un monde qui a du mal à écouter réellement ce que dit et propose l’Eglise, le Pape est obligé de préciser lui-même ce que n’importe quel prêtre de bon sens disait déjà.
Pour faire simple et direct, en 3 temps :
1- L’Eglise te propose un chemin de bonheur, exigeant mais qui rend libre, dans le domaine de la sexualité. Ce chemin repose sur deux piliers : l’abstinence pour les célibataires, la fidélité pour les époux. Tout cela vécu dans la chasteté, c’est à dire le respect de la personne, du corps et du cœur de l’autre, de la vérité des gestes et des paroles.
2- Si t’en as rien à faire, si tu couches avec n’importe qui, si tu as une sexualité complètement débridée, si tu es esclave de tes passions, eh bien… au moins, protège toi et protège tes partenaires. En plus de bousiller ta capacité à aimer, je t’en supplie, ne bousille pas la vie de l’autre.
3- Mais que cela puisse peut être te rendre responsable sur le fond : que tu puisses reprendre conscience peu à peu qu’il faudrait mieux apprendre à aimer, et retrouver une sexualité qui te rende vraiment heureux, qui soit digne de toi.
Le vrai message n’est donc pas « l’autorisation du préservatif », le message de l’Eglise sur l’amour et le sexe ne se réduit pas à la capote !!!!
Le vrai message de l’Eglise ne change pas !
Le Pape ne dit pas : « Allez , les jeunes, éclatez vous, amusez vous, mais au moins sortez couverts !!! ». Et il ne le dira jamais, car l’Eglise nous aime trop pour nous mentir. Il ne peut pas nous laisser croire que le préservatif est LA solution, durable et efficace. LA solution, et il n’y en a pas d’autres, c’est l’éducation du cœur, de la volonté, de la liberté, à l’Amour vrai, au respect de soi et de l’autre. Éducation à la fidélité, à une chasteté joyeuse, décomplexée, libérante.
Remarquez d’ailleurs que l’exemple pris par le pape pour évoquer l’utilité du préservatif est celui d’un « homme prostitué »… ça limite un peu les choses… En aucun cas, en effet, on ne peut se contenter pour tous d’une simple « prévention » à coup de distribution de capotes. L’Eglise a tellement plus à offrir au monde !!!
S’il fallait une image, je prendrais celle ci : à un gars qui risque de se noyer, je ne refuse pas d’envoyer une bouée en urgence ( même si elle est parfois percée…). Mais plutôt que de recommencer à chaque fois, l’Eglise lui dit : il te faudrait mieux apprendre à nager si tu veux sauver ta vie et être heureux.
Le salut ne se trouve pas dans des préservatifs, dont les fabricants eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne sont pas fiables à 100%. Le Bonheur se trouve dans une sexualité vécue en vérité. Voilà le but à atteindre, étape après étape ; Et l’Eglise, si exigeante, sait aussi se faire miséricordieuse.
Le vrai message de ce bouquin, c’est que seule une humanisation de la sexualité peut rendre heureux l’homme, et constitue une réponse efficace au drame du sida.
Le vrai problème, ce sont ces relations sexuelles multiples, si éloignées de ce don total et unique auquel nous sommes appelés., et qui non seulement favorisent l’épidémie, mais blessent le cœur de l’homme. Et l’Eglise sait tellement que nous sommes tous capables de bien mieux. Comme une Mère, elle veut nous en convaincre, et nous aider à le vivre.
La révolution, elle dure depuis 2000 ans : c’est celle de l’Amour vrai, avec sa dimension charnelle, contre toutes les caricatures de l’amour et de la sexualité. Aujourd’hui dans un monde si gavé de sexe, l’anti-conformiste ou le révolutionnaire, c’est celui qui ose croire que l’homme est capable de cet amour vrai, qui s’y prépare, qui essaye de le vivre de son mieux.
Abbé Pierre-Hervé GROSJEAN
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Ce matin, nos amis journalistes semblaient tellement heureux en présentant les infos sur toutes les antennes nationales. Pensez donc ! LA révolution venait d’avoir lieu. THE événement qui allait marquer l’histoire de l’Eglise et du monde et des cœurs… et du sexe : le Pape, Benoît XVI ( si, si , lui même ! ) venait « d’autoriser le préservatif », et devenait, du coup, un type vachement plus sympathique. Pour éviter de tomber dans cet enthousiasme soudain, aussi artificiel que décalé, un petit décryptage est nécessaire.
Vous ne pouvez rien poster ici
Commentaires
:-)
Si le sujet vous intéresse, je me permets de vous envoyer ce lien : extraordinaire...
www.araigneedudesert.fr/
Si je te comprend bien, tu dis que: lorsque l'être humain a une relation sexuelle qui peut déboucher sur la vie alors cet acte le rabaisse au range d'animal.
Je ne suis pas d'accord. Je ne pense pas que les animaux ont conscience de pouvoir "donner la vie" par leur relation sexuelle. Notre relation sexuelle tout aussi "reproductive" qu'elle puisse être est sublime si on n'oublie pas se potentiel de vie qui peut en découler. :-)
Concernant la richesse de la sexualité, je suis d'accord avec toi. Il faut la développer.J'ajouterai: tout en conservant le respect du corps de l'autre et la vérité dans ses gestes :side: (qu'est ce que je cherche en posant tel acte? suis-je en accord avec l'autre? avec moi même? :whistle: )
Une amélioration importante:
Quand on dit "préservatifs, dont les fabricants eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne sont pas fiables à 100%.",
on pourrait même être plus précis, et dire que, conservés dans les bonnes conditions, dans un endroit frais et sec (remarque cruciale pour l'Afrique!!), la fiabilité du préservatif contre la transmission du VIH n'est que de 80%! (et cela en conditions théoriques d'utilisation parfaite du préservatif!)
Les media cache à la population la réalité de la "fiabilité" du préservatif, en effet cela révélerait l'absurdité de leur communication de masse sur le "sexe sûr"!
Et cela explique la différence d'ampleur de l'avortement et de la propagation des MST comme le Sida en fonction de la communication des pays concernés.
Ne faisons pas pareil. Faisons connaître ce qu'ils ne disent jamais!
Que tout soit mis à la lumière!
quelles sont vous sources sur les 80% de fiabilité du préservatif ?
Merci
A propos de la fiabilité du préservatif de 80%, elle n'est pas officiel. c'est une étude faite pour l'OMS à prendre avec certaine réserves. la fourchette admise (qui est très large) est entre 35% et 94%.
Pour plus d'information:
apps.who.int/rhl/hiv_aids/dwcom/fr/index.html
Cordialement
Je dirais même que c'est plutot dans les 99.9999999% s'il est bien utilisé.
Revois ce chiffre.
Je crois pouvoir affirmer que ton analyse de la fiabilité de notre bonne vielle capote.
La fiabilité d'un tel engin ne se mesure pas en comptabilisant uniquement le nombre de préservatifs éclatés pendant un rapport sexuel sur le nombre total d'utilisation.
Tu oublies que l'utilisateur lambda ne peux pas vérifier la porosité du préservatif.
Une contamination peux aussi avoir lieu par inattention avant ou après la mise en place de l'objet.
Ce n'est bien sûr que mon avis.
En parler c est donner prise a des contre-argumentations sans intérêts et détourner le propos initial vers des considérations vraiment secondaires.
La preuve on en parle dans les commentaires de ce post en se renvoyant des chiffres de fiabilité : "wahou c est a 94% et non pas 90% selon l´indice médicotruc" et alors ?? faire l´amour sous cellophane c´est 100% contre l´amour donné a 200% c´est ca le message, c´est tout et c´est déjà beaucoup a expliquer.
Ce changement de position, car il y a bien changement, peut avoir un impact très fort dans d'autres pays comme en Afrique. Dans ces pays où le sida fait des ravages, des positions ambigus comme celle du pape mettaient la fiabilité de la protection du préservatif en doute. Et c'est ce que ne pardonnaient pas les plus virulents contre la position de votre pape.
Même en France des évêques peu inspirés avaient des discours inacceptables sur le sujet (par exemple Mgr Fort ancien évêque d'Orléans en 2008)
"Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs" avait dit le Saint Père.
C'est bien la preuve que si on y met l'âme (sous-entendu, si on ne fait pas n'importe quoi, si on s'engage fidèlement dans un couple), le préservatif peut trouver sa place.
Et à mon avis, c'est tout particulièremen t le cas pour les couples où l'un des deux époux est atteint par le sida ou une autre maladie. Mais les solutions pour stopper l'épidémie de sida est évidemment la chasteté et la fidélité.
Vous êtes dans un petit village de l'Afrique noir où l'agriculture est votre seule activité possible. La terre arride vous oblige à un travail collossale et nécessite de la main d'oeuvre. La pauvreté est partout, l'hygiène, l'éducation, tout est manquant.
Comment allez vous convaincre les personnes de faire preuve de chasteté dans ce cas ?
La chasteté et la fidélité sont totalement incompatible au mode de vi (voir survie) de nombreuses population.
Alors on fait quoi ? On les laisse crever ?
J'ai l'impression que ces journalistes veulent faire dire au pape ce qu'ils pensent.
A+
par contre elles jettent le trouble parmi les catholiques. ces propos sont donc tout à fait déplacés en particulier à l'heure actuelle où les journalistes se font toujours un plaisir de sortir une phrase de son contexte et de retranscrire les infos comme cela les arrange . Nous courrons donc au scandale et nous n'avions pas besoin de cela !
Africain ou pas un partenaire (de sexe opposé) dans la vie de chacun et le sida disparaît. Restons en à cette Vérité, c'est là le rôle de l'Eglise, qu'il plaise ou non au monde.
Voilà enfin ce dont le monde avait besoins: une explication!
Maintenant, tout sera plus simple.
Les médias ont toujours la fâcheuse tendance de ne retenir que ces mots: "...préservatif...interdit...", sans chercher plus loin.
Pour répondre à Catherine B-Maman de 10 enfants Je pense que le Pape à bien fait de clarifier la situation, cela permettra de mettre fin à l'ineptie répandue ans les média français l'Eglise est contre le préservatif. D'ailleurs ce dernier reste le meilleur moyen de se protéger lors de rapport sexuel. Bien sur l'acte sexuel ne doit peut être mis au même niveau affectif qu'un câlin, mais il e doit pas non plus se réduire à un acte de procréation. Car en regardant bien qui s'accouple dans le seul but de prolonger l'espèce, l'animal et oui l'animal copule pour procréer et uniquement dans ce but. Je suppose que si l'animal ressent du plaisir lors de l'accouplement c'est juste une réaction biologique pour le motiver et ainsi sauvegarder l'espèce. Or pour nous autres animaux doué de conscience
il y a bien-sûr la survie de l'espèce, mais et aussi la recherche du plaisir. Mais il y a aussi et surtout l'acte d'abondant et d'offrande à l'autre on s'offre à l'autre. On se donne dans un acte gratuit qui ne doit pas avoir forcément comme conséquence la natalité. L'acte sexuel doit être un acte d'Amour sans but, un acte gratuit, trouvant sa finalité en lui même ce qui en fait sa "sacralité".
Eric Chrétien, Catholique, Croyant et Pratiquant. (cccp)
- ceux qui couchent à tour de bras
- ceux qui n'ont qu'un partenaire, leur époux(se)
Et ceux qui ont une, deux ou même trois relations avant de se marier avec le dernier et qui ont eu à chaque fois des rapports sexuels avec leur copain(ine) dans un acte d'amour, d'offrande, de respect.. ça existe..
Pour ce qui est du préservatif, même si les paroles du pape sont sortis du contexte, au moins ça réconciliera plus d'un avec la religion considérée comme archaique..ils ne pourront plus sortir cette vieille excuse avec laquelle les médias nous bassinent les oreilles, incapables de comprendre le devoir qu'a l'église de proner amour et fidélité envers une société poussée à la débauche par les médias justement, les films porno, la télé réalité ou un enfant de 8 ans peut voir à 6h du soir deux êtres s'envoyer en l'air dans une piscine..)pour ce qui est de l'occident, stoppons cette tl et activons le contrôle parental sur les pc!
quand je devais expliquer la position du pape en tant que chrétienne j'ai toujours vu ce positionnement comme un idéal à atteindre, vers le quel tendre: n'avoir qu'un partenaire, son époux(se)et donc l'usage du préservatif est inutil.. même si je ne l'ai pas respecté moi-même, je n'estime pas me perdre dans un amour faux (inverse de l'amour "vrai" d'un seul partenaire ?)ni dans une sexualité qui est malsaine et mal vue par Dieu. En afrique on devrait commencer en progression, à expliquer que le sexe est un acte que l'on ne fait que par amour et ce dès le plus jeune âge (ça réduirai déja bcp les contaminations) ; et que bien sure le préservatif peut être porté ! evidemment que les paroles du pape ne vont rien changer.. ce qui en utilisait avant continueront et ceux qui ne veulent pas le faire avant le mariage sont suffisemment croyant pour ne pas se dire: "à bein tient je commence demain..!)
Avis aux couples cathos ou couples qui se donnent l'amour jusqu'au bout, qui sont bien dans leur peau et pas forcemment marié à cause de notre société où les femmes font des études, travaillent et le couple réfléchie plus de 3 mois avant de s'engager dans le sacrement du mariage qui fini malheureusement en 1 divorce sur 2 ! Et finalement, avant d'épouser qqun, de lui promettre fidélité devant dieu, il vaut mieux s'assurer que les corps sont en harmonies autant que l'âme... car dieu veux notre bonheur avant tout et il nous a doté d'une sexualité finalement..
C'est d'ailleurs je crois ce qu'expliquait le Père Grosjean (M. l'abbé, corrigez moi si je me trompe) dans son topo sur le flirt.
L'important est de se laisser convertir par le Christ. Il n'est jamais trop tard pour choisir de vivre la chasteté.
Certes, il est préférable d'avoir toujours vécu dans la chasteté. Mais à quelqu'un qui a déjà eu une (ou plusieurs) relations sexuelles, je ne crois pas qui l'Église dise "tu as péché donc tout est foutu pour toi, tu ira en enfer", mais plutôt "regarde ce que tu as fait, demande pardon si tu as blessé quelqu'un ou si tu t'es blessé toi même et maintenant choisit le chemin du vrai bonheur. Et pour cela, le meilleur moyen, c'est la chasteté".
Avoir plusieurs partenaires, est-ce quelque chose que vous recommanderez à vos enfants comme un bien ?
Je n'ai pas eu plusieurs "partenaires" avant de me marier, et ça n'a pas été facile tous les jours. Et ça n'est toujours pas facile aujourd'hui, alors que je suis marié depuis 3 ans. Est-ce que je regrette quelque chose ? Non. Le Bonheur dépasse infiniment le plaisir, vous le savez sans-doute fort bien. Et même si ce n'est pas évident tous les jours croyez-moi, cherchez ensemble les blocages pour lever les difficultés, demande de l'écoute, du temps, de la tendresse qui procurent - différemment certes - un grand bonheur également.
Cependant, je ne comprends pas, en lisant l'analyse de père Grosjean et des commentaires; comment les représentants de l'Eglise Catholique et leurs adeptes peuvent encore juger et stigmatiser certaines orientations ou populations.
Je remercie au passage Céline D pour assimiler les homosexuels aux prostitués ; ou a une population qui répand le Sida. Je rappel qu'il y a aussi le Sida chez des hétéros, hommes et femmes.
Comment aujourd'hui peut ont encore lire (toujours en référence au commentaire de Céline) que le fait d'avoir des relations hétérosexuelles fera disparaître le sida.
Quelle connaissance du sujet bravo.
Ayant reçu une éducation catholique importante, en lisant ce genre de commentaire et analyse, je m'éloigne de plus en plus du Catholicisme, qui est un message d'Amour et de Pardon; ce qui n'est clairement pas le cas ici.
Note du P. Lombardi sur les paroles du Pape sur la question du préservatif
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À la fin du chapitre 10 du livre "Lumière du monde», le Pape répond à deux questions au sujet de la lutte contre le sida et l'utilisation des préservatifs, questions qui se rapportent à la discussion ayant suivi quelques mots prononcés par le Pape sur ce sujet au cours de son voyage en Afrique en 2009.
Le Pape confirme clairement qu'alors, il n'avait pas voulu prendre position sur la question du préservatif en général, mais qu'il voulait affirmer avec force que le problème du sida ne peut pas être résolu seulement avec la distribution de préservatifs, parce qu'il faut faire beaucoup plus: prévenir, éduquer, aider, conseiller, rester proche des gens, soit afin qu'ils ne tombent pas malades, soit quand ils sont malades.
Le Pape rappelle que même dans les milieux non ecclésiaux, il s'est développé une conscience analogue, tel qu'il ressort de la théorie dite ABC (Abstinence - Be Faithful - Condom), dans lequel les deux premiers éléments (l'abstinence et la fidélité) sont beaucoup plus cruciaux et fondamentaux pour le sida, tandis que le préservatif est en dernière place comme une échappatoire, quand les deux autres font défaut. Il doit donc être clair que le préservatif n'est pas la solution au problème.
Le Pape élargit ensuite le ragard et insiste sur le fait que se concentrer uniquement sur le préservatif revient à banaliser la sexualité, qui perd son sens comme une expression de l'amour entre les individus et devient comme une «drogue». La lutte contre la banalisation de la sexualité fait partie du "grand effort pour que la sexualité soit perçue de façon positive et puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité."
À la lumière de cette vision ample et profonde de la sexualité humaine et de sa problèmatique aujourd'hui, le Pape réaffirme que "bien sûr l'Eglise ne considère pas le préservatif comme la solution authentique et morale" du problème du sida.
De cette façon, le pape ne réforme ni ne change l'enseignement de l'Eglise, mais il le réaffirme, se mettant dans la perspective de la valeur et la dignité de la sexualité humaine comme expression d'amour et de responsabilité.
Dans le même temps, le pape considére une situation exceptionnelle dans laquelle l'exercice de la sexualité représente un vrai risque pour la vie de l'autre. Dans ce cas, le Pape ne justifie pas moralement l'exercice désordonné de la sexualité, mais estime que l'utilisation du préservatif pour réduire le risque d'infection est un "premier acte de responsabilité", un "premier pas sur la voie d'une sexualité plus humaine" plutôt que de ne pas l'utiliser en exposant l'autre au risque de sa vie.
En cela, le raisonnement du pape ne peut certes pas être défini comme une volte-face révolutionnaire .
Beaucoup de théologiens moraux et de personnalités ecclésiastiques faisant autorité ont soutenu et soutiennent des positions similaires; il est vrai, cependant, que nous ne les avions pas encore entendues aussi clairement de la bouche d'un pape, même sur un ton familier, et non pas magistral.
Benoît XVI nous donne donc avec courage une contribution importante de clarification et d'approfondisseme nt d'une question débattue depuis longtemps. C'est une contribution originale, parce que d'un côté, elle tient à la fidélité, aux principes moraux et témoigne de lucidité en refusant un chemin aussi illusoire que "la confiance dans le préservatif"; de l'autre, cependant, elle manifeste une vision compréhensive et clairvoyante, attentive à découvrir les petits pas - même s'ils n'en sont qu'à leurs débuts, et encore confus - d'une humanité souvent très pauvre spirituellement et culturellement, vers un exercice plus humain et responsable de la sexualité.
Bulletin officiel du Saint-Siège
Le pape rappelle clairement qu'il n'avait pas voulu alors prendre position sur le problème du préservatif en général, mais avait voulu affirmer avec force que le problème du Sida ne peut se résoudre par la seule distribution de préservatifs, parce qu'il faut faire beaucoup plus : prévenir, éduquer, aider, conseiller, être proches des personnes, afin qu'elles ne tombent pas malades ou dans le cas où elles sont malades.
Le pape observe que le milieu non ecclésial a aussi pris conscience de cela, comme le révèle la théorie appelée ABC (Abstinence - Be Faithful - Condom), où les deux premiers éléments (l'abstinence et la fidélité) sont beaucoup plus déterminants et fondamentaux pour la lutte contre le Sida, alors que le préservatif apparaît en dernier lieu comme une échappatoire quand les deux autres font défaut. Il doit donc être clair que le préservatif n'est pas la solution au problème.
Le pape élargit ensuite son regard et insiste sur le fait que se concentrer uniquement sur le préservatif équivaut à banaliser la sexualité, qui perd sa signification d'expression d'amour entre personnes et devient comme une « drogue ». Lutter contre la banalisation de la sexualité fait « partie d'un grand effort pour que la sexualité soit évaluée positivement et qu'elle puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité ».
A la lumière de cette vision ample et profonde de la sexualité humaine et de sa problématique actuelle, le pape réaffirme que « naturellement, l'Eglise ne considère pas les préservatifs comme une solution authentique et morale » au problème du Sida.
Ainsi, le pape ne réforme pas ou ne change pas l'enseignement de l'Eglise mais le réaffirme en se mettant dans la perspective de la valeur et de la dignité de la sexualité humaine comme expression d'amour et de responsabilité.
En même temps, le pape considère une situation exceptionnelle où l'exercice de la sexualité représente un véritable risque pour la vie de l'autre. Dans ce cas, le pape ne justifie pas moralement l'exercice désordonné de la sexualité, mais retient que l'utilisation du préservatif pour diminuer le danger de contagion est « un premier acte de responsabilité », « un premier pas sur le chemin vers une sexualité plus humaine », plutôt que de ne pas en faire usage, exposant l'autre au péril de sa vie.
En cela, le raisonnement du pape ne peut être défini comme un tournant révolutionnaire .
Nombres de théologiens moraux et de personnalités ecclésiastiques importantes ont soutenu et soutiennent des positions analogues ; il est toutefois vrai que nous ne les avions pas encore entendues avec autant de clarté dans la bouche d'un pape, même s'il s'agit d'un entretien et non pas d'une intervention magistérielle.
Benoît XVI nous donne donc avec courage une contribution importante de clarification et d'approfondisseme nt sur une question longuement débattue. C'est une contribution originale, parce que, d'une part, elle tient à la fidélité aux principes moraux et fait preuve de lucidité en refusant un chemin illusoire comme la « confiance dans le préservatif » ; mais elle manifeste d'autre part une vision compréhensive et prévoyante, attentive à découvrir les petits pas - même si ce sont les premiers et qu'ils sont encore confus - d'une humanité souvent spirituellement et culturellement très pauvre, vers un exercice plus humain et responsable de la sexualité.
Je ne trouve pas les mots pour montrer à quel point c'est... WAHOU !
Quant à l’idée que l’amour charnel ne serait possible que dans le mariage, c’est une idée passéiste dont je m’étonne qu’elle soit encore aussi présente chez certains de mes contemporains. Croyez-moi, les relations sexuelles hors mariage peuvent être tout à fait heureuses et respectueuses, sans que l’on tombe forcément dans l’extrême des relations multiples dont vous semblez avoir peur.
Et je ne vois toujours pas en quoi cela aurait quelque chose à voir avec la foi… Je ne comprends pas pourquoi le sexe serait mal en soi, c’est vraiment quelque chose que je n’arrive pas à concevoir.
Bref, en tout cas venant de Benoit XVI ces propos presque modérés sont une bonne nouvelle, même s’ils ne rattrapent pas la teneur de son discours général profondément conservateur.
Le principe du mariage est qu'il consacre véritablement un couple devant Dieu; or il n'a plus guère de signification si les membres du couple en sont à leur énième histoire, et qu'ils ont déjà vécu de nombreuses relations sexuelles, eussent- elles été heureuses et respectueuses. L' Eglise est loin de considérer la sexualité comme une horrible déviance contemporaine, elle cherche simplement à nous faire comprendre que l'on s' épanouit davantage avec la chasteté et la fidélité: Du " Sexe-amour" plutôt que du "sexe divertissement".
La chasteté avant le mariage est loin d'être une idée passéiste; au contraire, c'est une voie de sauvegarde contre la banalisation du sexe débridé.
Et beaucoup rejettent cette conception parce qu'elle est extrêmement coûteuse.
Demandez autour de vous; combien de jeunes filles vous avouent que leur rêve était d'attendre, mais qu'à présent, c'est trop tard? Et ce, tous milieux confondus.
Personne n'a jamais dit que la foi n'était pas exigeante...
comprendre que l'on s' épanouit davantage avec la chasteté et la fidélité:
Du " Sexe-amour" plutôt que du "sexe divertissement".
1/ Ce n'est pas parce que VOUS vous épanouissez d'avantage avec la chasteté et la fidélité que c'est le cas de tout le monde, donc vous n'êtes pas obligé de faire de votre cas une généralité
2/ les membres du clergé ne sont (ou du moins sont censés) ni sexuellement actifs, ni "amoureusement" actifs, enfin bref, pour donner des conseils sur la sexualité et la vie amoureuse, encore faut-il y connaître quelque chose. Et ils n'y connaissent rien.
je vous rappel que tous les personnes du clergé sont des être humain et quelque vous savez si c est personne la avant de rentré dans les ordres religieux non pas été amoureux?????
Et je peux vous certifier que ils sont encore tous amoureux maitenant mais pas d une femme ou d un homme mais de dieu
Être amoureux de Dieu n'implique pas de se protéger des MST par exemple ou de contraception.
Mais (cf autre message plus bas), il n'est pas ici question de pures question techniques, sur lesquelles effectivement c'est la pratique qui donne l'expérience,
mais plutôt de réflexions sur les relations humaines, sur l'être humain,
réflexions qui ne s'acquièrent pas par la simple pratique du sexe avec partenaires successifs.
Il semble donc que vous confondiez là deux sortes de mode de connaissance : la connaissance purement technique, acquise par la pratique,
et la réflexion morale, qui pour s'acquérir requiert surtout la capacité à réfléchir sur soi-même et les autres ainsi que la fréquentation de nombreuses et suffisamment diverses personnes (condition qui me semble vérifiée chez les prêtres de paroisse).
De mon point de vue, l'Eglise n'a pas la moindre légitimité lorsqu'elle donne des conseils sur la sexualité , la contraception ou en l'occurrence, le préservatif. Un médecin, un psychologue oui.
. Vous noterez que vous ne vous contentiez pas de mettre en doute la capacité des prêtres à donner un avis fondé et sensé au sujet des relations humaines,
mais vous pensiez en plus expliquer et justifier cette mise en doute par leur manque de pratiques amoureuses et sexuelles.
Or, et c'est ce que je m'appliquais à vous faire remarquer, nous avons là, dans cette justification, un présupposé qui est que la pratique directe favoriserait la connaissance des personnes et non simplement la connaissance "technique".
Ce qui revient au même que de dire qu'un paranoïaque serait plus au fait des traitements de la paranoïa qu'un psychiatre, du fait qu'il l'expérimente directement.
Il n'y a pas deux catégories distinctes; les nymphomanes, d'une part, les saints, d'autre part!
:whistle:
Quant au fait de ne retenir que les grands titres des media c'est un problème général sur tous les thèmes d'actualité.
En fait je ne crois pas avoir connu de fille qui m'ait dit qu'elle ait regretté n'avoir pas attendu. Mais j'imagine que ça existe en effet. Ce n'est pas toujours évident d'etre en accord avec soi-meme j'imagine. C'est un vrai choix personnel selon moi, quoi qu'il en soit.
Pourriez-vous s'il vous plaît préciser concrètement sur quels points précis vous pensez que le pape est "plus modéré" que ce qu'en dit M.l'abbé Grosjean,
et sur quels points vous pensez que les propos de l'abbé Grosjean s'opposent à ce que souhaiterait le pape ?
(et sur quels éléments précis vous vous fondez pour l'affirmer)
Car écrit comme ça votre remarque reste très vague.
Je ne dis pas que "l'abbé" Grosjean s'oppose à ce que souhaite le pape sur le fond. Je dis qu'il reprend à son compte les propos du pape et en dit plus que ce que le pape n'a dit lui-même. Exemple : "En aucun cas, en effet, on ne peut se contenter pour tous d’une simple « prévention » à coup de distribution de capotes." ou "Le salut ne se trouve pas dans des préservatifs, dont les fabricants eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne sont pas fiables à 100%." (à ce niveau là il y a d'ailleurs une contradiction, le pape ne déconseille pas le préservatif parce qu'il n'est pas fiable mais parce que selon lui ce n'est pas la vraie solution) "Le vrai problème, ce sont ces relations sexuelles multiples, si éloignées de ce don total et unique auquel nous sommes appelés., et qui non seulement favorisent l’épidémie, mais blessent le cœur de l’homme. Et l’Eglise sait tellement que nous sommes tous capables de bien mieux. Comme une Mère, elle veut nous en convaincre, et nous aider à le vivre."
Je pense que les propos du pape se suffisent à lui-même et qu'expliciter est une bonne chose pour ceux qui ne comprennent pas. Mais reprendre ce qu'il dit à son compte (celui d'un jeune prêtre passionné qui se veut sans langue de bois mais qui a mon sens manque de mesure en général) ne me semble pas juste. Sans compter que la construction de son texte n'est pas bonne d'un point de vue technique, à mon sens. A votre disposition pour plus d'échanges si vous le souhaitez.
Ce qu'on appelle un commentaire composé, quoi.
("à partir de vos connaissances du catéchisme de l'église catholique et des différentes encycliques, vous développerez cette citation du pape Benoit XVI, ses fondations et ses implications.")
Il est d'autant mieux placé pour le faire, ce commentaire et ce développement, que tous ceux qui veulent s'y amuser dans les médias ces derniers temps n'avaient pas, eux, la connaissance du catéchisme catholique, ni de la réflexion de l'église catholique à ce sujet.
D'autre part, dans les exemples que vous cités, je ne vois pas où ni comment on pourrait dire que m.l'abbé Grosjean ajoute aux propos et à la pensée du pape :
. "En aucun cas, en effet, on ne peut se contenter pour tous d’une simple «prévention » à coup de distribution de capotes."
Il me semble que justement à ce sujet le pape a déjà eu des déclarations on ne peut plus claires, sur lesquelles il n'est pas revenu et qu'il ne change pas, et qu'on lui a reprochées justement à cause de cela.
Simplement, la formulation papale était, disons, plus diplomatique.
. De même pour "Le salut ne se trouve pas dans des préservatifs" : c'est bien très précisément ce qu'a déjà déclaré le pape, et la position de l'église catholique sur ce sujet.
. Quant à la fiabilité : là il ne s'agit pas de l'avis du pape ou d'un prêtre, il s'agit d'un fait. Que la fiabilité des préservatifs ne soient pas de 100%, c'est un fait, scientifique.
Il est simplement nécessaire de le rappeler étant donné le sujet de la discussion.
Il est par contre évident, et dans les propos du pape, et dans ceux de l'abbé Grosjean, que ce n'est pas la raison de la position catholique à ce sujet.
Je ne vois pas non plus ce qui pose problème dans le fait de reprendre les propos d'un autre à son propre compte : c'est tout bêtement ce qu'il se passe quand on se dit d'accord avec une personne.
Dire "je suis d'accord", ça n'est rien d'autre que de reprendre à son compte les propos d'un autre.
ce commentaire et ce développement, que tous ceux qui veulent s'y
amuser dans les médias ces derniers temps n'avaient pas, eux, la
connaissance du catéchisme catholique, ni de la réflexion
de l'église catholique à ce sujet." Sur quoi vous fondez-vous pour parler ainsi ? Les journalistes semblent avoir bon dos, fort heureusement il y en a de remarquablement formés qui savent de quoi ils parlent et savent faire bon usage de leurs médias ou de leur blog !
Ensuite, je ne dis pas que le fond des propos de "l'abbé" Grosjean n'est pas en phase avec le message de fond de l'Eglise, je dis que je trouve son billet mal construit, et qu'il en fait/dit trop. Je n'aime pas sa façon de communiquer sur le sujet. Et je me fonde sur des arguments objectifs pour dire que la façon dont il amène les siens est personnelle. C'est son droit puisque c'est son blog, mais je trouve que c'est regrettable. A vouloir trop en faire, on en dégoûte plus d'un à mon avis. L'Eglise se doit d'être experte en humanité, pas en grands discours...
estimez-vous qu'il va trop loin par rapport à la position de l'église catholique ou bien par rapport à la vôtre ?
Voilà ce qu'il faudrait savoir. Sinon, vous ne nous livrez que des impressions dont on ne sait même pas sur quoi elles se fondent ni ce qu'elles concernent précisément !
Quant à votre question : "Sur quoi vous fondez-vous pour parler ainsi ?" :
et bien, quand on connaît un sujet, on est apte à juger de l'ignorance d'autrui sur ce même sujet, quand du moins elle est évidente et importante.
Or, les commentaires les plus courants et les plus audibles ces derniers temps dans les différents médias (dont beaucoup, c'est vrai, reprenait une dépêche de l'AFP déjà mal rédigée à l'origine) dénotaient une incompréhension totale et des propos du pape, et de ses propos précédents, et de la façon dont ils s'enchaînent, et de la position catholique sur le sujet.
'Arianna', vous trouvez "son billet mal construit", très bien, c'est votre avis mais.. le rapport avec le sujet de fond ?
Contrairement à ce que certains allèguent ou font semblant de coire ou voudraient faire croire, le Pape ne dit rien de nouveau. Il ne change pas de position. Pas de quoi en faire tout un foin comme certains semblent y prendre plaisir.
Le Saint-Père clarifie un message qui avait été, vue la pomélique du moment, visiblement très mal compris l'an dernier. En Europe tout du moins, puisque les media et politiques africains avaient été nettement moins virulents à l'égard du pape que les européens et français. Alors qu'ils étaient les premiers concernés et sans-doute meilleurs connaisseurs du sujet..
A bientôt!
L'autre jour avec cette déclaration j'ai cru au miracle, et j'ai ensuite eu plus d'informations. Effectivement il n'y a rien de nouveau, c'est même caricatural et stéréotypé...réducteur donc. Une fois encore je ne comprend pas...mieux veut ne rien dire!
Je reste fidèle à l'Eglise, mais j'ai beaucoup de peine quand j'entend certains mots...
Il utilise l'exemple d'un homme prostitué, à ma connaissance et sauf erreur. Mais il ne vous a pas dit avec qui cet homme est censé se prostituer.
@Bonne Nouvelle
1."Quant à l’idée que l’amour charnel
ne serait possible que dans le mariage, c’est une idée passéiste"
L'idée que l'épanouissement de soi-même passe par la multiplicité des partenaires ou que la mariage n'est pas nécessaire, n'est pas vraiment une idée spécifiquement très moderne ni très actuelle non plus.
L'appel à la fidélité et à l'unité dans le mariage, par Jésus lui-même, n'était déjà pas compris à son époque, et déjà des disciples râlaient et protestaient et ne comprenaient pas ce que voulait dire leur Rabbi à ce sujet.
Donc, de fait, l'exigence chrétienne de chasteté et de fidélité (ce qu'on appelle le mariage), n'est pas d'une époque plus que d'une autre ;
elle n'est donc ni "passéiste" ni "progressiste".
Il faut ensuite s'entendre sur ce qu'on appelle "relations sexuelles hors-mariage" :
. si on veut parler de l'engagement à la fidélité et à la chasteté entre un homme et une femme, mais sans en passer par l'institution du mariage,
alors il s'agit là d'un mariage humain, naturel, donc de quelque chose de bon.
Par contre, de la part de chrétiens cela serait étonnant : comment pourraient-ils, dans ce domaine à l'exclusion de tout autre, vouloir vivre selon leurs propres forces et décider de ne pas vivre là en union avec Dieu ?
. si on veut dire par là, par contre, qu'il est acceptable d'avoir des relations successives sans mariage,
alors il est inutile ou absurde d'ensuite se récrier contre le risque de "relations multiples" qualifiée d'excès : des relations successives, sans engagement durable, si elles sont plusieurs, sont déjà "multiples", par définition.
De fait, l'église catholique non plus, sinon le mariage n'existerait pas.
Ce sont les cathares chez qui le sexe (et le mariage) était chose mauvaise.
3."les membres du clergé ne sont (ou du moins sont censés) ni sexuellement actifs, ni "amoureusement" actifs, enfin bref, pour donner
des conseils sur la sexualité et la vie amoureuse, encore faut-il y connaître
quelque chose. Et ils n'y connaissent rien."
Je suppose que d'après vous un homme gynécologue ou un vétérinaire humain sont des aberrations.
(On pourra évidemment se demander aussi ce que vous entendez par "amoureusement actifs". Il me semble, d'une part qu'on ne choisit pas d'être ou de ne pas être amoureux,
d'autre part que les membres du clergés sont censés, justement, être amoureusement actifs, et même plus que quiconque...)
Certainement pas, mais eux sont devenus spécialistes dans leur domaine pour y avoir consacré 6 à 10 ans d'études.
La formation du séminaire n'est en revanche pas destinée à faire de nos prêtres des spécialistes de la sexualité...
Bref, il serait bon que chacun réfléchisse un peu avant de sortir des petites phrases à l'emporte-pièce destinées discréditer les propos de quelqu'un dont on ne partage pas la position.
Par "petites phrases à l'emporte-pièce destinées à discréditer les propos" de ceux avec qui on n'est tout simplement pas d'accord, je suppose que c'est là ce que vous visiez :
"pour donner des
conseils sur la sexualité et la vie amoureuse, encore faut-il y connaître quelque chose. Et ils n'y connaissent rien."
Un homme gynécologue ou un vétérinaire humain, cela ne vous semble donc pas impossible. Bien.
Cependant, faites-vous remarquer, "eux sont devenus spécialistes dans leur domaine
pour y avoir consacré 6 à 10 ans d'études."
ça tombe bien, les prêtres aussi font des études.
Vous n'ignorez pas non plus l'importance de la formation continue : en ce domaine, on peut dire qu'ils sont servis : le confessionnal, ça me semble plutôt pas mal pour connaître l'âme humaine.
Car c'est de ceci qu'il est question et non de "sexualité" au sens strictement médical du terme : d'âme humaine, de psychologie, de philosophie, de rapports humains, de développement humain.
. Ces réflexions doivent prendre en compte la réalité objective, évidemment,
et donc, appliquées au domaine de la sexualité, les faits objectifs scientifiques : par exemple, les remarques au sujet de la fiabilité du préservatif s'appuient sur les études scientifiquemen t validées à ce sujet et rendues publiques.
De même, tout propos concernant maladies sexuellement transmissibles ou gestation, se doivent de prendre en compte la réalité biologique de ces phénomènes.
. Cependant, vous aurez remarqué que le propos principal porte plus profondément sur la nature et la qualité des relations humaines.
Il ne s'agit donc pas là d'être expert médical, mais de fréquenter les êtres humains au quotidien, dans leur diversité, leurs doutes, leurs grandeurs et leurs faiblesses, leur petitesse aussi.
Ce que fait un prêtre, à ma connaissance.
Votre doute au sujet de leur qualification me semble donc non fondé a priori.
Autrement dit : il ne me semble pas que pour pouvoir proposer un avis fondé et valable à propos d'amour humain, de relations humaines, de sentiments,
il faille forcément et obligatoirement en passer par une suite d'expérimentation s sur partenaires multiples.
À l'inverse, il ne me semble pas que la multiplication des partenaires et expériences sexuelles soient en soi suffisantes pour garantir de sérieuses et profondes réflexions sur la vie, l'être humain, les relations humaines, et l'amour.
Arrêtez moi si je me trompe, mais il ne me semble pas vraiment, par exemple, que ce soit forcément ceux qui collectionnent le plus de partenaires qui connaissent et comprennent le mieux les femmes qu'ils croisent dans leur vie.
"D'ailleurs ce dernier [le préservatif] reste le meilleur moyen de se protéger lors de rapport sexuel."
...pour ceux uniquement qui ont décidé de vivre une sexualité dans laquelle ils ont besoin de se protéger. Ce qui, en soi, est déjà contraire à la vie chrétienne.
Précision importante.
Cependant le lieu commun est le suivant :
4."qui s'accouple dans le seul but de prolonger l'espèce, l'animal et oui l'animal copule pour procréer et uniquement dans ce but."
En fait, non. L'animal ne copule pas "dans le but de" procréer (il n'y a que dans les dessins animés qu'on peut voir des chiens décider d'avoir des enfants).
L'animal copule parce qu'il y est poussé. Et, s'il dispose de la mémoire et des capacités cognitives nécessaires, en vue du plaisir procuré, à la limite.
Mais pas "pour se reproduire".
Cependant vous dites très bien :
"L'acte sexuel doit être un acte d'Amour sans but, un acte gratuit, trouvant sa finalité en lui même ce qui en fait sa "sacralité".
On ne peut donc pas du tout en faire un acte technique ayant comme but utilitaire de se procurer un plaisir à la demande tout en écartant le plus possible les conséquences prévisibles.
Du coup, l'usage du préservatif se trouve forcément écarté et totalement exclus par votre définition.
Et ils sont beaucoup, les animaux, à utiliser des préservatifs ?
(et à en débattre, en plus)
Et en effet, qu'en savent les prêtres? Je vous aime bien mais bon... LoL quoi!
d'une sexualité plus humaine".
Ce n'est pas parce que la personne est prostituée qu'elle n'est pas capable a priori de charité.
Ceux et celles qui se réjouissent des propos de Benoît XVI sous-entendent qu'ils se trouvent eux-même comme homosexuels obligés de se prostituer.
Peut-être qu'en usant d'une bonne dose de mauvaise foi, cela dit...
Combien de morts approuvés par l'église et le pape?
. "que son discours est entendu"
Si son discours est entendu, et mis en pratique, alors ceux qui l'entendent et le mettent en pratique, pratiquent l'union sexuelle uniquement dans le cadre d'un couple marié, fidèle (et en espaçant les naissances).
Dans ce cas, quelle nécessité vitale le préservatif représenterait donc pour eux ?
. Si son discours n'est pas entendu ni pratiqué pour ce qui concerne la fidélité et la chasteté, il n'y a aucune raison qu'il le soit sur le seul et unique point concernant le préservatif.
De telles personnes, donc, qui n'entendent ni ne pratiquent son discours, estimeront pouvoir se permettre des relations multiples, ET utiliser des préservatifs.
Là non plus le discours en question n'aura donc entraîné aucun mort.
. La question est donc :
qu'est-ce que vous étiez en train d'essayer de nous expliquer, là, au juste ? Sur quoi fondez-vous vos propos ?
C'est sympa de repiquer leurs noms aux philosophes grecs, ce serait plus sympa encore de copier leurs méthodes de réflexion.
Vous avez pourtant bigrement plus de chance de croiser une fille qui regrette de ne pas avoir attendu, qu'une qui regrette d'avoir attendu...
Il a quoi comme solution le Pape face au VIH ? Rien. Alors pendant que lui et ses potes fans de Derrick, des chiffres et des lettres et qui se fringuent chez Damart se réunissent à l'heure de la tisane, nous, le peuple con ont agit et on progresse. Sortez couvert !
Il est sinon criminel, du moins irresponsable quand on incarne un personnage dont les déclarations ont des conséquences directes sur les comportements de populations entières de fidèles et non-fidèles, de dire que l'usage du préservatif AGGRAVE le problème de la contamination du Sida. C'est scientifiquemen t faux et ça manifeste une distance évidente à l'égard de la réalité et des hommes.
Ca a été une façon extrêmement condamnable, au vu des conséquences possibles de son interprétation ( et tout personnage public d'influence a la charge de s'interroger sur la bonne réception du message qu'il délivre) d'exprimer sa véritable position: la solution au problème du Sida doit être une solution morale ( passer progressivement d'une sexualité libre à une fidélité trouvée dans un amour partagé). Mais c'est une solution qui demande à se développer sur une longue durée.
Or, compte tenu de l'urgence actuelle de la situation (stopper au plus vite l'épidémie), on ne peut pas faire l'économie de se positionner sur le recours à une solution de courte durée ( l'usage nécessaire du préservatif quelle que soit la nature de la relation et son degré moral).
Il revenait à une figure religeuse et morale de cette importance sinon à l'encourager, du moins à ne pas lui donner l'apparence d'une condamnation (c'était bien le cas lors de la 1ere déclaration).
La rectification elle-même est loin d'être anodine: on passe d'un usage répandu du préservatif qui AGGRAVE à C EST QUAND MEME UN PREMIER PAS POSSIBLE, DANS CERTAINS CAS.
La déclaration du Pape, si prudente soit-elle, nuance quand même bien s...on propos, et est loin d'être innocente: elle prévient un peu tard les interprétations erronées dont elle a fait l'objet mais dont il est lui-même responsable.
Le manque évident du sens des réalités des positions actuelles de l'Eglise à ce sujet est de faire dépendre exclusivement la GUERISON PHYSIQUE de l'humanité d'une GUERISON MORALE.
Faire de la sexualité libre ou"vagabondage "sexuel" et de la contamination par le VIH deux maux comparables (!), comme le fait notre abbé auteur de l'article est extrêmemnt mal venu, mais manifeste bien cette confusion de principes. Ce sont deux niveaux de réalité qui ne sont tout simplement pas soumis au même ordre d'exigences.
Et toute l'erreur de l'Eglise est de ne pas humainement prendre en compte l'importance de cette distinction.
Qu'on dise ce qu'on veut, c'est irresponsable touchant la question du préservatif de donner la priorité au progrès moral des consciences (qui reste un idéal à long terme et ne concerne qu'un choix moral d'une partie seulement de la population) sur les moyens concrets urgents et nécessaires à la guérison physique: il faut stopper au plus vite la propagation de l'épidémie qui touche parmi ces populations le plus grand nombre, dont une large partie de non-fidèles qui ne se reconaissent pas dans le choix moral proposé par l'Eglise et ne souhaitent pas, ou simplement ne sont pas encore prêts à modifier en profondeur leur comportement.
Les propos du Pape ne s'adressent pas aux croyants mais aux hommes.
Il ne peut pas ne pas se soucier à la fois de penser aux conditions de bonne réception de son message ( les propos eux-mêmes sont souvent assez bien restitués par les journalistes, l'étonnment général est lié au fait qu'ils n'étaient jusque là pas suffisamment mesurés), et aux conditions d'applicabilité des positions de l'Eglise dans son ensemble et des choix moraux qu'elles impliquent.
Par ailleurs, n'oubliez pas que l'Eglise est la plus grande "ONG" qui soignent, concrêtement et sur le terrain, les malades du sida, 25% en fait. Et vous, vous faites quoi pour les malades à part écrire de beaux commentaires sur ce blog ?
"que son discours est entendu"
Si son discours est entendu, et mis en pratique, alors ceux qui
l'entendent et le mettent en pratique, pratiquent l'union sexuelle
uniquement dans le cadre d'un couple marié, fidèle (et en espaçant
les naissances).
Dans ce cas, quelle nécessité vitale le préservatif
représenterait donc pour eux ?
. Si son discours n'est pas entendu
ni pratiqué pour ce qui concerne la fidélité et la chasteté, il n'y a
aucune raison qu'il le soit sur le seul et unique point concernant le
préservatif.
De telles personnes, donc, qui n'entendent ni ne
pratiquent son discours, estimeront pouvoir se permettre des relations
multiples, ET utiliser des préservatifs.
Là non plus le discours
en question n'aura donc entraîné aucun mort.
. La question est donc
:
qu'est-ce que vous étiez en train d'essayer de nous expliquer, là, au
juste ? Sur quoi fondez-vous vos propos ?
Yves:tu te fais passer pour le pire des réacs en racontant n'importe quoi afin de donner exprès une image catastrophique de l'église.
Cela étant dit il ne faut pas se contenter de tirer à boulet rouge sur l'Eglise car elle a aussi apporté à l'Afrique la modernité des hopitaux qui ont réduit significativeme nt la mortalité. Et aujourdhui encore, nombre de malades du sida et du paludisme (et autres nombreuses maladies) sont soignés par les hopitaux et dispensaires catholiques. Mon propos ne consiste donc pas à critiquer tout ce que l'Eglise fait mais je pense qu'il est important de regarder la situation avec réalisme et reconnaître ses erreurs passées. L'article de l'abbé GROSJEAN ne va malheureusement pas dans ce sens et se contente de faire de l'apologie intellectuellem ent pauvre.
Oula, calmons-nous! Quel discours de frustré! Nous souhaitons juste pouvoir jouir des bienfaits de la nature en ayant des rapports avec la fille qu'on aime, sans la mettre enceinte pour autant. Voila tout.
Mais ça y est, le padre est déjà crispé, cramponné à son crucifix: Vade-retro, Satanas!