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Le saint du millénaire

Publié le 25 Avr 2014 à 20:08 Église Aucun commentaire

Saint Jean-Paul II sera-t-il LE saint de ce millénaire ? Pour l’instant, assurément ! Au moins parce qu’il est celui qui aura fait entrer l’Eglise et le monde dans ce nouveau millénaire, et l’aura préparé. Il sera difficile de le détrôner, même si on souhaite aux générations futures de connaître un saint aussi impressionnant que lui ! Il a marqué l’histoire comme peu l’ont fait.

L’homme de prière

Avant tout il était un « homme de prière ». Nombreuses sont les anecdotes qui le montrent. Il était comme en oraison permanente. Une relation établie avec le ciel qu’il entretenait de façon habituelle et spontanée. Le centre de sa vie était l’Eucharistie et il disait d’ailleurs que le plus beau jour de sa vie avait été celui de son ordination sacerdotale. Ce jour là, devenant prêtre, il allait célébrer la sainte messe et donner Dieu au monde. Il voulait aussi vivre de la miséricorde. C’est ce qu’il fera : on lui doit l’institution du dimanche de la Divine Miséricorde, le premier dimanche après Pâques. C’est à la veille de sa célébration qu’il partira vers le Père, en 2005.

Face aux épreuves

Sa vie personnelle a été marquée par l’absence de sa maman, décédée très tôt. Il se tourna alors vers notre mère du Ciel, l’Immaculée, en qui il sut mettre toute sa confiance. Il se donna tout à Elle, sans rien enlever à son Fils, comme l’enseignait saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Il en tirera sa devise : Totus Tuus (Tout à Toi, Marie). L’épreuve ne s’arrêtera pas là : à 21 ans, il est orphelin, après le décès de son père. Il connaîtra la guerre, l’horreur des systèmes totalitaires, le nazisme puis le communisme. Il s’engagera personnellement dans le combat pour la vie et pour la paix, le payant dans son propre corps par un attentat qui lui laissera des séquelles, et par la maladie, qui l’affaiblira énormément les dernières années de son pontificat. Mais ce corps diminué, affaibli ne fera que souligner d’autant plus l’intensité de son rayonnement spirituel.

Le pasteur

Cet homme était courageux mais pas entêté ; il n’était pas un capricieux, mais déterminé parce qu’éclairé par la contemplation de la Vérité. En cela il donnait l’image de la solidité. Il avait soif de la liberté humaine et donc de sa dignité inviolable. Il aura à cœur le combat pour la culture de vie, face à la culture de mort. Il aura passé son pontificat, l’un des plus longs de l’histoire (27 ans) à parcourir le monde pour le visiter et lui proposer de grandir non seulement en humanité mais aussi en sainteté. Il devient vite une figure, un exemple, un père pour le monde. Le peuple chrétien ne s’y est pas trompé, en l’acclamant « saint aussitôt » au jour de ses obsèques. En canonisant ce grand pape, le Pape François ratifie en ce dimanche de la divine miséricorde 2014 l’intuition de tout un peuple.

Ce Pape parlait à chacun mais parlait aussi aux Nations. Il savait interpeller les hommes et les femmes de pouvoir, pour les inviter à se mettre au service du bien commun. Il ne s’épargna aucun combat et mit tout son poids dans la libération de l’Europe de l’Est, la recherche de la paix ou la défense de la famille. Enseignant à temps et à contre temps, il aura permis à toute une génération – heureusement appelée génération Jean-Paul II – d’assumer l’enseignement de l’Eglise, de se former et de vivre selon l’évangile dans le monde d’aujourd’hui. Nous en goûtons avec émotion les fruits aujourd’hui, conscients que les semences n’ont pas encore toutes poussé.

Ce Pape immense aura engagé un dialogue persévérant et passionné avec les autres chrétiens, préparant le chemin de la réconciliation pour ce millénaire, dans l’espoir d’effacer les divisions nées du précédent.

Un don de Dieu pour la jeunesse et pour le monde

Enfin et sans pouvoir tout évoquer, il réveilla et entraina la jeunesse dans une profonde conversion à l’occasion des très nombreuses rencontres qu’il lui réservait à chacun de ses voyages, ou pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. N’est-il pas celui qui aura déplacé le plus de personnes sur la planète pour venir rencontrer à travers sa personne Celui qui aime et sauve chacun ?

Ce Pape offert au monde comme un très grand saint, avait choisi de s’appeler Jean comme premier prénom, pour honorer le choix d’un autre … le choix de celui qui est canonisé le même jour : saint Jean XXIII. Jean, le nom du précurseur qui a désigné au monde le Messie. Mais aussi celui du disciple bien aimé, le grand contemplatif. Un programme de vie !

Saint Jean-Paul II ancrera dans l’histoire le Concile Vatican II que son prédécesseur avait voulu et ouvert. Il restera à jamais ce pape providentiel, venu de l’Est, pour éclairer notre monde et lui désigner le chemin qu’est le Christ, en passant par Marie. Ce pape parti à l’aube de notre millénaire, qui en sera pourtant assurément une des plus belles figures et pour lequel de nombreuses générations continueront de rendre grâce !

[Découvrez aussi la tribune de l’abbé Amar, publiée dans le Figaro : « Génération Jean-Paul II, le clergé décomplexé »].

À propos de l'auteur :

Abbé Guillaume Seguin

Abbé Guillaume Seguin

Diocèse de Paris, ordonné en 1995. Vicaire en paroisse (Saint-Séverin et Saint-Etienne du Mont), aumônier d'établissements scolaires (Louis-le-Grand, Stanislas) et de routiers scouts, ancien aumônier général de Saint-Jean de Passy. Diplômé de l’Institut Jean-Paul II pour la famille et le mariage (Rome), chargé de mission pour la pastorale de la Santé ; aumônier d'hôpital.