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Présidentielles : et demain ?

Publié le 10 Mai 2012 à 11:33 Politique 11 commentaires

Nous avions pris la parole avant le second tour des présidentielles. Il est juste de la prendre après… Que peuvent dire des prêtres sur un résultat ? Sûrement pas une analyse politique et encore moins un commentaire partisan.

A l’heure de la passation de pouvoir, quelques convictions doivent tous nous animer.

Prière, loyauté, vigilance

Les chrétiens sont aussi des citoyens : loyaux, ils respectent l’autorité légitime. Hier comme aujourd’hui, notre prière accompagne le président de la République. Nous prierons donc pour François Hollande alors qu’il est amené à présider aux destinées de notre pays pour les cinq années qui viennent.

L’Eglise n’est pas dans la critique systématique. Elle n’est pas là pour condamner a priori ou distribuer des notes ; mais pour encourager l’autorité politique dans son service du bien commun.

Elle n’est pas un lobby de plus et n’a pas vraiment d’intérêts particuliers à défendre. Juste promouvoir et servir la cause de la dignité de la personne humaine, dans tous les domaines et pour tout le monde.

En ce sens, nous resterons comme toujours vigilants, disponibles pour soutenir ce qui va dans le bon sens, mais prêts à éclairer les consciences et à alerter, puis résister à tout ce qui va contre la dignité de l’homme. Nos évêques avaient souligné qu’il y avait dans les promesses du candidat Hollande des sujets d’inquiétude grave : légalisation de l’euthanasie, redéfinition du mariage, remise en cause de la structure familiale… pour ne citer que les principaux.

Un candidat peut parfois être soumis à la pression de certains groupes. Un chef d’Etat, lui, se doit par contre de s’en montrer libre. On dit que la fonction change l’homme… nous espérons et souhaitons que, devenu Président de tous les Français, François Hollande prenne du recul, de la hauteur, et fasse en sorte que ces promesses électorales en restent au stade de promesses de campagne.

Il est certain que les catholiques continueront à faire de ces sujets un critère essentiel de discernement notamment lors des prochaines élections.

Deux tentations

La campagne présidentielle qui s’achève aura également permis de révéler deux tentations assez courantes.

La première est celle du messianisme : prendre un homme pour sauveur ou attendre de lui qu’il le soit, en 2007 comme en 2012 d’ailleurs.

Or, notre seul sauveur, notre Messie, c’est Jésus-Christ, vainqueur du mal et du péché. Celui qui a dit aux apôtres : « prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33). Lui seul a des paroles de vie et de salut comme saint Pierre le confessera : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 66).

Une autre tentation nous guette également : celle de l’exil. Non pas un exil extérieur mais un exil intérieur, fruit du désenchantement et de la déception. Il conduira à un repli sur soi mortifère.

Il pourrait d’abord se traduire par un refuge dans le spirituel. Puisque le monde est si gris, le mieux ne serait-il pas de se retirer dans une sorte de cloître intérieur ? De quitter le monde, le mépriser même puisqu’il semble si méprisable ! C’est la vocation des contemplatifs. A ce petit détail près qu’ils ne méprisent pas le monde, bien au contraire ! Ils prient pour lui et font le sacrifice de leurs vies pour le féconder de leur offrande, de leur pénitence et de leur prière.

En fait, la tentation la plus commune sera plutôt celle de l’exil en actes, une sorte d’abstention morale. Un renoncement à vouloir changer le monde.

D’une certaine façon, certains y ont déjà succombé en s’abstenant lors de ces élections ou en désespérant de l’utilité de tout engagement politique. Or, le monde idéal et la cité terrestre idéale n’existent pas. Certes, il y a eu dans l’histoire des siècles de grande ferveur, des chefs d’Etat chrétiens, de saints gouvernants, des continents favorables au rayonnement de la Foi. Mais ces moments de grande fécondité spirituelle étaient eux-aussi traversés par de grandes détresses et d’immenses difficultés.

Une nouvelle période qui s’ouvre

N’attendons pas que la vie, et la vie politique en particulier, soit parfaite pour nous engager. La solution ? C’est la conversion !

La nôtre d’abord, celle de nos propres coeurs. Elle se traduit par une fidélité à notre devoir d’état et par le sérieux de notre vie spirituelle. A cette double condition, l’engagement associatif, politique, professionnel que les uns ou les autres prendront en fonction des appels qu’ils discerneront sera fécond et porteur d’un changement véritable.

Au final, une nouvelle étape de notre histoire commence. L’Eglise lui a trouvé un nom, depuis longtemps : la nouvelle évangélisation. Une réalité à incarner pour notre temps et dans les prochains mois. Une expression qui doit être précisée. Car on n’a pas attendu vingt siècles pour évangéliser ! Il s’agit plutôt de l’évangélisation d’une nouvelle société. Pas celle qu’on rêve ! La nôtre, telle qu’elle est. C’est celle-là que le Seigneur nous a confiée.

Les défis ne manquent pas. Au travail !

 

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