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JMJ : sortir du canapé

Publié le 31 Juil 2016 à 18:30 Église Aucun commentaire

Gare au risque de confondre canapé et bonheur ! C’est, en substance, ce qu’a dit le pape François à plus de deux millions de jeunes rassemblés autour de lui à Cracovie pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

Ceux qui pensaient que le pape était fatigué ou que la jeunesse ne prête l’oreille qu’aux discours tièdes, confortables et sécurisants en sont pour leurs frais. A dire vrai, les centaines de milliers de jeunes qui participaient aux JMJ de Cracovie avaient déjà mis en pratique les recommandations du pape. Ces journées polonaises leur ont en effet demandé des trésors de patience et de courage : voyages interminables en car, attentes répétées, découverte de la cuisine polonaise (qui pour certains a été une réelle épreuve !), sans parler de la fatigue d’une marche en plein soleil vers le lieu de la messe finale ou l’inconfort d’un bivouac à la belle étoile. Le tout sous le regard vigilant des forces de sécurité polonaises omniprésentes et un peu sur les dents, qui ne pouvaient leur faire oublier le climat sécuritaire post-attentats régnant sur toute l’Europe. Heureusement, tout cela a été tempéré par le formidable accueil des Polonais !

Deux sortes de gens

Les plus fatigués d’entre eux ne pouvaient cependant manquer l’allocution du pape au cours de la veillée de prière, tellement son discours était direct et exigeant. Pour le pape François en effet, les choses sont claires : dans le monde d’aujourd’hui, il y a deux sortes de gens. Ceux qui subissent et… ceux qui agissent. Et le constat est sans appel : « Chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour végéter, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte (…). Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très élevé : nous perdons la liberté. Il y a une grande paralysie lorsque nous commençons à penser que le bonheur est synonyme de confort, qu’être heureux, c’est marcher dans la vie, endormi ou drogué, que l’unique manière d’être heureux est d’être comme un abruti ».

Pour ceux qui rentrent de Cracovie, et à travers eux pour tous les chrétiens, le pape lance un vigoureux appel à l’engagement. Hors de question de permettre que ce soient d’autres qui décident de notre avenir. Si nous ne sortons pas du canapé, si nous ne nous engageons pas, d’autres le feront à notre place (« et pas toujours les meilleurs » précise d’ailleurs le pape).

Un appel à la génération qui vient

Certes, une telle invitation n’est pas nouvelle dans la bouche du pape. A la suite de Benoît XVI qui affirmait que « l’avenir appartient aux minorités créatives », le pape François a une nouvelle fois repris sa comparaison empruntée au football : « Dieu n’accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n’y a pas de place pour des remplaçants ». Des propos qui ont fortement inspiré l’auteur d’un ouvrage recommandé par Padreblog cet été !

Et si jamais nos péchés, nos limites et nos faiblesses pouvaient nous faire peur, le thème central de ces JMJ – la miséricorde – est une aide puissante pour cet engagement. Une réalité rappelée par le pape lors de l’homélie de la messe de clôture : « Confiez-vous au souvenir de Dieu : sa mémoire n’est pas un disque dur qui enregistre et archive toutes nos données, mais un cœur tendre de compassion, qui se réjouit d’effacer définitivement toutes nos traces de mal ».

Au moment même où les jeunes catholiques du monde se rassemblaient autour du pape, une revue de propagande de l’Etat Islamique (EI) titrait : « break the Cross » – « détruire la Croix ». Depuis les JMJ de Cracovie, deux millions de jeunes chrétiens viennent de répondre paisiblement. Avant l’EI, ils ont été nombreux à vouloir eux-aussi « détruire la Croix » : de Néron à Robespierre, en passant par Hitler, Mao ou Staline… Et que s’est-il passé ? Malgré eux, ces hommes nous ont au contraire rendus plus fervents. L’avenir appartient vraiment à l’Eglise du Christ !

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À propos de l'auteur :

Abbé Amar

43 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit, Master de théologie, il est curé de la paroisse de Limay-Vexin (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016). Depuis 2013, il anime l'émission "un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame (FM 100.7).