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Pourquoi le célibat des prêtres ?

Publié le 10 Sep 2017 à 17:04 Vidéos Aucun commentaire

[Vidéo] Pourquoi le célibat des prêtres ? La question est posée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Pour les auditeurs de cette radio, l’abbé Grosjean partage le beau et fort témoignage rapporté par Mgr Emmanuel Gobilliard dans son texte sur le célibat, dont des extraits figurent plus bas.

« Le célibat est un dur combat. C’est aussi un beau combat »

Lorsque j’étais à Madagascar, j’ai envoyé à beaucoup d’entre vous et à tous mes confrères prêtres de Haute Loire trois lettres. Voici la quatrième, que je n’avais jamais osé envoyer. Je pense qu’il est temps de le faire, alors que le célibat sacerdotal est pas ou mal compris et que la question est souvent abordée ces temps-ci dans les medias. Père Emmanuel Gobilliard

(…) Le célibat est une croix ; le fait de ne pas avoir d’enfant est une vraie souffrance. Ce choix, il faut de nombreuses années pour le comprendre et un solide bon sens pour, l’ayant compris, en rendre grâce ! C’est dans la mesure où nous vivons notre célibat comme une blessure, avec humilité, et non pas comme une victoire illusoire sur la nature que nous pouvons y trouver une joie…bien plus, une fécondité.

En entrant au séminaire, j’ai été attiré par la vocation sacerdotale et j’en ai accepté le célibat parce que je n’avais pas le choix. Si j’avais eu le choix, je me serais peut être marié. Pour choisir, en vérité le célibat, il faut faire une rencontre authentique et bouleversante, il faut vivre un authentique coup de foudre. Souvent, avec Dieu, cette rencontre est progressive, faite de lumière mais aussi de nuits. Nous entrons progressivement dans le mystère de la rencontre avec Dieu parce qu’il ne force pas notre sensibilité. Le geste par lequel nous nous engageons au célibat est significatif. L’évêque nous demande de faire un pas en avant pour « exprimer notre résolution ». Ce pas m’a toujours fait penser à l’épreuve infligée à Harrison Ford à la fin d’un des épisodes d’Indiana Jones. Il doit franchir un précipice en marchant dans le vide. Si mes souvenirs sont bons, la poutre apparaît à mesure que le héros avance ! La foi, c’est un peu cela : accepter d’avancer et de ne comprendre qu’à mesure qu’on avance. Ainsi donc, je peux dire, au risque de choquer certains, que le célibat, je l’ai choisi progressivement. Heureusement que l’Eglise ne m’a pas donné le choix, sinon je ne l’aurais pas choisi. Je n’en aurais pas gouté toutes les richesses et je n’aurais pas pu exercer mon ministère avec autant de bonheur.

C’est d’ailleurs pareil pour le mariage. Les jeunes époux, le jour de leurs noces ne connaissent encore rien des exigences de la vie matrimoniale. Ils ne savent pas encore que leur amour devra être purifié au creuset de la souffrance, qu’ils devront être fidèles surtout dans les petites choses, dans ces petits détails qui peuvent rendre la vie insupportable. Seul le pardon et un amour qui nous dépasse infiniment peuvent venir à bout de notre égoïsme, de notre orgueil, de notre paresse. Toujours est-il que je me souviens très bien du jour où j’ai à la fois compris et accepté mon célibat. J’étais déjà prêtre. C’était à l’hôpital Spallanzani, hôpital de phase terminale des maladies infectieuses où j’étais aumônier… »

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