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Pédophilie : honte, misères et vérité

Publié le 02 Mar 2016 à 20:40 Église 21 commentaires
Pape François

Pleurer. Hurler. C’est certainement les deux seules réactions que provoque le film Spotlight chez ceux qui sont allés le voir. Oscar 2016 du meilleur film, cette oeuvre cinématographique à la distribution et à l’interprétation impeccables révèle l’ampleur du scandale des prêtres pédophiles dans le diocèse de Boston aux Etats-Unis, en 2001. Depuis, d’autres cas ont été révélés en France, mais surtout en Irlande, en Allemagne ou en Autriche. On sait que l’épicentre de ce scandale remonte aux années 1970-1980. Il y a bien sûr des fautifs : impossible de le nier. Et des hommes d’Eglise ont parfois été scandaleusement fort silencieux. Spotlight le révèle avec douleur.

Soyons clairs : ces crimes pédophiles sont abominables. Ils sont et seront toujours une honte pour l’Eglise.

Dire la vérité

Si le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, demandait à son époque que Rome en soit informée, ce n’est pas – comme le suggèrent certains – pour régler les choses en interne et les cacher à la justice civile. Il s’agissait tout au contraire de vérifier qu’on ne tournait pas la page, et qu’en plus d’une condamnation pénale, il y ait aussi une condamnation canonique, c’est-à-dire venant des tribunaux d’Eglise. Le pape François est même allé plus loin en faisant arrêter par la Gendarmerie Pontificale un ancien nonce polonais, aujourd’hui décédé, accusé de faits abominables. Retourné à l’état de laïc, il a été assigné à résidence, dans l’attente d’autres sanctions.

Les crimes pédophiles sont horribles. Leur révélation ne peut que donner la nausée. Ceux qui les ont commis doivent être recherchés, jugés et condamnés sans aucune complaisance. Les victimes sont d’abord les enfants. En ce sens, les conséquences éventuelles de ce choc pour l’Eglise ne devraient pas nous importer : seules les victimes devraient compter ! Et pour tout prêtre, il n’y a rien de plus terrible que de voir un enfant blessé ou sali par un confrère, par celui-là même qui a reçu mission d’être la figure du père. Aujourd’hui, un drame de ce genre ne sera à l’évidence ni étouffé, ni caché. Et si des affaires l’ont été dans le passé, c’est une faute grave pour laquelle plusieurs évêques, et le pape lui-même, ont d’ailleurs demandé pardon. Dans le diocèse de Meaux en 2006, l’évêque s’est porté partie civile contre un de ses prêtres, considérant que ce dernier avait trahi la confiance de l’Eglise et causé un véritable préjudice moral.

Tolérance zéro, donc. Si on doit se réjouir que la parole des enfants soit écoutée et que de tels crimes ne restent pas impunis, il faut pour autant rester prudent et attentif. Pour détruire la réputation d’un prêtre, il est facile de lancer des rumeurs insidieuses ou de porter contre lui de fausses accusations. Il faudra du temps pour démontrer son innocence, mais le mal sera fait. Qui se souvient du procès d’Outreau (2005) où un prêtre a été acquitté ? Il a pourtant passé deux années en prison… pour rien. On ne se relève jamais vraiment de telles calomnies. Mais arrêtons-nous là, sous peine de tomber dans des affirmations gratuites qui sentent la cathophobie à plein nez.

Tous pédophiles ?

Expliquer que le célibat des prêtres est une cause de la pédophilie est simplement absurde et injuste. Si le célibat clérical favorise la pédophilie, alors pourquoi tous les prêtres, qui sont a priori tous célibataires, ne sont-ils pas pédophiles ? Et si le célibat clérical était la cause de la pédophilie, pourquoi donc 95 % des pédophiles mis en examen vivent-ils en couple ? Cela voudrait dire que le mariage est dangereux et qu’il favoriserait lui aussi la pédophilie…

La vérité, c’est que la pédophilie est une déviance grave, une pathologie et une maladie (ce qui n’exclut pas la responsabilité de celui qui commet un acte pédophile). Si elle n’est pas accompagnée, soignée et aidée, la personne qui porte cette tendance risque de commettre des actes dramatiques et criminels, qu’elle soit mariée, célibataire, prêtre ou éducateur. Quand un professeur d’école est arrêté puis condamné pour pédophilie, on affirme sans hésiter que cet homme était malade, porteur d’une pathologie pédophile et qu’il a commis des actes criminels. Ce n’est pas la faute de sa femme, ou de son célibat, ou de son métier. Pour des prêtres, le problème n’est donc pas le célibat, mais le manque d’équilibre avec lequel ils vivent leur état de vie. Pour y remédier, l’Eglise cherche à discerner toujours mieux les fragilités affectives, humaines ou psychologiques chez les candidats au sacerdoce. C’est une bonne chose. Mais qu’on ne dise pas que c’est la prêtrise qui rend pédophile, ou que si ce curé avait eu une femme avec qui se « détendre », il n’aurait pas agressé des enfants ! On est là dans une réflexion bien pauvre et tous les pédophiles en couple – avec parfois une vie de famille tout à fait stable – nous montrent que les choses sont bien plus compliquées.

Malheur à celui par qui le scandale arrive !

Ne soyons pas choqués par l’importance accordée au scandale provoqué par un prêtre. Il est juste qu’on lui en veuille encore plus que pour les autres et finalement légitime qu’on soit scandalisé. Cela montre aussi que de façon inconsciente, malgré la déchristianisation, le prêtre reste pour beaucoup une figure à part qui doit rester exemplaire. Cela aussi, le démon le sait : s’il parvient à faire tomber un prêtre, il sait que beaucoup seront blessés, perdront confiance et en voudront à l’Eglise. C’est ce que disait un jour Benoît XVI en reconnaissant que la plus grande persécution contre l’Eglise ne vient pas de ses ennemis de l’extérieur mais du péché de ses membres. Des ennemis de l’intérieur, en quelque sorte. Dans sa « Lettre aux catholiques d’Irlande », il a même osé un terrible reproche, regrettant ces crimes pédophiles monstrueux « qui ont assombri la lumière de l’Evangile à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre » (source).

A la tête de l’Eglise, beaucoup de choses ont été faites et il reste encore certainement beaucoup à faire. La pédophilie est un véritable fléau contre lequel l’Eglise doit lutter de toutes ses forces. Mais il n’y a pas qu’elle qui est en cause : l’Education Nationale, les familles, doivent se mobiliser. Il faut agir, ne pas garder le silence, écouter, prévenir… Que tout le monde se sente concerné !

Et à notre niveau ? Ceux qui voudront comprendre comment tout cela est arrivé et de quelle manière l’Eglise mène ce combat, liront avec profit l’ouvrage de Gérard Leclerc L’Eglise face à la pédophilie (Ed. de l’Oeuvre, 2010). Et plutôt que d’instrumentaliser des drames personnels au service de revendications sans aucun avenir, il n’y a, semble-t-il, que trois choses à faire, dès maintenant, après avoir fini la lecture de cet article :

– prier, pour confier à Marie toutes les victimes de ces crimes odieux. Beaucoup d’entre elles sont vivantes, à commencer par celles évoquées dans Spotlight. Le pape Benoît XVI, le pape François ensuite, ont pris le temps de les rencontrer, loin des caméras et des micros. Des rencontres qu’on imagine éprouvantes, torturantes et douloureuses, pour tous.

– remercier Dieu pour tous les prêtres qui vivent bien leur célibat, au service de Dieu et de tous ! Curieux… on ne parle jamais de ceux-là et on ne leur donne guère la parole ! Ils sont pourtant les plus nombreux, et largement. Serviteurs silencieux et discrets, fidèles images du bon Pasteur, ils souffrent aussi de voir l’offrande de leur vie, leur célibat, si attaquée, tant salie, si peu reconnue et comprise. A commencer, parfois, par des catholiques eux-mêmes !

– prier encore pour confier à la mère de Dieu les prêtres que nous connaissons, tous ceux qui nous ont servis. Que le Seigneur leur donne d’être fidèles jusqu’au bout et les préserve dans les combats qui sont les leurs !

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À propos de l'auteur :

Abbé Amar

43 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit, Master de théologie, il est curé de la paroisse de Limay-Vexin (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016).

  • Ronnie Jour De Fête

    Père, je vous félicite d’avoir un blog d’une part! C’est super! Et puis aussi je vous remercie de votre article, car c’est vrai que les personnes catholiques ou non, nous rejettent cette honte sans cède. La pédophile est un acte horrible qui doit être punit, c’est une perversion et une maladie. Le célibat de prêtes c’est un autre débat mais il faut aussi en parler! Veronica

  • Ermort

    Certes, le film est assez bien fait. Mais je ne l’ai pas trouvé si éprouvant que ça. Et il n’a pas de dimension très profonde non plus.

    De plus, il fait la promotion d’idées fausses. Peut-être en reflétant certaines opinions tordues, mais il ne les corrige pas. Vous faites bien de les souligner, comme d’autres l’ont fait déjà.

    Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent pas les média. Ils sont pourtant la majorité.

    Quant à la question de fond, elle est très complexe. Quelques lignes ne suffisent pas à l’aborder de manière intéressante.

  • Lucie

    Merci Père pour ce bel article, qui a confirmé mon désir de voir ce film. Deux remarques :
    – Le célibat des prêtres, effectivement, n’est jamais abordé dans les médias non-confessionnels, ou alors de manière biaisée (je me souviens d’un n° du Monde des Religions sur le célibat consacré qui pour seul reflet du catholicisme donnait la parole à un prêtre ayant une maîtresse). C’est dire à quel point cette question du célibat choisi fait signe et dérange!
    – Il me semble que s’en tenir au constat qu’il y a des prêtres pédophiles partout, et que par conséquent il y en a dans l’Eglise, est insuffisant. 77 condamnés en 90 ans dans le seul diocèse de Seattle, c’est quand même un nombre hallucinant! Ne pensez-vous pas que nombre de jeunes hommes sentant ces perversions en eux ont choisi d’entrer au séminaire dans l’illusion que le sacerdoce leur conférerait « de facto » cette pureté qui leur faisait défaut? Et si vous êtes d’accord avec mon analyse, dans quelle mesure aujourd’hui les séminaires du monde entier sont-ils vigilants à détecter ce mécanisme de pensée?

  • Rémi Henri

    La question de la pédophilie est multiforme.
    Tout n’est pas à mettre dans le même sac, du moins, dans la même case d’un grand sac.
    Il y a des adultes qui violent des enfants, et les tuent.
    Il y a des adultes qui séduisent et manipulent des enfants.
    Il y a des adultes qui croient aimer des enfants, et ne pas leur faire de mal.
    Il y a aussi des enfants, et de jeunes ados, qui acceptent d’être séduits, voire qui séduisent des adultes, et ont l’impression de vivre quelque chose de vrai.
    Il y a aussi des adultes qui se conduisent en voyeurs, mais ne posent pas de geste.
    Etc.
    Dans tous les cas, il y a quelque chose de désordonné. Cependant, je ne pense pas que tout puisse être pensé de la même façon, ni traité de la même manière.

    • Guillon

      L’impression que l’enfant, vit quelque chose de vrai, par provocation ou pas? Oui, c’est pas faux. Et donc cette impression ce confirme par l’accord de l’adulte en tant qu’autorité.
      Pourquoi pas. Je crois que cela est très loin d’être aussi simpliste que cela.

  • Nathalie Wach

    Cet article montre bien le problème de la stigmatisation de la part des médias et elle ne touche pas seulement les prêtres quand il est question de ce grave problème de la pédophilie. Dernièrement, au Québec, un homme qui se dit autiste à abusé de la confiance de parents pour venir filmer et faire des abouchements sur des enfants autistes. En présentant cet agresseur dès le titre même de l’article comme autiste, les journalistes jettent un soupçon injuste et non fondé sur cet handicap. Au contraire, un autiste est habituellement incapable de manipuler ou de mentir…et j’en parle en connaissance de cause, j’en ai un à la maison! On oublie aussi qu’une même personne peut cumuler plusieurs problématiques et pathologies? Mais voilà, le mal est fait, au grand regret de toute la communauté autistique qui se bat depuis des années pour faire accepter les personnes autistes dans la société. Je finirai en disant que les médias ont tendance à stigmatiser certaines catégories de personnes plus que d’autres quand il est question de pédophilie. A-t-on déjà vu un article dénonçant un homme noir et pédophile ou bien diabétique et pédophile? Non, bien sûr, car cela serait jugé discriminatoire et sans fondement. Alors soyons juste jusqu’au bout, s’il vous plaît!
    Nathalie

  • Laurent Chanon

    Deux commentaires :
    – j’ai trouvé intéressante et complémentaire la critique de ce film par le P. Rastoin, sj (http://www.marcrastoin.fr/spotlight/) et notamment ces remarques : « Et puis il y a aussi une autre logique que l’on rencontre dans toutes les communautés humaines fortement hiérarchisées: l’absence de contrôle effectif de la hiérarchie, la difficulté de critiquer un prêtre, la gestion opaque et autoritaire de ladite institution. Et l’on comprend mieux pourquoi cette crise remet en cause le fonctionnement au quotidien de l’église catholique et appelle à des mécanismes de partage des responsabilité, à la critique de la sacralisation excessive du prêtre (que j’ai entendu encore récemment chez certains jeunes catholiques), à l’existence de procédure indépendante d’enquête, etc. »
    – tout autre approche, aussi choquant que cela puisse paraître, je pense qu’en cette année de la Miséricorde particulièrement, il peut être opportun de prier aussi pour les bourreaux. Leurs fautes sont graves, le scandale est immense, mais ce sont nos frères qui sont tombés. Et nul ne sait ce qu’ils vivent. Spotlight montre que certains prêtres bourreaux avaient été eux-mêmes victimes. Ça n’excuse rien, mais ça invite à la compassion… Ce ne sont pas juste des monstres à abattre, même s’il faut à tout prix les empêcher de nuire. Ce sont aussi des frères.

    • Hold-Behrt Cyril

      je me suis dit… je vais lire les commentaires avant d’ajouter quelques choses, je trouve souvent des personnes qui exprime mieux mon point de vue que moi je ne serais le faire…

      et effectivement cette la phrase là : « la critique de la sacralisation excessive du prêtre » je n’aurais pas su l’écrire, elle touche du doigt ce dont j’essayais de faire sortir de ma petit tête d’écervelé 😉

      Le jour ou cette sacralisation ne sera plus excessive, il n’incommodera plus aux seules prêtres d’être irréprochable et de porter les péchés du monde, mais les victimes seront être d’elles-mêmes miséricordieuses envers leurs bourreaux (qui que soient-ils)…

      en attendant les loups s’acharnent dés qu’ils leurs est permis de le faire, je ne suis absolument pas étonner de débordement du fait que certains prêtres soient accuser de pédophilie à tord comme l’article de l’Abbé Amar le stipule.

  • BDL

    Pour une année jubilaire de la miséricorde qui commence, il eut été appréciable
    d’appeler à la miséricorde sur les pédophiles eux-mêmes, qui sont à mon
    sens ceux qui en ont le plus besoin.

    • *lectrice*

      prier pour les pédophiles et autres, c’est déjà fait, largement, massivement, depuis des décennies les communautés religieuses prient pour les religieux criminels quand ils se font prendre -jamais pour les victimes jusqu’à ce communiqué offiiciel des évêques publié suite aux embarras de barbarin! j’en ai été témoin: on m’a fait prier dans une communauté religieuse (multiséculaire) pendant une messe, contre mon gré -à moins de faire un scandale dans l’église-, pour un criminel, ce que j’aurais encore pu accepter charitablement, mais, sans un mot pour ses victimes?! jamais je ne l’ai accepté. un évêque étranger a dit que ce sont les dénonciations qui sauveront l’Eglise. dès qu’on va à la messe hors des quartiers riches des villes, on se dit que c’est trop tard. les religieux voulaient le silence, ils vont l’avoir… un silence de mort.

  • Franck

    Article très juste et posé, mais ce paragraphe n’a absolument aucun sens statistique :

    « Si le célibat clérical favorise la
    pédophilie, alors pourquoi tous les prêtres, qui sont a priori tous
    célibataires, ne sont-ils pas pédophiles ? Et si le célibat clérical
    était la cause de la pédophilie, pourquoi donc 95 % des pédophiles mis
    en examen vivent-ils en couple ? Cela voudrait dire que le mariage est
    dangereux et qu’il favoriserait lui aussi la pédophilie… »

    Il est évident que 95% (ou quelque soit le nombre) des pédophiles (ou
    des buveurs de bières) ne soient pas prêtre, si 95% (ou quelque soit le
    nombre) des individus ne sont pas prêtres….

    Pour savoir (si c’était possible…) si le célibat clérical, ou le célibat laïc, ou le mariage, etc…, favorise la pédophilie (ou la philatélie, ou boire de la bière) il faudrait comparer la proportion de pédophiles (ou de philatélistes, ou de buveurs de bière) dans chacune de ces catégories, et surtout éliminer les autres facteurs sans doute plus prépondérants (comme le fait d’avoir été victime de pédophiles). Pas sûr qu’il existe des études là-dessus, ni même que les données soit suffisantes….

    Bref, il est fort probable que la prêtrise ne favorise pas la pédophilie, mais l’affirmation sus-citée ne le prouve pas, et il est bien possible que ce soit très difficile à prouver.

  • FDL

    Bel article. Tout le sens est là. Un seul bémol cependant: le lien vers la lettre de Pierre Durieux. Je ne suis pas sûr que cela soit, aujourd’hui, une autorité pertinente en matière de lutte contre la pédophilie. Loin s’en faut.

  • Oli Azp

    « Remercier Dieu pour tous les prêtres qui vivent bien leur célibat, au service de Dieu et de tous ! Curieux… on ne parle jamais de ceux-là et on ne leur donne guère la parole  »

    Parcequ’on parle plus des arbres qui tombent que de la forêt qui pousse, peut-être, Padre ? Vous avez la parole ici sur votre blog… Voulez-vous parler des médias ? Des films de fiction ? Vous vous sentez marginalisés, peu représenté ? L’histoire des relations entre Eglise et médias non-religieux est compliquée, tortueuse… Je remarque une grande méfiance du clergé pour répondre à une interview lorsque les questions portent sur des sujets un peu sensibles, comme par exemple l’extrême-droite…

  • Gama

    A vous qui lisez ceci et qui vous sentez ATTIRES par les enfants/ados (prêtre ou pas!) : FAITES VOUS AIDER ! Quel que soit votre âge et vos agissements passés! La pédophilie n’est pas une maladie, et elle ne se guérit pas. Mais vous pouvez apprendre à vivre avec, à vous protéger et à protéger ceux qui vous entourent. Un forum spécifique existe sur le site criminonet.com.

    Et à vous qui avez connaissance de faits, ou de suspicions d’abus sur mineurs : faites un SIGNALEMENT ! On peut faire cela de manière anonyme en composant le 119 (le site existe aussi). C’est plus efficace et plus simple que d’aller voir son évêque s’il s’agit d’un prêtre. Et la justice a des moyens d’enquête rapide que les évêques n’ont pas.

    Et bien sûr prions pour que le Seigneur nous donne de saints prêtres, qu’Il convertisse ceux qui ont fait du mal, et qu’Il relève et guérisse ceux qu’ils ont blessés.

  • RH

    Je regardais l’abbé Grosjean sur Canal+…
    Il donnerait sa vie pour qu’il n’y ait plus de victimes, très bien… Et je le crois !
    Mais donnerait-il plus encore ? Donnerait-il la vérité ? Dira-t-il que le problème est beaucoup plus celui des pédophiles prêtres que des prêtres pédophiles ?
    Dira-t-il que dans les années 60, 70, 80, nombre de véritables vocations ont été rejetées, alors que nombre de types bizarres ont été ordonnés, et ceci sciemment, volontairement ?
    On verra…
    On attend…

  • abbeamar

    Sans excuser aucunement les fautes abominables commises par des prêtres, voici les statistiques du SNATEM (Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance Maltraitée – Etude SNATEM 2001) :
    72% des auteurs de violences sexuelles sur mineurs signalées sont des personnes de la famille, et non pas, comme beaucoup ont à l’esprit, le fait de professionnels au contact de l’enfance ou du « pervers du coin du bois ».

    pour 32,3% par les pères ;

    pour 9,5% par les beaux-pères et concubins ;

    pour 6,1% par les grands-parents ;

    pour 4,3% par les frères et sœurs ;

    pour 2,8% par les mères ;

    pour 0,4% par les belles-mères et concubines ;

    pour 11,2% par les autres membres de la famille ;

    pour 4,6% par les amis de la famille.

  • Pierre

    L’abbé Amar a raison quand il dit que les actes de violences sexuelles sont majoritairement le fait de membres de la famille. Mais une autre statistique devrait nous préoccuper encore davantage: y-a-t-il une plus grande proportion de pédophiles parmi les prêtres que dans le reste de la population ? J’ai cru comprendre que les études faites aux Etats-Unis répondent par l’affirmative.

    Si tel était le cas, je rejoins l’interrogation de Lucie: un jeune qui se sent cette perversion ne sera-t-il pas davantage attiré par le séminaire qu’un jeune normal ?

    Le phénomène ne date sans doute pas des années 70. Les paroles se délient de la part de ceux qui en ont été victimes depuis ces années. Il sera hâtif d’en déduire que tout allait bien avant.

    Il va bien falloir que l’Eglise en tant qu’organisation, s’interroge sur sa responsabilité. Il est trop facile de dire que c’est le fait d’une minorité et que l’on condamne sans réserve leurs agissement. Même si c’est exact.

    J’ai une immense admiration pour l’immense majorité des prêtres mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que dire à un jeune homme qu’ils devra renoncer au mariage s’il veut devenir prêtre constitue un frein pour les jeunes hétérosexuels alors que ce n’en est pas un pour les jeunes homosexuels, refoulés ou non. Bien-sûr, l’immense majorité des homosexuels ne sont pas des pédophiles mais à chaque fois que j’entends parler d’actes de violences sexuelles commis par des prêtres, il s’agit d’actes sur de jeunes garçons…

  • Raph

    Mon père, merci pour cet article très juste.

    J’ai simplement une question qui me taraude : pourquoi l’Eglise se refuse t elle a dire, très simplement et très durement, que TOUT religieux qui s’est rendu coupable d’actes pédophiles sera réduit à l’état laïque ?

    Je comprends que nous devons avoir un regard de miséricorde, mais je pense aussi que, malgré la puissance du pardon, la faute soit trop grave pour accepter que ce prêtre continue à être une image vivante du Christ ressuscité au yeux du monde…

    Je ne dis pas ça à cause du risque de récidive, mais à cause de la gravité et de l’irréversibilité de l’acte pour les victimes. Comme l’a dit le Cardinal Barbarin : il n’y a pas de prescription pour la souffrance.

    merci de votre réponse.
    RG

  • François ALLINE

    Le phallocratisme c’est le corps de la femme qui appartient à l’homme. Le féminisme radical c’est l’inverse. Le maternalisme c’est le corps de l’enfant qui appartient à la mère.
    Le femelisme occidental a dépossédé l’enfant de tout discernement et libre arbitre. C’est une projection de ce qui lui était reproché.
    Ce n’est pas ce que ces enfants subissent qui les accablent le plus mais bien ce qu’on leur dit qu’ils doivent ressentir. Qu’ils ne s’en remettront jamais et ça marche. Les jeunes homosexuels ont vécu ça (depuis la nuit des temps, merci à la mère des croyants…) et dans la seconde moitié du 20ème siècle ils étaient 7 fois plus nombreux à se suicider que les jeunes hétéros.. La société (hier l’église et aujourd’hui le femelisme) nous disent ce que nous devons penser, vivre et ressentir. La psy en alliée efficace.

    En regardant le débat suivant « le silence des églises », j’ai été sidéré d’entendre ce « gamin » de 40 ans, père de famille, dire « j’ai parlé à ma mère il y a deux ans pour savoir si je devais ou pouvais porter plainte ». Son corps ne lui appartient toujours pas.

    Il faut rendre son corps à l’enfant, l’informer des lois qui comprennent condamnations de l’adulte en cas de franchissement des interdits et basta. « De mon temps » l’âge de raison c’était 7 ans. Ça a changé ?

  • François ALLINE

    Alors mon père, on pratique la censure comme un vulgaire blog féministe ?
    J’ai été éduqué par les jésuites, maristes, dominicains et le séculier. Un prêtre, le père Kauffmann m’a appris à ne pas adhérer au doxa sociétale sans y réfléchir.
    On ne hurle pas avec les louves. C’est de la soumission. Il est vrai que l’église est une femme….
    Cette censure est minable.

  • Phil de Savoie