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Nous avons vu Jésus

Publié le 18 Oct 2017 à 07:15 Culture Aucun commentaire

Nous avons applaudi avec joie lors de la première de la comédie musicale Jésus, de Nazareth à Jérusalem, ce 17 octobre, au Palais des sports de la porte de Versailles. Voici quelques réactions « à chaud », après ce spectacle pas comme les autres…

On a tous une sorte d’imaginaire sur Jésus : chacun le voit à sa manière, selon une projection façonnée par la lecture des Évangiles, les enseignements, la prière et les œuvres qu’il a vues. Nous avons tous « notre » Jésus qui n’est jamais celui d’un autre et il est toujours tentant de voir les œuvres qui le représentent sous l’angle du manque par rapport à notre idée.

Une oeuvre courageuse

La fresque musicale Jésus, de Nazareth à Jérusalem est une œuvre d’artiste. Elle n’est ni un traité de théologie, ni un cours de catéchisme. Ça n’est surtout pas une œuvre objective puisque c’est une œuvre d’art. Certains diront sans doute que ça n’est pas de l’art du niveau du retable d’Issenheim, d’une Passion de Bach ou d’un film de Pasolini. Non, ce spectacle n’est pas du registre de ces grands classiques de l’histoire de l’art ! Il est la modeste et courageuse contribution de quelques fous qui, en pleine époque de mépris de la religion et spécialement du christianisme, proposent leur propre lecture des Évangiles.

Comme les auteurs l’ont toujours clamé, ce spectacle ne se positionne pas sur le plan de la foi. Il présente avec beaucoup d’honnêteté et de générosité le Jésus raconté par les Évangiles. Les personnages qui l’entourent sont façonnés dans une pâte humaine, épaisse et riche, tout en nuances pour rendre compte des drames qui les habitent. Le spectateur trouve ainsi sa place avec son propre questionnement : qui aurais-je été parmi ceux-là ? Chacun se sent inclus dans les rangs de ceux qui vivent le drame de l’histoire du Christ au milieu des hommes. Aurais-je été du côté des forts, avec Caïphe le politicien ou Pilate le philosophe assuré ? Aurais-je eu le cœur torturé comme saint Pierre, Marie Madeleine ou même Judas ? Aurais-je fait partie des anonymes qui peuplent la scène, acclamant puis huant, au gré de ce que les autres m’auraient conduit à faire ?

La seule qui échappe à cette identification est Marie, mère aux sept douleurs. Dans la conscience du glaive qui sera planté dans sa chair, elle est là, depuis le début, à accompagner Jésus, à part, « entre toutes les femmes ».

Venez applaudir Jésus !

Oui, nous aurions peut-être aimé que la Cène soit traitée d’une manière plus eucharistique, nous aurions sans doute écrit différemment le chant de Marie Madeleine, nous aurions certainement voulu voir Jésus doté d’une plus grande force de caractère mais c’est ainsi que les auteurs le voient, eux. Et ils l’ont fait ! Ils ont osé lancer ce spectacle malgré tous les regards en coin, les moqueries et les risques qu’ils ont pris. Leur audace mérite les honneurs ; rien que pour cela, ils ont notre estime et nos prières.

Nous leur souhaitons le succès qu’ils méritent et ne pouvons que vous inviter à aller voir ce spectacle en famille, en aumônerie, en classe ou avec vos groupe d’amis ! Pourquoi pas non plus y inviter des non-croyants ? Que le plus grand nombre puisse entendre parler de Jésus : comme le dit l’un des passages les plus entraînants du spectacle, « la Bonne Nouvelle, c’est Lui ! ».

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Jésus, de Nazareth à Jérusalem, du 17 octobre au 3 décembre 2017 au Palais des sports de Paris, puis dans toute la France. Découvrez le site officiel, ici.

À propos de l'auteur :

Abbé de Chaillé

30 ans, ordonné prêtre en 2013 pour le diocèse de Versailles, vicaire à Notre-Dame de Versailles après avoir obtenu un master en théologie à la faculté des jésuites de Paris.