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Laurence ROSSIGNOL sur Padreblog

Publié le 05 Fév 2017 à 16:34 Politique, Vidéos 11 commentaires

Madame la Ministre Laurence ROSSIGNOL sur Padreblog. Un entretien exclusif et un échange respectueux sur des sujets sensibles.

Pour accompagner la vidéo de l’entretien accordé par Laurence Rossignol, il nous a semblé intéressant de partager avec vous quelques éléments de décryptage et les enseignements que nous en tirons.

Pourquoi inviter Madame Rossignol ?

Il est toujours plus confortable de dialoguer avec ceux qui pensent comme nous. Mais si nous ne parlons qu’avec eux, l’Eglise ne serait qu’un club de gens qui se fréquentent. Parce qu’il est avant tout un disciple du Christ, le prêtre est un homme de rencontres. Nous croyons même que seule l’Eglise peut dialoguer avec tous sans perdre son âme.

Combattre les idées, jamais les personnes

Dans cet échange avec Madame Rossignol, les points de désaccords ne sont aucunement évités. Avec d’autres figures politiques de premier plan, elle a été l’un des acteurs de la déconstruction qui nous a fait (et continuera) de nous faire réagir. Lors de débats à l’Assemblée Nationale, elle a manifesté une grande virulence contre ceux qui se sont opposés à son projet de loi – liberticide – de délit d’entrave numérique à l’avortement. Dans une démarche inédite, nos évêques avaient alerté le président de la République pour s’en émouvoir. Cette virulence nous a blessés. Comme elle le dit elle-même, nous continuerons de combattre les idées de Madame Rossignol non pas seulement parce qu’elles heurtent nos convictions de croyants mais aussi la simple vérité scientifique. Mais nous ne combattons pas Madame Rossignol. Rien ne justifiera jamais l’insulte ou la caricature, même si nous en sommes nous-mêmes parfois les victimes. Il y a des combats à mener, il y a aussi une manière de les mener, de la simple politesse ou l’élégance jusqu’à, parfois, l’héroïsme. A l’occasion d’une ancienne polémique, nous tirions cette conclusion : « Fidélités à nos convictions, respect et ouverture aux personnes. Courage pour dénoncer le mal, audace pour construire. Lucidité et bienveillance, exigence et miséricorde. Force et douceur ! Il faut maintenir à chaque fois l’équilibre. La ligne de crête est rude à tenir. Elle est pourtant le seul chemin qui convienne aux chrétiens que nous sommes ». Nous n’en retirons pas un seul mot.

Des enseignements à en tirer

A dire vrai, au cours de cet entretien, aucun des deux ne semble convaincre l’autre. Mais est-ce seulement possible ? Ce n’est pas en vingt minutes, et encore moins sur un plateau télé, qu’on change de convictions !  Mais l’entretien est révélateur de ce qui nous sépare, comme de ce qui peut nous rapprocher. Qu’on nous permette cependant de tirer trois enseignements de cette rencontre inédite… qui en annonce d’autres :

  • Il nous faut travailler ! Nos contradicteurs sont souvent des hommes et des femmes de talents, avec une cohérence de pensée et d’action. Il serait trop facile de les enfermer dans des clichés réducteurs, une vision quelque peu binaire du « tous nuls et tous pourris ». On n’accède pas aux plus hautes responsabilités de l’Etat sans talent, ni travail, ni compétence. Cela nous oblige : à nous de travailler, pour savoir rendre compte de l’espérance qui nous anime, expliquer nos convictions, discerner la façon de les mettre en œuvre concrètement. On ne peut se contenter de râler : il nous faut travailler et nous engager. Madame Rossignol l’affirme avec raison : les idées peuvent changer le monde. Comment lui reprocher d’y croire, et d’agir en conséquence ? A nous de le croire aussi, avec autant de constance et de force : nos idées à nous peuvent aussi changer le monde ! Encore faut-il que nous les portions avec courage, talent et compétence pour que nous puissions faire l’histoire, comme nous y encourage le Pape, et pas seulement regarder la partie se jouer sans nous.

 

  • Des points de convergence sont possibles. Un regard chrétien sur les personnes consiste à ne pas se décourager d’en trouver, sans nier les désaccords qui demeurent. Le dialogue franc, respectueux et ouvert peut progressivement conduire à un bien commun possible, qui n’est pas la simple juxtaposition ou la somme des intérêts particuliers. Ainsi, la proposition de Madame Rossignol de combattre le fléau de la pornographie est une révélation exclusive, qui n’a jamais été dite sur aucun média. Ce faisant, elle accepte de se lancer dans un combat courageux contre l’industrie du porno. C’est une véritable bataille, dans laquelle nous pourrions accepter d’unir avec elle et d’autres nos forces et nos moyens. Les chrétiens doivent manifester autant d’énergie à dénoncer le mal qu’à encourager et soutenir ce qui se fait de bien, quelle que soit l’étiquette politique des personnes. C’est un devoir de cohérence et de liberté.

 

  • L’Eglise est attendue ; les chrétiens sont attendus. Nous avons une place singulière dans le débat national. C’est peut-être, entre autres, pour cette raison que Laurence Rossignol a accepté cet échange et nous la remercions une nouvelle fois. L’Eglise n’est pas un lobby qui défend ses intérêts ou une idéologie qui veut soumettre des adeptes à sa cause. Elle a une liberté de parole qui intrigue, interroge et interpelle. Elle dit ce qu’elle pense : « c’est son droit, peut-être son devoir » disait un jour Manuel Valls, à l’époque premier Ministre. Elle veut être « sel de la terre » et croit qu’il y a dans tout homme, toute femme une dimension spirituelle dont il faut prendre soin, un appel à croire, aimer et servir qu’il faut mettre à jour.

 

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  • Ariane Bft Chabassol

    La rencontre était osée ! Mais elle en valait la peine et cela donne un résultat réellement détonant sur ce sujet « grave et douloureux »… Merci les padre bloggeurs !

  • A-D

    Comme quoi féminisme contemporain et morale religieuse ne s’entendent pas s’y mal que ça. Ils tombent même en accord sur la morale à appliquer pour la population.

  • Boncourt

    Un échange qui aurait pu être encore plus beau sans les interruptions trop fréquentes à mon goût de Mr l’abbé Grosjean, et les dernières questions peut utiles sur les figures de l’Eglise catholique et sur les « ressentis » de l’assassinat du prêtre, étant donné que Mme Rossignol n’est pas catholique, sans lesquelles le débat sur l’avortement aurait être pu davantage approfondi.

  • Paul

    La « Ministre » dit qu’il faut lutter contre la Pornographie qui serait l’avilissement de la femme ? etc etc etc C’est une vision personnelle et qui n’à pas à être imposée aux autres attendu que les personnes qui participent à cette « industrie » sont majeurs et rémunérés pour cela.. Ensuite que les gens aient une sexualité « diverses, variées, et différentes » si c’est entre adultes CONSENTANT… c’est leur affaire et certes pas celle de l’état… Que l’on lutte contre l’exploitation sexuelle (ou au travail) des enfants, des faibles et des opprimés OK…. (et la liste est longue…) mais l’hypocrisie ça suffit comme ça… Qu’elle nous fiche la paix… (de toute façon dans quelques semaines elle ne sera plus ministre de quoi que ce soit… Bref..

  • Laurence

    Échange très intéressant et un débat dans la sérénité, Mme Rossignol est remontée dans mon estime! Cependant, Père Grosjean, lorsque vous rappeler à plusieurs reprises le rôle éducatif de l’Eglise dans la vie sexuelle et affective, pourquoi n’allez-vous pas jusqu’au bout en parlant de chasteté, des plus jeunes notamment? Mme Rossignol appelle de ses voeux la promotion du préservatif par l’eglise, soit, mais la chasteté n’est-elle pas la meilleure contraception qui soit si la femme ne veux pas d’enfant, comme elle se plait à le dire !

  • Ermort

    Entrevue intéressante…
    La dame est sourde volontairement, apparemment. Elle dit ne pas croire au fait que des femmes aient été forcées à avorter… elle n’est jamais sortie de chez elle.
    Elle s’empêtre dans la contradiction…

  • Aurélie

    Mme Rossignol a accepté l’invitation du padreblog et c’est franchement tout à son honneur. Pour ma part, cet échange conforte mon opposition aux idées défendues par ce gouvernement. Un point important m’a interpellé encore une fois dans la bouche d’un pro ivg (déjà entendu chez M. Mélenchon) : des cellules vivantes embryonnaires ne deviennent un être humain si et seulement si la société etdonc ses parents lui en reconnaissent la qualiteé. C’est pourquoi sur les paquets de cigarettes on parle d’enfant dès le début de la grossesse et que Mme Rossignol ne parle d’enfant que dès lors que la grossesse est désirée ou decidee d’être menée à terme. Il y a semble t il un contre argumentaire à développer sur le sujet.

  • Myriam

    Bravo pour cet échange. Ces sujets sont très lourds et amènent souvent à de grands désaccords. Mais vous avez su relever les points d’accords et regarder ce qui vous rassemblait. C’est comme cela que j’aime l’Eglise, ouverte sur les autres et sur le monde.

  • jean

    Père, Je ne comprends très bien l’intérêt d’avoir donné une tribune supplémentaire à cette dame qui n’a fait qu’assener son discours habituel. Qu’avons-nous appris ? Rien ! Vous aviez même du mal à mener l’ « échange » tant elle maitrise parfaitement et supérieurement la dialectique au service de son erreur. Elle livre sa hargne sur VOTRE plateau contre l’Eglise accusée de ne pas prôner la contraception et sans que vous réagissiez. Vous le faites, en plus, à une période où elle peut se targuer de sa « victoire » contre les chrétiens engagés dans le travail de dissuasion à l’IVG via internet et menacés par sa loi inique sur le délit d’entrave. Non, les chrétiens ne sont pas « attendus dans le débat national » ! Non, vous n’êtes pas « attendu » ! Vous devriez savoir que, nous chrétiens, nous livrons un COMBAT temporel et spirituel et non une conversation courtoise entre gens intelligents, éloquents et cultivés. On dialogue bien sûr avec les personnes mais on ne peut pas mettre sur le même plan ( le même plateau…) la Vérité que vous devez enseigner et le mal qu’il faut éviter de développer. On doit travailler sans cesse à réfuter les erreurs et à exhorter au Bien. Vous entretenez l’illusion d’une convergence ambiguïté par votre candeur à l’égard des personnes que vous faites venir pérorer à votre micro au lieu de les inviter à vous écouter en train d’annoncer l’Evangile de La Vie.

  • Al DC

    Merci pour cet échange, quel bel exemple du christianisme, même si Mme Rossignol n’avoue pas que l’avortement doit être évité à tout prix, on sent bien que son argumentaire ne tient pas, en premier lieu scientifiquement. Je pense qu’au lieu de creuser le fossé droite-gauche, la presse devrait favoriser les rapprochements et les points d’accord, cela pourrait contribuer à réparer la fracture sociétale que nous vivons.

  • zaz

    Très belle discussion, bravo à l’Abbé Grosjean de l’avoir posé, et à Mme Rossignol d’y avoir participé.

    Une phrase qui m’a marqué (concernant la sexualité) : « Vous allez trouver des courants marginaux qui vont vous suivre et vous donner l’impression que vos idées reprennent de la vigueur, mais pour autant la grande majorité, y compris des chrétiens ne vous suit pas sur ces sujets là. ».
    Ce n’est bien sur pas parce que la majorité n’est pas d’accord que l’on se trompe, mais en tout cas cela devrait appeler à approfondir ses positions.

    @Laurence, lorsque vous interrogez : « pourquoi n’allez-vous pas jusqu’au bout en parlant de chasteté, des plus jeunes notamment ? »
    => Je vous donne mon avis : si le père Grosjean n’en parle pas, c’est parce qu’il sait que l’Eglise est devenu quasi inaudible sur le sujet, sauf peut-être dans les « courants marginaux » dont parle Mme Rossignol.

    Et c’est d’autant plus dommage que nous avons pourtant depuis St Jean Paul II un formidable message à faire passer concernant le sens de la sexualité.