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Etats généraux de la bioéthique : non à la fatalité !

Publié le 16 Fév 2018 à 19:53 Éthique Aucun commentaire

« C’est déjà plié… », « ça ne sert à rien… », « nous sommes si peu… » : on entend de tout à propos des Etats généraux de la bioéthique lancés par le Comité consultatif national d’éthique. Pourquoi faut-il prendre le temps d’y participer ?

On regrette souvent de ne pas avoir la parole. Cette fois-ci, c’est le contraire : puisqu’on nous demande notre avis, jouons le jeu ! Rien n’est jamais joué d’avance ; refusons la fatalité ! Nous serons d’autant plus crédibles par la suite s’il faut critiquer la tournure des événements ou agir autrement. Déjà, sur les différents portails Internet et les forums, on a l’heureuse surprise de constater que les avis sont bien plus partagés que veulent nous le faire croire certains médias ou certains sondages.

Être la voix des sans voix

Voici la liste des thèmes abordés, dans la formulation retenue par le Comité d’éthique :

– cellules souches et recherches sur l’embryon

– examens génétiques et médecine génomique

– dons et transplantations d’organes

– neurosciences

– données de santé

– intelligence artificielle et robotisation

– procréation et société

– santé et environnement

– prise en charge de la fin de vie

Derrière chacun de ces neuf sujets se cachent des questionnements éthiques majeurs comme, par exemple, l’élargissement de la PMA aux couples de femmes ou aux femmes seules, l’euthanasie, la recherche embryonnaire ou le risque d’eugénisme avec l’élargissement du diagnostic prénatal. Souvent, ces thématiques concernent des personnes qui n’ont pas ou plus la possibilité de s’exprimer : enfants à naître ou malades en fin de vie. Ces Etats généraux nous donnent la possibilité d’être la voix des sans voix. Ne la refusons pas !

Se former avant de parler

Les sujets bioéthiques sont extrêmement complexes. A cette problématique de fond, s’ajoute une difficulté de forme : il faut en plus savoir argumenter, défendre et réagir sans commettre d’erreurs, afin de ne pas courir le risque d’être décrédibilisés pour longtemps. En face, nos adversaires savent, eux, de quoi on parle !

Il semble aussi essentiel d’en rester à une argumentation rationnelle, faite de raisonnements assimilables et compréhensifs par tous. Ne croyons pas que nos arguments ne peuvent pas rejoindre ceux qui ne sont pas chrétiens. Car ces sujets ne sont pas d’abord confessionnels. Nous pouvons nous fonder sur la raison et sur la conscience afin de proposer des arguments qui sont – au final – recevables par tous. Soyons également pragmatiques (ou intelligents ?) dans nos méthodes d’actions, tout en restant positifs et proposants.

Depuis de nombreuses années, de nombreuses propositions de qualité sont organisées par Alliance Vita. Plus modestement, de nombreux articles figurent aussi sur Padreblog. Ne manquez pas non plus de consulter les excellentes fiches de travail rédigées par les AFC ainsi que certains sites diocésains ou celui de la conférence des évêques de France.

Notez également le site bioéthique 2018 qui permet de connaître les dates, lieux, thèmes et modalités d’inscription pour participer aux « débats citoyens ».

Prenons le temps de lire, de nous former et… prenons ensuite la parole. Car il y a pire que la censure : c’est l’autocensure. Participons au débat et encourageons nos amis à y aller : comme le disait Benoît XVI, « c’est le petit nombre qui soulève la multitude », bref… ce sont les plus convaincus qui font l’histoire !

À propos de l'auteur :

Abbé Amar

Abbé Amar

44 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit et en théologie, il est curé de la paroisse de Limay (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016). Depuis 2013, il anime l'émission "un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame (FM 100.7).