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« La confession » – le film

Publié le 06 Mar 2017 à 08:51 À lire, à voir 4 commentaires

Un film dans lequel le prêtre n’est ni un benêt, ni un pervers… osons le dire : ça fait plaisir ! « La confession », le film de Nicolas Boukhrief qui sort au cinéma ce 8 mars, est de ceux-là.

On y découvre la figure dynamique d’un jeune prêtre, curé de terrain bien dans ses pompes, donné à tous ses paroissiens, homme de foi et d’espérance pendant la période si troublée et tragique de l’occupation allemande.

L’histoire est celle qui avait déjà été présentée dans le film « Léon Morin prêtre » sorti en 1961 avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre ; il illustre d’ailleurs cet ancien article de Padreblog sur le célibat des prêtres. Alors qu’on pourrait s’y attendre, « La confession » ne traite justement pas du célibat des prêtres, et tant mieux. On sait combien ce célibat est signe de contradiction pour le monde et combien il est délicat pour ceux qui sont loin de l’Eglise d’en traiter avec pertinence.

« La confession » est avant tout l’histoire d’une femme, communiste convaincue, bouleversée par sa rencontre avec un témoin du Christ, authentique et crédible, qui se trouve être le jeune curé de son village. Sans dévoiler le scénario, on reste fasciné par l’assurance de cette paroissienne un peu atypique et la disponibilité sans faille du père Morin. Leur sens réciproque de la répartie donne lieu à des dialogues fort intéressants. On se prend même à ressentir la nostalgie du format ecclésial qui a façonné le terreau chrétien de notre pays et qui ne peut plus exister depuis longtemps : le fameux « un clocher, un curé ».

Une réserve toutefois : le fait que jamais le père Morin ne soit montré en train de se ressourcer auprès du Seigneur, que ce soit dans la prière, la liturgie des heures ou l’oraison. Un autre point, mineur cette fois, m’a aussi fait sourire : ce jeune prêtre du début, en costume démodé et terne, avec sa croix à la boutonnière ; car je n’ai pas l’impression que les jeunes prêtres s’habillent ainsi désormais…

Les débats ne manqueront pas de naître pour commenter le zèle apostolique du héros du film qui s’accompagne de réelles imprudences, probablement dictées par sa (trop ?) grande générosité. Qu’on se rassure cependant, le père Morin reste heureusement fidèle à la grâce de son ordination.

Lorsque le film se termine, on éprouve une impression générale, heureusement partagée par la grande majorité des prêtres de France (et l’auteur de ces lignes !) : le don de lui-même, à tous et pour tous, rend un prêtre heureux. Et la foi rend heureux. Vraiment.

[Sortie du DVD du film : été 2017].

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À propos de l'auteur :

Abbé Amar

43 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit, Master de théologie, il est curé de la paroisse de Limay-Vexin (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016). Depuis 2013, il anime l'émission "un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame (FM 100.7).

  • Yves

    Merci pour votre retour, car avec l’annonce et la bande annonce, on a plutôt l’impression que le prêtre va faire un écart de son sacerdoce…

  • Sophie Delpit

    Et que dire de l’affiche qui porte volontiers à confusion !

  • Elisabeth

    Un article décevant… J’étais heureuse de voir que vous écriviez au sujet de cette nouvelle adaptation mais votre article reste un peu superficiel à mon sens. Pourquoi ne pas davantage parler du film de Melville ? Et surtout, pourquoi ne pas même mentionner le roman de Béatrix Beck qui reçut le prix Goncourt en 1952 ? Pourquoi n’être pas allé plus loin ? Il y a tant à lire sur cette histoire !

  • Myriam

    J’ai très envie d’aller voir ce film ! Les débats croyants vs non-croyants m’intéressent énormément, c’est tellement enrichissant ! Merci pour cet éclairage.