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Agir en chrétien

Publié le 16 Avr 2013 à 23:09 Société 36 commentaires

Vous êtes nombreux à nous demander des critères de discernement pour prendre part à la mobilisation contre le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.

Le climat s’est encore alourdi. Sentant l’opinion publique se retourner, le gouvernement accélère et choisit en effet de passer en force.

Cette accélération est une nouvelle erreur que dénonce sévèrement le Cardinal Vingt-Trois : « que tous les moyens aient été mis en œuvre pour éviter le débat public, y compris dans le processus parlementaire, peut difficilement masquer l’embarras des promoteurs du projet de loi. Passer en force peut simplifier la vie un moment. Cela ne résout aucun des problèmes réels qu’il faudra affronter de toute façon » (discours aux évêques de France du 16 avril 2013 à Paris).

Les contacts que nous avons le confirment : ceux qui nous gouvernent ne comprennent pas cette mobilisation spontanée, populaire et désintéressée. Quelles sont ces foules qui ne descendent pas dans la rue pour défendre des intérêts particuliers – leur salaire, leur emploi, leur école – mais le bien commun, un modèle de société dans lequel l’intérêt de l’enfant prime, dans lequel l’altérité et la complémentarité homme/femme sont reçues comme des richesses et non des limites à effacer ? Voilà une des raisons qui explique d’ailleurs pourquoi cet immense élan ne retombera pas, en dépit des défaites apparentes ou ponctuelles.

Voici trois critères qui nous semblent essentiels pour prendre part au vaste mouvement de résistance pacifique qui se lève dans toute la France

1.    Le choix résolu de la non-violence

– Une colère légitime

Oui ce projet de loi est violent : selon les mots de Madame Taubira elle-même, c’est un changement de civilisation. Il est imposé à tous et aux plus fragiles en particulier : les enfants qui seront privés de la complémentarité père/mère. La violence réside aussi dans la façon dont il a été imposé : refus d’états généraux de la famille, refus de la saisine du CESE, refus de véritables auditions, refus d’un débat parlementaire authentique… jusqu’au mini putsch législatif des derniers jours.

Le déni et le mépris de ceux qui nous gouvernent accentuent ce sentiment de violence. Incapable de trouver les mots pour reconnaître une immense foule de manifestants pacifiques et la légitimité de leur démarche, le gouvernement a préféré caricaturer et amalgamer, se servant d’une infime minorité d’agités pour oublier tous les autres.

Cette violence suscite l’inquiétude, l’exaspération et la colère.

Inquiétude douloureuse de voir la famille fragilisée, de constater que l’idéologie du gender gagne du terrain, de pressentir le prix que vont payer les générations à venir. Exaspération d’être caricaturés, ignorés, méprisés par ceux qui devraient être les « gouvernants de tous » et qui promettaient d’être rassembleurs. Colère face à une répression disproportionnée, réservée en temps normal aux casseurs et aux violents. Cette colère est légitime ; elle ne doit pas pour autant submerger notre raison et nous faire renoncer à l’exigence d’agir en chrétiens. Qu’est-ce que cela veut dire ?

– La non-violence, exigence et atout

Nous faisons le choix résolu de la non-violence. Car nous combattons une idéologie et non des personnes ! Personnes que l’Evangile nous demande d’aimer. Ce point est essentiel. La détermination et la fermeté ne doivent pas s’unir avec la haine de l’autre. Et si la non-violence est certes un combat intérieur difficile, il est aussi libérant. Ce choix nous protège contre nous-mêmes, contre la colère qui pourrait nous aveugler et tout submerger.

Tugdual Derville souligne souvent que ce choix est aussi notre plus bel atout. Par le choix assumé de la non-violence, Gandhi a fait reculer l’Empire Britannique et Lech Walesa a fait tomber la dictature communiste. Tous deux y risquaient leur vie. Dans un cadre démocratique comme le nôtre, la non-violence nous fera gagner les cœurs et les intelligences de ceux qui nous regardent.

Cette non-violence s’accompagne d’un respect des personnes. On ne réduit jamais une personne à ses actes – mêmes mauvais – ni à son vote. On distingue aussi une personne et sa fonction. Autant il semble légitime de manifester (pacifiquement) lors de la venue d’un ministre ou auprès d’élus dans le cadre de leurs fonctions, autant il paraît essentiel de respecter leur famille en ne les impliquant dans aucune action, même pacifique. On pourrait enfin parler du respect des biens. Même en temps de crise, la morale chrétienne s’impose à nous.

2.    Le choix résolu de la vérité

La fin ne justifie pas les moyens. Pour un chrétien, le mensonge est toujours impossible. Dans un climat tendu, sur des réseaux sociaux si prompts à s’enflammer, on ne peut jamais manipuler la vérité, ni même l’arranger, encore moins la trahir. Là encore, il faut savoir résister à l’envie d’une efficacité immédiate, obtenue par des moyens qui ne riment pas avec « chrétiens ». Ni amalgame, ni généralisation, ni rumeurs, ni diffamation ! Le respect des faits. Cela suffit, si nous sommes convaincus de la justesse de ce que nous défendons.

Cela nous impose aussi de prendre le temps du discernement avant d’agir ou de relayer une information et un appel. Il ne suffit pas d’avoir raison pour agir. Est-ce que cela sert le bien commun ? Est-ce que cela respecte les personnes ? Est-ce que je suis dans le vrai ? Quelle intention réelle m’anime ? On s’auto-justifie si facilement ! Prendre le temps de demander conseil est primordial, surtout quand on est en colère ou dans la tourmente.

3.    Le choix résolu de l’engagement

Dieu se sert des évènements. Que veut-il nous faire comprendre à travers ces heures si particulières que vit notre pays ? Le Cardinal Vingt-Trois suggère deux pistes :

–       Raviver notre désir de conversion personnelle

 La fécondité de nos actions se joue d’abord en nous-même. Ce sont les saints qui changent le monde en profondeur et dans le bon sens ! D’où l’exigence d’une conversion intérieure.

Concrètement, cela veut dire que plus je suis amené à m’engager dans l’action, plus il est vital que je prenne le temps de la prière et de recevoir les sacrements. Là encore, l’enjeu est d’éviter l’activisme vain, l’agitation qui n’est qu’une fuite de soi-même ou de son devoir d’état, afin de se construire en homme ou femme de conviction, capable de durer dans l’engagement, assez libre intérieurement pour vivre cet engagement comme un service et un don de soi.

Plus on se mobilise, plus on comprend l’importance de l’exemple que l’on donne au quotidien. Il en va de notre crédibilité dans la durée et du rayonnement de notre idéal.

« C’est dans ce contexte général que nous devons réfléchir aux conditions de la nouvelle évangélisation. Pour vivre dans notre différence sans nous laisser tenter par les protections trompeuses d’une organisation en ghetto ou en contre-culture, nous sommes appelés à approfondir notre enracinement dans le Christ et les conséquences qui en découlent pour chacune de nos existences. À quoi bon combattre pour la sauvegarde du mariage hétérosexuel stable et construit au bénéfice de l’éducation des enfants, si nos propres pratiques rendent peu crédible la viabilité de ce modèle ? À quoi bon nous battre pour défendre la dignité des embryons humains, si les chrétiens eux-mêmes tolèrent l’avortement dans leur propre vie ? À quoi bon nous battre contre l’euthanasie si nous n’accompagnons pas humainement nos frères en fin de vie ? Ce ne sont ni les théories ni les philosophes qui peuvent convaincre de la justesse de notre position. C’est l’exemple vécu que nous donnons qui sera l’attestation du bien-fondé des principes » 

 –       S’engager

Dénoncer ne suffira pas. Cultiver une mentalité de ghetto serait renoncer à changer le monde : une vraie désertion ! Ces évènements nous offrent l’occasion de réfléchir à notre vocation et à nos engagements sur le long terme.

 « La pointe du combat que nous avons à mener n’est pas une lutte idéologique ou politique. Elle est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons : plus que de dénoncer, il s’agit de s’impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. » 

 Voilà notre espérance de prêtres, en particulier en voyant la générosité des jeunes générations, qui s’engagent de toutes leurs forces pour défendre la famille et les droits des enfants. Associations, politique, éducation, médias, entreprise, fonction publique, vie consacrée… que l’expérience que nous vivons en ce moment soit fondatrice d’engagements de vie, au service de la Vérité, du Bien commun et des plus fragiles. Que dans cinq, dix ou quinze ans on puisse voir dans des vies engagées les fruits durables de la mobilisation des jeunes d’aujourd’hui. Que nul ne fasse l’impasse de cette réflexion. Elle porte et assure la victoire de demain.

Les Padre

NB : les citations sont tirées du discours du Cardinal Vingt-Trois du 16 avril 2013, à l’occasion de l’ouverture de l’Assemblée plénière des Evêques de France. Discours qu’on pourra lire ici

On peut aussi lire avec intérêt les propos de Tugdual Derville sur ce sujet ici

À propos de l'auteur :

Abbé Grosjean

39 ans. Diocèse de Versailles. Ordonné prêtre en 2004. Curé de la paroisse de Saint-Cyr-l’École. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d'éthique économique pour le diocèse de Versailles. Auteur de "Aimer en vérité" (Artège, 2014) et "Catholiques, engageons-nous !" (Artège 2016).

  • Yan__EL

    Une exigence de non-violence oui, mais enfin c’est pas grave si la Frigide voit Philippe Vardon bras tendus hein ? Je ne suis pas mécontent d’avoir fait ma demande d’apostasie.

  • merci pour votre article qui nous recentre sur l’essentiel face à ce probleme de société qui enflamme et échauffe notre esprit. Que la paix soit avec nous et en nous dans notre volonté de protéger la famille.

    • Jérôme

      Que la paix soit seulement avec vous et non pas avec tout le monde ?!

      Les catholiques sont-ils toujours chrétiens ou en dérive sectaire ?…

  • Alain Fabre

    Merci, Père de ces propos lucides, courageux qui appellent à l’espérance. Le mouvement qui se manifeste en France est la meilleure manière de dénoncer tous les déterminismes devant lesquels nous devrions nous incliner. Au moment où le Pape nous appelle à un sursaut évangélisateur, voilà que le « surmoi » chrétien des Français refait surface. Quel hommage à toutes les générations de croyants qui nous ont précédé depuis Ste Blandine ! Si nous parvenons à stopper cette loi inique, la France deviendra un signe et une lumière pour le monde entier. Et peut-être sera-ce un coup d’arrêt à toutes ces lois à travers le monde qui diffusent la civilisation de la mort.

  • T D

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », mon Père. La loi donne un cadre, la religion est libre d’en donner un autre. Je trouve dommage que l’Eglise fasse sans arrêt des procès en moralité de la gauche. Les Pays-Bas, qui ont légalisé le mariage et l’adoption pour tous, est-ce l’Enfer pour vous?

    Il y a malheureusement une rupture de plus en plus forte entre l’Eglise et les jeunes (et même si vous êtes plus jeune que moi, vous n’êtes que l’arbre qui cache la forêt d’une Eglise vieillissante). J’étais de gauche et catholique, mais c’était avant. Aujourd’hui je suis de plus en plus de gauche et de moins en moins catholique (dommage car dois-je vous rappeler que l’enseignement du Christ était basé, outre sur la séparation du politique et du religieux, sur le partage des richesses? le dépassement de soi? la rémission des péchés? le rejet des marchands du temple, exploitant le sacré pour le profit privé? Tant d’idées qu’on trouve plus à mon point de vue chez la gauche « amorale » que chez la droite « libérale »?). A qui la faute? La votre, hélas.

  • lulu

    merci! merci! merci!

  • Un grand merci! Cela remet bien les choses en place et permet de prendre du recul par rapport à toutes les actions proposées!

  • Pingback: Agir en chrétien | L'aventure chr&eacute...()

  • B B

    Mon cher Monsieur, j’ai bien l’impression que vous faites vous aussi un sacré procès à l’Église. En ce moment, on entend beaucoup cette phrase du Christ que vous citez:
    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
    Peut-être pourriez-vous aller faire un tour en Iran ou dans les pays arabo-musulmans pour comprendre ce qui se cache réellement derrière cette phrase.

    L’Église ne se comporte pas en « César », elle ne légifère pas, elle donne son point de vue et je ne vois pas pourquoi cela dérange autant. Elle est tout à fait légitime, elle représente la masse des catholiques pratiquants. Vous en connaissez beaucoup vous des organisations qui rassemblent tous les dimanches des millions de personnes aux 4 coins du monde.

    Pourquoi parlez-vous de rupture forte entre l’Église et les jeunes? Avez-vous mis les pieds dans une église récemment? Avez-vous entendu parlé des JMJ? Vous êtes vous déjà rendu dans des lieux comme Taizé?
    Votre discours est bien beau mais il sonne creux: « gauche amorale », « droite libérale » qu’est-ce que vous mettez derrière ces mots?
    Pour l’Église le plus important c’est l’humain voila tout.

    Vous rejetez la faute sur ce pauvre Abbé qui donne sa vie en service à ses frères et sœurs et qui exprime sa croyance la plus profonde. S’il vous plait, en bon chrétien, je vous demande de le respecter au lieu de l’attaquer et de l’amalgamer au regard généraliste et déshumanisant que vous portez sur l’Église.

    Je prie pour vous.

    • Pas de désaffection de la jeunesse française (et européenne) pour le catholicisme et encore plus pour l’Eglise ? oups…

      « Seulement 23 % des Français se reconnaissant comme catholiques ont moins de 35 ans, contre 30 % dans la population française. Inversement, les plus de 50 ans représentent 50 % de l’échantillon, contre 42 % dans la population totale. Pour le noyau dur, les pratiquants, la différence est encore plus marquée : 65 % ont plus de 50 ans. »

      http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/08/15/les-catholiques-de-france-une-population-vieillissante_1228868_3224.html

      Bien sûr que la jeunesse européenne est de moins en moins croyante et encore moins pratiquante, c’est pas un secret. Et elle a ses raisons, surtout quand on voit l’énergie que l’Eglise catholique déploie pour rester à tout prix en dehors de son temps (mariage gay, contraception, ordination des femmes, etc.). Je n’ai par ailleurs jamais mis les pieds à Taizé, et Dieu m’en garde !

      PS : il est beau (pour ne pas dire effarant) de lire quelqu’un qui accuse le commentaire précédent « d’amalgamer » un prêtre (emploi étrange du verbe…) après avoir lui-même englobé l’ensemble des pays « arabo-musulmans » dans une allusion aux Etats islamistes. Bien joué, c’est très fort !

      • Hervé

        Vous confondez état des lieux et évolution. Pour qu’il y ait désaffection, il faudrait considérer l’évolution de vos indicateurs au fil du temps et pas se contenter d’un instantanné. Vos chiffres ne disent pas que les jeunes sont de moins en moins catholiques. Ils peuvent tout simplement être interprétés comme « Avec l’age, on se dit de plus en plus catholique » (ce qui peut s’expliquer par la maturité, la plus grande disponibilité, la découverte de la vie, les épreuves,…).

      • B B

        Désolé pour l’emploi étrange du verbe « amalgamer », je ne voulais pas vous choquez mais je pense que je me suis fait comprendre.

        Par contre je n’ai pas fait d’amalgame, c’est vous qui avez mal interprété mon propos. Je m’excuse c’est peut-être de ma faute, j’aurais dû écrire:
        « Peut-être pourriez-vous aller faire un tour en Iran ou « même juste » dans UN pays arabo-musulman pour comprendre ce qui se cache réellement derrière cette phrase. »

        En traduction, ce que je voulais dire c’est que cette parole du christ prend tout son sens dans ses pays là où les traditions et le religieux sont omniprésents.

        J’aurais pu citer d’autres pays mais il se trouve que j’ai vécu un certain temps au Maroc donc je préfère parler de ce que j’ai vécu.

        Merci pour votre remarque.

    • Jérôme

      Bonjour Monsieur,

      Bien sûr que les catholiques ont parfaitement le droit de s’exprimer mais en tant que citoyen et non pas en tant que religieux qui veut imposer à tout prix ses croyances.

      Je vous cite : »Pour l’Église le plus important c’est l’humain voila tout ».

      La Gauche prétend la même chose. Qui a raison ?

      Et pourquoi les catholiques méprisent tant les non-catholiques ?

      Merci.

      • B B

        Bonjour Monsieur,

        Je vous rejoins sur votre « pas en tant que religieux qui veut imposer à tout prix ses croyances ». Et perso je n’ai jamais soutenu d’arguments qui relevaient purement de la croyance et j’ai trouvé que l’Eglise en règle générale avançait des arguments qui avaient un sens.

        Qui a raison? Je ne sais pas mais le débat a le droit d’avoir lieu et les catholiques ont le droit de se faire entendre en tant que citoyen à travers la voix de leur représentant citoyen et religieux.

        Je suis catholique et je ne méprise pas les non-catholiques. D’ailleurs de manière générale, les catholiques que je côtoient ne sont pas des gens méprisants.

        Cela dit j’imagine que ça dépend des endroits, je n’ai jamais dit que tous les chrétiens sont des gens bons, gentils et parfaits.

        Bref merci pour votre réponse.

        • Jérôme

          Bonjour Monsieur,

          Merci à vous également. Cela me semble difficile pour un membre du clergé de faire la différence entre ce qui relève « purement » de la croyance ou pas. Puisque vous êtes persuadé que votre religion est la Vérité, vous regardez forcément le monde avec des lunettes qui ne sont pas les mêmes que les autres. Et ce phénomène se produit pour chacun d’entre nous. L’objectivité absolue n’existe pas. De fait, il est logique que vous trouviez du sens à vos propos. Mais pour d’autre, cela n’en a pas forcément, au contraire même. Par exemple, parler de « supercherie » ne me semble pas du tout un argument chrétien et encore moins rationnel.Surtout de la part d’un chef religieux que beaucoup considère comme un charlatant qui ne croit même pas en ce qu’il dit (pardonnez-moi d’être aussi direct).

          Soyons honnête, on ne peut pas dire que le débat a été libre au sein de la communauté catholique. Donc, les croyants ne se sont pas exprimés en tant que citoyen mais bien en tant que porte-parole d’une autorité qui s’impose à eux. Personnellement, je doute fort que les catholiques soient des Républicains convaincus mais bien au contraire, rêvent de rétablir la monarchie absolue de droit divin. Ce qui peut expliquer une certaine virulence de la part des Laïcs.
          Bien sûr, vos arguments doivent être entendus. Mais en ce qui concerne les dernières manifestations, si le fond était recevable, la forme a été abjecte et diabolique ! Que de mépris pour l’Humain ! Je plains de tout mon cœur les homosexuels catholiques qui sont poussés au suicide suite au rejet total de leur famille…

          Je vous crois volontiers qu’en vous dites que vous ne méprisez pas les non-catholiques. Mais ayant « une tournure d’esprit catholique », est-ce vous sûr de pouvoir distinguer ce qui peut l’être ou pas pour les non-catholiques ? Croyants ou pas, personne n’est parfait ! J’ai rencontré des catholiques très gentils que j’appellerais plutôt « chrétiens » que catholique car en ce qui me concerne, ce n’est pas du tout la même chose, et des catholiques qui me rejetaient parce que simplement, je n’étais pas comme eux. Au niveau de la croyance et aussi de mon niveau social. A croire, qu’ils ont lu une autre version de la bible. J’ai vu nombreux non-croyants qui si votre Dieu existe, les accueillerait à bras ouverts tant leur Humanité était exemplaire. Chacune des religions est persuadé de détenir la Vérité. Cela devrait nous interroger. Si vous étiez né en Europe du Nord, vous seriez sans doute un Protestant convaincu. Ceci pour dire que les croyances relèvent avant tout, du conditionnement familiale et social et non pas d’un libre choix. Je ne pense pas qu’en tant qu’Abbé, vous ayez moins de valeur que votre Évêque, autres cardinaux et même le Pape si sympathique soit-il. Alors pourquoi vous soumettre à une autorité qui se place entre vous et Dieu et qui défend avant tout des intérêts politiques plutôt que chrétiens. Je ne pense pas que Jésus se reconnaîtrait aujourd’hui dans la Droite conservatrice ! Les catholiques ont oubliés la miséricorde qui est l’essence du message du Christ…

          Aussi, par rapport au droit à l’expression des catholiques, que penseriez-vous si les laïcs manifestaient pour exiger de l’Eglise catholique le droit au mariage pour les prêtres ?? Ingérence sans doute ! Car si l’idée de se consacrer uniquement à Dieu est très belle, elle nie en partie son existence dans le sens où l’Amour du Christ vie aussi au sein des familles. C’est aussi à travers la personne de son époux ou épouse, des ses enfants surtout et autres membres de la famille, amis y compris que l’on rencontre Jésus. Et le célibat exigé par le clergé (uniquement, ce n’est absolument pas indiqué dans les Testaments) vous aliène et ne vous place pas en meilleure position pour ce qui est du conseil conjugal. Comment comprendre ce que l’on ne connait pas, ce que l’on ne vit pas , Est-ce réellement une dévotion à Dieu ou la volonté de l’Eglise de contrôler ses effectifs ?

          Pour finir, j’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut se reconnaître dans le catholicisme eu égard à l’héritage historique catastrophique qui vous a été légué…

          Monsieur, j’ai le Devoir de vous respecter et de vous aimer, non pas par obligation morale mais parce que je pense que c’est tout à fait normal en tant qu’humain. Est-ce que votre communauté est capable d’accepter mes différences et surtout, celle de ne pas partager vos points de vue ?…

          Je vous souhaite plein de bonnes choses et surtout de vous libérer de tous les carcans qui vous éloignent de l’Amour universelle 😉

          Cordialement, Jérôme.

          • B B

            Bonjour Monsieur,

            Vous m’avez écrit une réponse particulièrement longue.

            Permettez-moi de vous répondre
            en toute amitié:

            “Cela me semble difficile pour un membre du clergé de faire
            la différence entre ce qui relève « purement » de la
            croyance ou pas”.

            On pourrait en débattre longtemps, OUI l’objectivité absolue
            n’existe pas c’est évident tout comme on peut dire que “personne
            n’est parfait”, c’est le propre de l’homme. Cela dit la FOI et la
            RAISON ne sont pas incompatibles, on peut raisonner de manière
            correcte tout en ayant la FOI. Concernant le débat du mariage pour
            tous, je n’ai en aucun cas fondé mon raisonnement sur ma FOI
            catholique.

            “Soyons honnête, on ne peut pas dire que le débat a été
            libre au sein de la communauté catholique.”

            La communauté catholique n’est pas une
            communauté démocratique, le pape n’est pas élu au suffrage
            universel direct. Donc en un sens vous avez raison, il n’y a pas eu
            vraiment de débat sur ce sujet. Cela dit il y a eu des prises de
            position LIBRE. Il ne faut pas généraliser. Dans ma famille toutes
            les opinions se sont exprimées et jamais personne n’a été critiqué
            sous le motif de la FOI ou de l’Église. Concernant votre idée de
            monarchie ce n’est pas sérieux, j’imagine que vous avez dû beaucoup
            fréquenter les milieux tradi et je vous plains car ça n’a pas dû
            être drôle tous les jours.

            “Je serais très curieux de savoir comment est enseignée la
            période révolutionnaire de 1789 dans les écoles catholiques…”

            De la même
            manière que dans le public, avec les mêmes manuels scolaires.

            “la forme a été abjecte et diabolique ! Que de mépris pour
            l’Humain ! Je plains de tout mon cœur les homosexuels catholiques
            qui sont poussés au suicide suite au rejet total de leur famille…”

            Vous généralisez et c’est bien
            dommage. Est-ce que vous savez qu’il y a eu des mouvements
            homosexuels qui partageait l’avis de l’Église?

            Chacune des religions est persuadé de détenir la Vérité.
            […] Les catholiques ont oubliés la miséricorde qui est l’essence
            du message du Christ…

            Je vous conseille d’étudier un peu
            plus la position de l’Église vis-à-vis du sujet des autres
            religions. Je pense que vous avez une idée du fonctionnement de
            l’Église qui est en partie fausse. L’Église est un corps mais le
            Vatican n’est pas la tête. Il n’y a pas de “soumission”,
            l’Église n’est pas une mafia. Je pense que vous êtes très éloigné
            de la réalité. Allez discuter de tout cela avec le prêtre de votre
            paroisse, ça vous fera du bien.

            “Aussi, par rapport au droit à l’expression des catholiques
            […] la volonté de l’Église de contrôler ses
            effectifs ?”

            Sur le droit à l’expression et au
            débat, je vous ai déjà donné ma position, l’Église ne fonctionne
            pas de manière démocratique ce qui n’empêche pas les évolutions
            comme Vatican II par exemple. Concernant le mariage des prêtres, je
            pense que c’est un faux débat. S’il y a des gens qui veulent se
            consacrer à l’Église et mener une vie de famille, ils le peuvent
            très bien. Il suffit de devenir diacre et de s’investir dans sa
            paroisse. En revanche il existe des personnes qui veulent suivre
            Jésus tout comme les moines bouddhistes veulent suivre bouddha. Or
            Jésus a tout abandonné pour se consacrer à sa mission. De la même
            manière il est demandé aux prêtres de donner leur vie à l’Église.
            Il ne s’agit pas seulement d’abandonner l’idée d’avoir une famille,
            il s’agit aussi d’abandonner l’idée d’amasser des biens, de ne plus
            vivre comme bon vous semble. C’est difficile et c’est un idéal mais
            ce n’est pas inutile et c’est incompatible avec une vie de famille.

            De mon point de vue ce n’est pas
            étonnant s’il y a moins de prêtres aujourd’hui et je pense même
            que c’est un progrès. Il est très difficile de donner sa vie. Je
            pense qu’il était tout autant difficile avant mais je pense que
            malheureusement beaucoup de prêtres subissaient des pressions de
            leur famille et devenaient prêtre alors qu’ils auraient été plus
            heureux comme père de famille et diacre. L’important ce n’est pas le
            mariage des prêtres mais la liberté dans le choix de donner sa vie
            et bien discerner ce que l’on désire faire de sa vie. En ce sens je
            pense que l’Église a une attitude exemplaire. Il faut plusieurs
            années pour devenir prêtre et je connais des jeunes qui ont tenté
            le séminaire et qui ont vu que ce n’était pas pour eux.

            S’il y a moins de prêtre, cela ne
            m’inquiète pas pour l’avenir de l’Église, je pense qu’il y a
            toujours autant de personne qui dans le fond ont envie de suivre la
            vie de Jésus d’une manière ou d’une autre.

            “Pour finir, j’ai vraiment du mal à comprendre comment on
            peut se reconnaître dans le catholicisme eu égard à l’héritage
            historique catastrophique qui vous a été légué…”

            Les temps ont changé, l’Église a demandé pardon et reconnaît
            ses torts. Connaissez-vous une autre institution ou religion qui en a
            fait de même? C’est important de reconnaître son passé pour éviter
            de faire les mêmes erreurs et je vous remercie de me le rappeler.
            Mais justement je suis heureux de suivre une Église qui a conscience
            du mal qui a pu avoir lieu au sein de son Église et qui ne le cache
            pas. Maintenant il ne faut pas trop regarder en arrière sinon on ne
            peut pas avancer.

            “Est-ce que votre communauté est capable d’accepter mes
            différences et surtout, celle de ne pas partager vos points de vue
            ?”

            Oui et elle le fait tous les jours en essuyant les critiques qui
            pleuvent sur elle toujours à chercher le mal qu’elle a pu faire sans
            voir le bien.

            “Je vous souhaite plein de bonnes choses et surtout de vous
            libérer de tous les carcans qui vous éloignent de l’Amour
            universel”

            Merci je vous souhaite la même chose
            😉

  • Pingback: Agir en chrétien | fb27 Infos | Scoop.it()

  • disqus_451fwf2gNm

    Vos arguments : changement de civilisation, destruction de la famille, indifférenciation des sexes, etc. sont les mêmes que ceux qui furent utilisés – déjà par des prêtres – pour condamner autrefois le PACS, le divorce par consentement mutuel ou le travail des femmes (et leur sortie de la sphère domestique).

    Vos critique des procédures d’adoption de la loi, l’usage du mot « dictature », et la comparaison de votre combat avec celui de Gandhi, montrent que vous avez passé plus de temps à étudier la théologie que la science politique. Je trouve d’ailleurs cela plutôt heureux, et vous encourage – sur ce débat, comme sur les autres – à parler un peu plus de religion.

    Procurez vous le très bon dictionnaire d’éthique chrétienne, paru très dernièrement aux ed. du Cerf. Et lisez le avec acharnement. Je suis sûr que vous y découvrirez la nuance et la complexité qui manquent à vos propos.

    • Il n’y a bien que Christine Boutin et J-F Copé pour hurler au putsch législatif (rejoints par notre cher ami auteur de ce billet malheureusement) alors que les procédures ont été respectées et que le débat à l’Assemblée a été interminable, notamment car la droite tentait une obstruction avec acharnement.
      quant au vote à main levée au Sénat, c’est la procédure normale dans ce cas précis.

      • Jérôme

        Exactement ! L’esprit de la V ème république a été respecté autant que n’importe quel autre gouvernement depuis 1962.

        Si cela ne convient plus, passons à la VI ème. Cela permettrait sans doute une meilleures entente entre les Républicains de Droite et de Gauche.

    • Jérôme

      De plus, il ne me semble pas que le clergé et le Vatican soit des plus démocratiques.
      Encore moins les mouvements extrémistes comme Civitas (dont les membres semblent avoir un très grave problème psychiatrique).
      Alors avant d’insulter la République, il vaut mieux balayer devant sa porte.

  • Guillaume de Vigneral

    Bravo monsieur l’Abbé pour vos rappels qu’une démarche paisible (la violence du la novelangue actuelle) a été un succès en Inde et Pologne. Il serait fructueux de s’en inspirer en remarquant que les lois de ces deux pays n’avaient pas été respectées par leurs opposants. En effet la violence peut être légale. En résumé la non violence conduit à des actions illégales.

  • Merci pour cet article frappé au coin du bon sens !

    Une note d’il y a qq jours sur mon blog sur le même thème, basé sur ma lecture du compendium de la doctrine sociale de l’Eglise : http://bonnouvelles.blogspot.fr/2013/03/faut-il-resister.html

    Mêmes conclusions (ouf!)

    J’en retiens surtout deux choses : il faut essayer d’éviter un divorce trop marqué avec le gouvernement dont on a besoin pour tant d’autres choses en priant pour lui, et surtout, la Providence nous guide, il ne faut pas avoir peur de ce qui va se passer. A long terme, elle nous rattrapera… et peut-être même à moyen ou court terme !
    #onlacherien

  • Vous avez droit d’avoir des idées et des oppinions mais pourquoi les imposer à la terre entière? Votre vérité n’est pas celle de tout le monde!

    • Guest

      Et pourtant… personne n’échappe à la vérité même ceux qui n’y croient pas.

      • Jérôme

        Et de quelle vérité parlez-vous ?

  • mayeul

    merci mon père pour ce bel article qui recentre sur l’essentiel!

  • Musard’

    Petit 7/20.

    Je suis un peu atterrée très franchement.

    La règle de conduite catholique n’ est pas évidente à trouver. Et les padre n’ont rien de mieux à nous dire que de nous aligner sur Gandhi. C’est pas brillant brillant.

    voyez plutôt ce que disait le cardinal Bergoglio sur la question dont vous traitez aujourd’hui :“Ne soyons pas naïfs: il ne s’agit pas seulement d’un combat politique. Il y a [dans ce projet] la prétention de détruire le plan de Dieu”. Vous croyez vraiment que c’est le même combat ? Je pense vraiment qu’on peut réfléchir à partir de nos références chrétiennes, elles ne feront pas pâle figure. Et pas dit qu’on arrive aux mêmes conclusions…

    • Jérôme

      “Ne soyons pas naïfs: il ne s’agit pas seulement d’un combat politique. Il y a [dans ce projet] la prétention de détruire le plan de Dieu”.

      ça, c’est de la pure paranoïa et du fanatisme. ça fait peur !

  • Pingback: Et maintenant on va où ? | Thomas More()

  • Interessant, merci.

  • numero 712

    Mon père,

    Je rebondis sur vos propos : « que l’expérience que nous vivons en ce moment soit fondatrice d’engagements de vie, au service de la Vérité, du Bien commun et des plus fragiles. Que dans cinq, dix ou quinze ans on puisse voir dans des vies engagées les fruits durables de la mobilisation des jeunes d’aujourd’hui »

    Je vous rejoint car à mon sens, en moral politique, il convient de distinguer l’opportunité (moindre mal) et l’aspect éthique. Au plan éthique je ne suis évidemment pas d’accord avec la loi mais qui sait si elle ne va pas mettre davantage en valeur le mariage religieux en vidant le mariage civil ?

    A ce sujet là on peut voir l’exemple de la loi de séparation de l’état et de l’Eglise au début du
    siècle précédent et l’expropriation des biens de l’Eglise : cela n’a-t-il pas été, finalement, au bénéfice d’une spiritualisation de l’Eglise de France….

    A mon sens, Dieu gouverne le monde avec une inventivité et une audace incroyable, assumant notre liberté et se jouant de nos impasses.

    Souvenons nous à quel point il a pu semblé « fou » aux romains des premiers siècles que les chrétiens refusent l’infanticide de la part des parents comme un acte illégitime (voir http://jesusmarie.free.fr/diognete.html). Qui sait quelle voie le Seigneur vout nous faire prendre et à quel bien il saura nous ouvrir à travers l’éventuelle généralisation de l’IAD et de la PMA ?

    J’ai envie de croire qu’agir en chrétien c’est aussi n’avoir pas peur du monde et l’aimer malgré tout. « Père, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Que dans la prière nous sachions trouver une voie pour conformer nos vie à l’évangile, quitte à paraître « hors du monde » aux yeux de nos semblables.

    J’ai écris il y a quelques jours un billet sur le même thème. Pardonnez-moi mon immodestie que d’oser vous le proposer :http://numero712.wordpress.com/2013/04/19/la-rue-est-elle-legitime-pour-regir-le-debat-parlementaire/

    • Jérôme

      Il me semble que Jésus a dit aussi : « aimez-vous les uns les autres »…

  • God is love! Catholic blogwalking http://emmanuel959180.blogspot.in/

  • Jérôme

    Le Catholicisme toujours dans la contradiction permanente !

    Pardonnez-moi d’être aussi directe mais je vous trouve franchement de « mauvaise foi » dans vos propos et de ne pas vous appelez « Père » car vous n’êtes ni mon père biologique et encore moins Dieu.

    Non-croyant, je n’ai vraiment pas l’impression que vous êtes disposés à m’accorder ce droit le plus légitime. Il semble très difficile à vos yeux, pour ne pas dire impossible, d’imaginer qu’un être humain n’a pas nécessairement besoin d’avoir un chef tout puissant ou d’un manuel d’utilisation de la vie ordinaire pour indiquer ce qu’il doit dire et faire au
    quotidien.

    Il existe une grande majorité de personnes athées qui sont intellectuellement autonomes et tout à fait capables de porter des Valeurs humanistes. Ceci pour dire que vous n’avez pas le monopole de l’altruisme. Je dirais même que je me sens extrêmement mépriser par les catholiques simplement parce que je ne suis pas comme eux.

    Je me demande bien souvent où est le christianisme dans vos attitudes. J’ai l’impression que vous n’aimez que vous. Et constate que vous parlez du message de l’Eglise et non de celui du Christ. Ce qui n’est absolument pas pareil à mon sens. Cet amalgame que vous faites systématiquement entre catholicisme et chrétienté semble vouloir nier l’existence des Protestants, des Orthodoxes et coptes qui ne sont pas moins bons chrétiens que
    vous ! Ne ne vous êtes jamais dit que si le hasard (j’ose dire le mot) vous avez fait naître dans un pays limitrophe de la France tel que l’Allemagne ou la Grande-Bretagne vous seriez sans doute protestant car depuis tout petit on vous aurez inculquer ce dogme ?

    Non bien sûr car c’est la volonté de Dieu. Il n’y a plus déresponsabilisant comme expression pour se laver les mains de la réalité des Hommes. Vaut mieux fuir dans l’imaginaire, c’est beaucoup plus simple que d’assumer le concret, la vraie vie comme on dit maintenant.

    Vous parlez de confiscation du débat public mais il n’y en a pas eu au sein même de l’Eglise. Qu’auriez-vous dit et fait si le gouvernement avait organisé un referendum dont le résultat aurait été en faveur du mariage pour tous ?

    Vous parlez aussi de non-violence alors que le rapport de force n’est pas du tout en votre faveur. Les guerres de religions ont fait tant de mal qu’il serait très dangereux pour les anti-républicains que sont les catholiques de vouloir déclarer une guerre civile, d’autant plus que vous êtes très minoritaires. Même au 21ème siècle, vous semblez avoir du mal à
    admettre que la Monarchie de droit divin est définitivement terminée…

    Je partage vos propos au sujet du respect du Pouvoir. Oui, l’Eglise a soutenu la monarchie absolue et les dictatures d’Amérique du Sud pour s’accaparer une partie du Pouvoir.

    Vous parlez d’engagement mais sachez que je ne suis pas du tout disposé à me laisser imposer vos croyances qui relèvent plus de la superstition et qui n’ont aucun sens en ce qui me concerne. Je ne vous ferais pas l’injure de parler de supercherie si vous voyez ce que je veux dire. Chacun est libre de vivre comme il le souhaite dans la mesure ou il respecte la loi des hommes promulguées dans un cadre démocratique et non pas théocratique.

    Je peux très bien comprendre le point de vue des personnes qui s’opposent au mariage gay. Mais je me souviens aussi que des jeunes catholiques ont vociférer dans les rue de Paris : « les PD au bucher ! ». Là franchement, je n’entends pas du tout les belles paroles de tolérance envers son prochain. Bien au contraire ! Cela n’est pas l’expression
    d’une opinion mais des injures et des menaces qui tombent sur la coup de la Loi. Est-ce que les non-croyants manifestent à hurlant : « les cathos à la guillotine » ? Ou est-ce que les non-croyants manifestent pour exiger le mariage des prêtes pour protéger les enfants contre la pédophilie ? Comment expliquez-vous qu’il y a beaucoup plus de cas d’abus sur les enfants que dans L’Eglise catholique que toutes les autres religions ???
    Vous diriez sans doute mais de quoi se mêlent les mécréants ?! L’inverse est tout aussi logique. Respecter la laïcité ! Ce n’est pas difficile à comprendre, n’est-ce pas ? Brandir la bible comme l’a fait Madame Boutin en plein hémicycle de l’Assemblée nationale est une grave offense à la République. C’est comme si j’avais montrer mes fesses en pleine affluence au Sacré-Cœur. ça vous dirait comme spectacle ?

    J’ai vu dans ces manifestations des visages de haine digne du diable ! Et même de la part de certains membres du clergé. Où est la cohérence avec vos propos ? Cela ne vous dérange t-il pas ces mouvements extrémistes catholiques ?!? Est-ce cela la « conversion personnelle  » dont vous parlez ? Votre Dieu a dû se suicider en voyant ça !… Je n’ai vu que des jeunes fils et filles à papa éduqués à mépriser les autres jeunes de condition
    sociale dite : « inférieure ». (Il ne faut surtout pas se mélanger avec le petit peuple. C’est bien trop sale pour vous). Des jeunes niaiseux enfermés dans leur petit microcosme qui s’imaginent imposer leur schéma réactionnaire à la majorité des citoyens alors qu’ils font eux-mêmes parti d’une minorité. Celle qui se croit autorisé à mépriser tout ceux dont les parents n’ont pas les moyens de leur payer une business school bidon. Cela ne vous semble t-il pas anti-naturel ?! Ces jeunes révoltés de pacotille qui s’encanaillent en
    provoquant la police digne représentante de l’ordre établi qu’ils vénèrent tant,
    auront au moins appris ce qu’est si ce n’est la fraternité au moins la solidarité car le manque d’ouverture aux autres est ce qui singularise le plus leur milieu social.

    Vous parlez aussi de Vérité. Mais tout le monde pense détenir sa Vérité. La vôtre n’est pas meilleure que celles des autres. Pensez-vous être des êtres supérieurs pour oser affirmer cela ?

    Je vous rappelle qu’il existe aujourd’hui plus de preuves scientifiques de l’existence des extra-terrestres que de Dieu. Rappelez-vous que la terre n’est pas plate et que Rome n’ est pas son centre.

    Aussi, le plus hallucinant pour moi, c’est que vous vous permettez de prêter mots à Dieu comme si vous le connaissiez personnellement. Je vous cite : « Dieu se sert des événements » et d’autres encore. Qui êtes-vous donc pour dire ce que pense Dieu ??? C’est d’une suffisance mégalomaniaque incroyable !!! Ce n’est ni plus ni moins que de la
    manipulation obscurantiste pour abuser de la crédulité des esprits faibles. Je parle des moutons qui ont besoin d’un berger car ils sont incapable de penser
    en homme libre.

    Vous avez aussi parlé de censure dans vos écoles. Sortent-elles du cadre de la République ? S’agit-il d’éducation ou de conditionnement mental ? Je serais bien curieux de savoir comment sont dispensés les cours d’Histoire dans vos établissements ? J’imagine cela à la limite du révisionnisme.

    Je suis désolé de vous dire que votre Dieu n’est pas mieux que de croire au Père noël. Les enfants ont au moins l’excuse d’être innocents et de toujours croire leur parents même quand ils disent des bêtises ou sont violents. Libre à vous de croire ce que vous voulez mais l’imposez pas aux autres. Cela va peut-être étonner mais en tant que démocrate, je suis prêt à défendre votre droit à la religion à la conditions sine qua non de ne pas vous comporter en Ayatollah. Et paradoxalement, en tant que personne, je ne
    vous déteste malgré la virulence de mes propos alors que je ne suis pas du tout
    persuadé de la réciproque.

    Votre prosélytisme exacerbé est perçu comme une grande menace pour la République !

    Je suis convaincu que si l’Eglise s’émisse encore une fois dans les affaires d’Etat, cela va sérieusement dégénéré. Vous aurez de morts sur la conscience. Je pense en particulier au prochain projet de loi sur l’euthanasie. Etes-vous déjà allé dans un mouroir d’hôpital pour voir l’extrême souffrance en fin de vie ? Personnellement, je ne tiens pas à finir comme ça. J’estime avoir le droit de choisir ma mort sans que des sadiques comme vous me torturent.

    Personne ne vous obligera à le faire si vous ne le souhaitez pas alors encore une fois, laisser les gens tranquilles avec vos croyances. Et plutôt que de servir la soupe aux bien-pensants de Versailles, Occupez-vous plutôt des pauvres gens qui meurent de faim et de froid en France et vous serez probablement plus proche de ce que vous appelez Dieu et cohérent avec le message du Christ et avec vous-même…

    ça doit être atroce d’être catholique homosexuel après les positions immondes que l’Eglise à prises. Comme je les plains !! Voyez, un mécréant qui fait preuve de compassion, c’est étrange non ?

    Sincèrement, pensez-vous que de nos jours Jésus serait de Droite ??

    Que la paix soi avec vous !

    Jérôme, qui pense que le paradis est sur terre et que les hommes y ont mis l’enfer 😉

    ps : (vous parlez latin et savez aussi bien que moi que ça ne veut pas dire parti socialiste. Je ne vous ferais cette offense).
    Ne perdez pas de temps inutilement à prier pour mon âme perdue. ça ne sert à
    rien que de parler à du vent sinon qu’à être ridicule. Allo, y’a quelqu’un ?…

  • Jérôme

    De plus, les catholiques ne semblent pas vouloir faire la distinction entre les différentes mouvances de Gauche. Rassurez-vous, il n’y a plus de bolcheviks qui veulent récupérer les biens pharaoniques de l’Eglise ou exécuter les curées.