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Alleluia… envers et contre tout !

Publié le 27 Mar 2016 à 08:51 Foi 6 commentaires

Ces dernières semaines, ces derniers jours auront été bien sombres. Le mal – sous toutes ses formes – semble se déchaîner : un jour, les ténèbres viennent obscurcir le visage même de l’Eglise alors que les fautes lamentables de certains de ses fils sont révélées à tous. Un autre, c’est dans la violence aveugle des attentats que le mal se laisse découvrir. Encore un autre, c’est à travers telle ou telle épreuve que beaucoup d’entre nous peuvent traverser : annonce d’une maladie grave, difficultés dans un couple, perte d’un emploi, inquiétudes pour un enfant, difficultés scolaires, addictions, etc. sans parler des nos combats intérieurs, qui souvent ne cessent pas lors du carême, bien au contraire !

Jésus sait tout cela. Il est allé jusqu’au bout pour porter tout cela. Pour entraîner ce mal dans sa mort et le vaincre par sa résurrection. Pâques n’est pas une parenthèse pour « respirer » avant de « replonger » dans un quotidien difficile. Pâques change tout. Pourquoi ?

Le mal n’aura pas le dernier mot

Pâques ne vient pas supprimer le mal : nous en faisons l’expérience. Mais Pâques nous assure que ce mal n’aura pas le dernier mot. Que nos vendredis saints déboucheront eux-aussi sur un matin de Pâques. Pâques nous assure qu’au cœur même de ces épreuves, le Seigneur vivant nous rejoint pour que nous puissions grandir, avancer, nous accomplir. Il veut même se servir de ces épreuves et leur donner une mystérieuse mais réelle fécondité. Cette fécondité est la plus belle des victoires sur le mal. Une façon de le retourner. Ce qui devait nous détruire nous fait grandir, nous permet d’accueillir Jésus et participe à nous sauver.

De cette crise terrible autour des affaires de pédophilie, l’Eglise peut sortir grandie et plus rayonnante, en étant purifiée, en ayant saisi cette occasion pour manifester encore davantage sa douleur et sa compassion aux victimes, en ayant progressé dans leur accueil et leur accompagnement, mais aussi dans les mesures prises pour que jamais cela ne se reproduise. « La vérité vous rendra libres » dit Jésus dans l’Evangile de Jean. Faire la vérité peut ressembler à un chemin de croix. Cette vérité peut être crucifiante. Elle sera aussi féconde. Elle permettra à chacun de renouveler sa confiance dans l’Eglise, qui en sortira plus belle encore, au service de tous.

Il y aura des retrouvailles

De même, quand un pays est attaqué, c’est l’occasion pour lui de se rassembler. Il faut prier pour la Belgique, comme nous avons prié pour la France le 13 novembre dernier. Que nos peuples trouvent dans cette épreuve la force de se réapproprier leur culture, leur histoire, la foi au nom même de laquelle ils sont visés. Nous le savons, nous le croyons : depuis Pâques, la mort elle-même n’est plus une fin, mais le passage vers la Vie. Cela ne supprime en rien l’horreur de ces morts, de toutes les morts, ni la douleur de la séparation pour ceux qui restent. Cela nourrit simplement notre espérance : il y aura des retrouvailles. Il y a un grand Amour qui attend ceux qui sont tombés. Prions pour qu’ils puissent l’accueillir.

Dieu au coeur de nos épreuves

De même, chacune de nos épreuves peut devenir la faille par laquelle Dieu nous rejoint et vient nous visiter. Face à nos limites, dans nos fragilités, broyés par la souffrance, nous crions vers Dieu et nous le redécouvrons peu à peu à nos côtés. Alors, beaucoup de cœurs s’ouvrent et se laissent rejoindre. Certes la révolte est compréhensible : le mal reste un scandale. Et nos « pourquoi » sont légitimes. Mais Pâques nous aide à regarder de l’avant et nous offre l’espérance nécessaire pour avancer : ce que nous vivons n’est pas stérile, notre foi, notre charité, notre espérance dans les épreuves porteront du fruit. On passe du « pourquoi » sans réponse, au « comment » : comment je décide de vivre tout cela. Comment je veux avancer. Pâques m’assure que l’amour vécu jusqu’au bout n’est jamais inutile, mais sera toujours – d’une façon ou d’une autre – victorieux. Ces épreuves deviennent autant d’étapes sur mon chemin vers le Ciel.

Voilà pourquoi nous pouvons et devons, au cœur même de nos larmes, murmurer ou crier, chanter ou proclamer ce cri de victoire : Alleluia ! Ce chant fait trembler l’enfer : il rappelle au Mal – malgré son apparente puissance encore aujourd’hui – qu’il a définitivement perdu. Notre chant de victoire nous fait entrevoir l’aube de ce matin de Pâques, qui vient éclairer toute notre vie de l’intérieur et lui donner son vrai sens.

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À propos de l'auteur :

Abbé Grosjean

39 ans. Diocèse de Versailles. Ordonné prêtre en 2004. Curé de la paroisse de Saint-Cyr-l’École. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d'éthique économique pour le diocèse de Versailles. Auteur de "Aimer en vérité" (Artège, 2014) et "Catholiques, engageons-nous !" (Artège 2016).

  • Corentin de Beauregard

    Mon père,
    N’est ce pas de notre responsabilité de combattre ceux qui nous font du mal? Prenons l’exemple des terroristes, ne devons nous pas les combattre plutôt que de prier pour leurs victimes? Pour ma part je pense qu’il est tout aussi nécessaire de combattre que de prier. Moïse contre les Egyptiens, par la force de sa prière et grâce à Dieu, a triomphé des armées de pharaon, évitant à son peuple d’être esclave. Nous Catholiques devrions nous prendre les armes contre ceux qui veulent nous anéantir ou à l’inverse devrions nous rester passifs (du moins physiquement parlant)?
    Joyeuses fêtes de Pâques.
    Respectueusement,
    Corentin de Beauregard.

    • abbegrosjean

      Bonsoir Corentin.

      L’un ne doit pas empêcher l’autre. Bien sûr, il faut tout faire pour mettre hors d’état de nuire ces terroristes, les empêcher si possible de passer à l’action, les traquer et les condamner lourdement s’ils ont commis des atrocités. C’est alors de l’ordre de la légitime défense, qui devient même un devoir de défense, quand on a la charge, comme nos gouvernants, de protéger tout un peuple.
      Certains ont reçu cette mission et ce pouvoir d’utiliser la force pour assurer notre sécurité. Soutenons les et assurons les aussi de notre prière.

      • THOMAS

        Mon père,

        Savez-vous que nos politiques en orient ont contribué à faire 4 millions de morts musulmans? Savez-vous que la France , l’OTAN, nos alliés Turques, Saoudiens et Quataries finances et soutiennent, les rebelles et Daesh. Nous luttons soit disant contre des dictateurs laïc qui massacreraient leur peuple puis fournissons les armes aux « rebelles » avant de les aider avec nos bombes. Puis, les rebelles deviennent Daesh. Parallèlement, nos politiques en matière d’immigration nous mélangent avec un peuple si éloigné de nos mœurs sans faire la chasse à leur excès. Les puissants de ce monde sont sataniques, ils nous poussent à la guerre en orient puis en occident. Je vous invite à visionner les conférence de M. Pierre Hillard, pieu chrétien de surcroît. Bien à vous.

  • Ln Champagne

    Excellent !
    Pour moi que la santé empêche de sortir et qui suivrai cet après-midi la messe enregistrée ce matin sur France 2 si je ne suis pas trop fatiguée, c’est une belle homélie !
    Belle fête de Pâques à vous, prêtres du Padre blog (que j’ai découvert récemment) et à vous tous, frères et soeurs chrétiens, dans l’espérance qui (comme St Pie X le disait de la Providence) ne déçoit jamais !
    (Hélène, la cinquantaine)

    • Gh Fresch

      Pour répondre peut-être à votre question Ln Champagne : « L’espérance ne trompe pas, car l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’esprit Saint qui nous a été donné » c’est de Saint Paul (Rm 5, 5) ! Bonne fête de Pâques, malgré les soucis de santé !
      Merci pour ce post et votre blog !

      • Ln Champagne

        Merci à vous pour votre réponse et votre gentillesse. J’apprécie la bienveillance : belle attitude et joli mot, de même que la miséricorde : le coeur de Dieu qui se penche sur notre misère. Au point qu’Il s’abaisse jusqu’à devenir l’un de nous, d’abord caché, tout petit, dans le ventre d’une mère, puis venant au monde dans la pauvreté d’une étable (mystère de l’Incarnation). Au point qu’Il accepte d’être rejeté, méprisé, insulté et d’éprouver d’atroces souffrances jusqu’à mourir crucifié (mystères de la Croix et de la Rédemption). Au point de Se rendre pleinement présent, sous l’apparence d’un petit morceau de pain azyme et d’un peu de vin consacrés par les mains et les paroles d’un prêtre… pour demeurer avec nous plus intimement encore qu’avec sa parole, afin de nous transformer de l’intérieur, pour que nous Lui rassemblions de plus en plus (mystère de l’Eucharistie). Triple abaissement de Dieu en la personne du Christ. Nous n’aurons jamais fini de contempler l’amour de Dieu manifesté en Jésus, et de Le remercier… Mais comme Il a tout prévu, Il nous a créés pour l’éternité !
        Amen (oui, je le crois, c’est-à-dire que j’en suis sûre, car j’ai entièrement confiance en la parole de mon Dieu) ! Alleluia !
        Hélène