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Ourra : des apôtres en actes

Publié le 08 Jan 2012 à 16:15 Culture 6 commentaires

Ourra, sans le h, veut dire « chemin » en araméen, la langue de Jésus. Car il est question ici du chemin parcouru par les apôtres dans le livre de la Bible qui leur est consacré.

Les Actes des Apôtres ? Avouons-le : peu de chrétiens sont à l’aise avec ce livre et rares sont ceux qui en connaissent l’auteur (indiqué en bas de cet article !). Pour tous ceux-là, il ne reste qu’une solution : assister en urgence à la représentation de Ourra. On en ressort différent qu’à l’entrée, les yeux et le cœur comblés. Applaudi par des milliers de spectateurs, Ourra est la grande surprise de cette saison musicale.

Remplir deux soirs de suite le palais des congrès de Paris (près de 4000 places) pour un spectacle sur les Actes des Apôtres était rien de moins qu’audacieux ! Mais l’audace, l’équipe d’Ourra n’en manque pas. Eric LIBAULT, l’auteur-compositeur du spectacle, donne sans hésiter les ingrédients qui l’ont poussé à se lancer dans ce pari fou : « dans le désordre : un brin d’inconscience. Une grosse motivation. Quelques idées. Une bonne dose de volonté. L’envie d’entraîner d’autres personnes dans une aventure. La certitude que dans toute chose, c’est le travail qui paye et, quitte à se lancer, autant donner le meilleur de soi jusqu’au bout ».

Du travail, il y en a eu. Deux ans de répétitions, seize représentations dans toute la France pour un total de 7000 spectateurs. Et en cette rentrée 2012 d’autres rendez-vous sont prévus. Derrière le succès mérité de cette œuvre se cache la passion d’une belle équipe de chanteurs, acteurs, décorateurs, accessoiristes… tous bénévoles. Et le résultat n’a rien à envier aux grandes comédies musicales. Deux mille ans après, les Théophiliens (membres de la compagnie) semblent avoir vécu la même aventure que celle des Apôtres : s’être laissés porter par une oeuvre qui les dépasse. Une oeuvre qui fait grandir et donner le meilleur de soi-même.

On a moins aimé :

– le côté « banlieue ouest » du final… ça sent trop le 78 et le 92, parole de prêtre versaillais !

– les récitatifs parfois un peu longs.

On a (beaucoup) aimé :

– le Saint-Esprit personnifié en un jardinier débonnaire : une belle trouvaille qui nous rappelle que l’Esprit-Saint est le véritable auteur de la Bible.

– l’alternance des rythmes et des tableaux qui permet d’entrer en prière durant le spectacle. Pas mal, non ?

L’effet produit sur tous les spectateurs est particulièrement stimulant. On y entend que le livre des Actes des Apôtres, écrit par saint Luc, n’a pas de fin. Que c’est à nous de continuer à l’écrire, en passant des Actes des Apôtres aux Apôtres en actes…

Pour applaudir Ourra :

  • A l’Olympia à Paris, le dimanche 11 mars 2012 à 19h
  • Au Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux, le samedi 12 mai à 20h30
Plus d’infos sur : www.ourra.net

À propos de l'auteur :

Abbé Pierre Amar

Abbé Pierre Amar

Diocèse de Versailles, ordonné en 2002. Licencié en droit et en théologie. Auteur de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016) et "Hors Service" (Artège 2019) et de divers spectacles (Jean-Paul II, Charles de Foucauld, Madame Elisabeth). De 2013 à 2018, il anime l'émission "Un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame. Depuis sept. 2019, il répond à "Pourquoi Padre ?" sur KTOtv.