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Les trois RDV réussis des JMJ

Publié le 23 Août 2011 à 09:08 Église Aucun commentaire

A Madrid trois rendez-vous nous attendaient. Ils ont eu lieu, au delà de nos attentes ! Retour sur le coeur de ces journées en trois temps.

Rendez-vous avec le Christ

C’est à rappeler à ceux qui nous accusent de « papolâtrie ». Les JMJ ne sont pas d’abord une démonstration de force de l’Eglise qui voudrait compter ses troupes et encore moins un « one-pape-show ». Mais bien une expérience spirituelle vécue ensemble, à l’initiative du Saint-Père. Benoît XVI, par son attitude même, toute d’humilité, ne fait que nous ramener vers le Christ.

C’est lui qui a voulu par exemple cette adoration du Saint Sacrement, lors de la veillée du samedi soir. Après le déchaînement des éléments, le pape nous a emmené dans ce face-à-face avec le Christ. Un immense silence s’est alors imposé. Benoît XVI n’était plus qu’un parmi tous ces jeunes qui adoraient Jésus. Le premier d’entre nous, mais à genoux comme nous devant un plus grand que lui, devant celui dont il n’est que le Vicaire. Il adorait Celui qui, le premier, nous avait rassemblé ici : le Christ, réellement présent au milieu de ses jeunes.

Comme prêtre, je peux témoigner que les JMJ auront été pour beaucoup l’occasion de retrouver le Christ. En particulier à travers le sacrement du pardon ou au cœur de tous ces temps de prière. Toutes ces conversions intérieures, toutes ces retrouvailles avec le Seigneur vécues dans le secret des cœurs ne peuvent être comptées ou se réduire à des résultats chiffrés. Au delà des chiffres – certes impressionnants – de ces JMJ, il y a des fruits spirituels dont Dieu seul connaît l’étendue, mais qui sont là, bien réels. Chacun peut en témoigner pour lui-même.

Rendez-vous avec le Pape

Comment ne pas comprendre que cela reste un mystère pour les observateurs extérieurs ? Ces jeunes sont aussi nombreux à acclamer Benoît XVI qu’ils l’étaient hier pour Jean-Paul II… Pourtant, que n’a-t-on pas dit sur ce pape allemand ! Et lui-même ne fait rien pour « faire jeune ». Il ne joue pas un personnage, ne cherche pas à imiter son prédécesseur, ne cherche pas à « séduire ». Mais c’est justement tel qu’il est qu’il touche les jeunes !

Nous voyons chez lui le « coopérateur de la vérité », comme le dit sa devise, le sage professeur amoureux de la Vérité qui continue de l’enseigner et de la transmettre, avec clarté, simplicité et confiance.
Benoît XVI s’impose par son humilité : il n’était pas fait pour la scène ni les projecteurs. Il s’y soumet par devoir, en s’appliquant de son mieux, pour répondre à notre soif de comprendre et de connaître Dieu. Il veut nous faire partager son éblouissement devant la « splendeur de la Vérité ». Dans un monde qui relativise tout, le Pape offre aux jeunes le repère stable qui rassure et conforte, d’une vérité révélée et d’une pensée libre de toute mode, d’une voix qui fait autorité. Benoît XVI enseigne, explique, reprend, éduque les cœurs et les intelligences. Il le fait avec un cœur de père, mêlant exigence et douceur, compassion et conviction. Voilà pourquoi il est le seul à rassembler autant de jeunes autour de lui, dans le silence comme dans la joie la plus démonstrative !

Rendez-vous avec l’Eglise et le monde

C’est sans doute l’expérience la plus immédiate que fait le jeune « jmjiste ». Venu de sa paroisse, habitué à son petit groupe de prière ou à son mouvement, il découvre soudainement la réalité de l’Eglise. Il comprend enfin ce que veut dire « catholique » : universel. Ce n’est pas qu’un mot. C’est la réalité de l’Eglise. 193 nations étaient représentées. Autant de cultures et d’histoires différentes … Des nations ennemies se côtoyaient, les plus riches rencontraient les plus pauvres. La vieille Europe aux prises avec ses doutes et ses polémiques, rencontrait la foi si vive, toujours jeune, des chrétiens persécutés de Chine ou d’Egypte, d’Afrique ou d’Irak.

Incroyable diversité, si belle unité ! Le chant du « Pater Noster » nous rassemblait tous, dans une même langue remise au goût du jour par le Pape afin que l’on puisse de façon encore plus visible, prier ensemble. Combien de jeunes, habituellement si seuls ou en minorité dans leur classe, dans leur groupe d’amis, ont pu ainsi redécouvrir qu’ils appartenaient à une famille, l’Eglise, qui ne les laisse pas seuls ? Cette Eglise qu’on décrit comme finissante en Europe, qu’on voit trop souvent divisée dans nos querelles de chapelles, nous rappelle qu’elle est universelle, bien vivante, et toujours jeune… de la jeunesse éternelle de l’Evangile qu’elle proclame ! Elle est vivante, de la vie même du Christ qui l’accompagne et qu’elle transmet. Elle est belle, de la beauté de ces cœurs qui se laissent saisir par le Christ, avant de se faire eux-mêmes apôtres de la Joie.

Une image me restera parmi tant d’autres. Samedi soir, alors que la tempête se déchaîne et met à plat le bel ordonnancement de la veillée, alors que les responsables s’affolent autour du pape et que le son est coupé, les jeunes, trempés, exténués, se mettent soudain à chanter, à acclamer le Pape désormais muet, à l’encourager et lui manifester leur joie plus forte que la tempête ! Face-à-face bouleversant d’un père avec ses jeunes, image d’une Eglise dont la joie est plus forte que toutes les épreuves qu’elle peut connaître, quand elle est encordée à Pierre et unie dans une même foi.

Comment ne pas finir avec cette feuille de route donnée en français par le Pape, dimanche à l’issue de la messe finale, spécialement donc pour les jeunes de notre pays ? Chaque mot compte. Chaque mot a été choisi. Que cette prière, ce souhait du Pape reste gravé dans nos cœurs, comme une mission personnelle et une preuve de confiance que le pape nous transmet :

« Chers jeunes de langue française, le Christ vous demande aujourd’hui d’être enracinés en Lui et de bâtir avec Lui votre vie sur le roc qu’il est Lui-même. Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle ! ».

À propos de l'auteur :

Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Diocèse de Versailles, ordonné prêtre en 2004. Curé de Montigny-Voisins. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d'éthique économique pour le diocèse de Versailles. Auteur de "Aimer en vérité" (Artège, 2014), "Catholiques, engageons-nous !" (Artège 2016) et de "Donner sa vie" (Artège 2018).