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Halte au feu !

Publié le 11 Sep 2016 à 13:42 Politique 16 commentaires

Les primaires de la droite et du centre ont commencé, en attendant celles de la gauche. La campagne des présidentielles suivra. Mais il faut dès maintenant revenir avec franchise sur un point essentiel : il semble urgent que les catholiques offrent le témoignage de leur capacité à faire de la politique autrement, c’est-à-dire sans tomber dans la violence et les attaques personnelles qui divisent, qui blessent profondément notre communauté et réduisent à néant notre capacité de rayonnement.

Pour cela, il serait temps d’arrêter d’absolutiser ce qui ne l’est pas. Surtout en politique. Nous, chrétiens, avons soif d’absolu, mais nous avons tendance à tout absolutiser. Le risque est de ne pas supporter qu’un de nos frères chrétiens fasse un choix politique différent du nôtre. Certains hurlent vite à la trahison, d’autres excommunient à tour de bras. Nous offrons alors ensemble le spectacle désolant d’une communauté qui se déchire, comme si nous pouvions nous permettre ce luxe. C’est assez navrant et cela doit bien faire rire nos adversaires.

Les raisons de tout engagement

Soyons clairs, les chrétiens qui s’engagent courageusement et généreusement en politique poursuivent le même but : servir le bien commun. Cessons d’en douter. Pourquoi ce soupçon permanent et ces jugements d’intention ? Qui sommes-nous pour sonder les reins et les cœurs ? Cette finalité – servir le bien de tous et la dignité de chaque personne humaine – est un absolu qui fonde tous nos engagements.

Mais le choix des moyens pour y arriver ne relève pas de l’absolu. Comment faire avancer la culture de vie ? Comment promouvoir la famille ? Comment défendre notre pays ? Comment résoudre le drame du chômage ? Comment répondre aux défis de l’islam ? Comment protéger les plus fragiles et soutenir les plus pauvres ? Comment retrouver le chemin de la transmission d’une culture ? Tous, nous avons  ces objectifs et ces questions en commun. Maintenant, quel parti, quel candidat, quelle structure, quel programme, quelle stratégie pour permettre de progresser pas à pas sur chacun de ces points ? Chacun discerne en conscience et peut en arriver à des conclusions différentes. Voilà ce qui légitime un certain pluralisme chez les catholiques, non sur les intentions mais bien sur la stratégie politique mise en œuvre.

Raison garder

Ce discernement au niveau des moyens est d’ordre prudentiel. Il n’est pas infaillible. Les choix qui en résultent sont forcément discutables. Parce qu’il doit s’engager, le chrétien accepte de choisir un camp. Mais il sait que ce camp n’est pas « sacré ». Il en va ainsi du choix d’adhérer à tel parti, de travailler auprès de tel élu, de soutenir tel candidat à la primaire. Ce qui est sacré, c’est la Vérité que nul ne possède mais que nous essayons de servir malgré nos limites.

Exemple d’application ces jours-ci : Sens Commun. Le choix d’adhérer à ce genre de formation au sein d’un parti comme « Les Républicains », tout comme le choix de cette formation de soutenir tel candidat à la primaire, relève de l’ordre des moyens.

Inutile de rentrer dans le débat – ce n’est pas mon rôle de prêtre – ou de savoir si le bureau de Sens Commun a fait un bon choix ou une erreur. Il y a des raisons légitimes de penser l’un et l’autre. Mais ce qui est juste insupportable, ce sont les attaques personnelles pathétiques – je pense à un site qui a publié un photomontage particulièrement vulgaire et dégradant – les excommunications et les discours excessifs que tout cela occasionne. Sur Internet, un chroniqueur a illustré sa tribune (qui fustigeait le choix de Sens Commun) par un tableau représentant le baiser de Judas trahissant le Christ ! Rien de moins…

Mais où est-on ? Qui se prend pour qui ? Qui ose comparer une stratégie politique, même éventuellement erronée ou imprudente, avec la trahison de Judas qui livra le fils de Dieu ? C’est tellement révélateur, chez certains, de la perte du sens de toute mesure. La passion de l’engagement politique n’excuse pas tout. Je regrette d’ailleurs avec la même force les excommunications ou le dénigrement qui s’abattent si facilement sur ceux qui soutiennent tel autre candidat, sur ceux qui s’engagent au sein du PCD, du FN, de l’UDI ou du PS, sur ceux qui font le choix d’un engagement non partisan… ça suffit !

Notre idéal : servir

Comme prêtre, et comme chacun de mes confrères, j’ai à cœur de rencontrer tout le monde, d’accompagner chacun dans son engagement. Je peux témoigner de la générosité de beaucoup d’entre vous, de votre droiture d’intention, de votre courage. Je suis le témoin des coups que vous prenez et des blessures occasionnées. Et pourtant, animés du même idéal, de cette même générosité, de ce même courage, vous faites des choix de parti politique ou de candidats souvent fort différents. Pourquoi faudrait-il nier que c’est possible ? Pourquoi faudrait-il perdre tant de temps et d’énergie à se garder de ses frères et à se justifier auprès d’eux ? Pourquoi accuser si facilement de reniement celui que je ne connais pas, que je n’ai pas rencontré, que je n’ai pas pris le temps d’écouter ? Pourquoi ces mots définitifs alors qu’il faudra bien se rassembler face à cette idéologie libertaire qui – elle – nous met tous dans le même panier ?

Disons-le aussi : ces excommunications sont encore plus pénibles et injustes lorsqu’elles viennent de commentateurs « restés sur le banc de touche » ou « dans leur canapé » pour reprendre les mots du Pape. Distribuer les cartons rouges est si facile depuis son écran… Entrer sur le terrain politique, c’est au contraire se confronter à des choix et des discernements difficiles. C’est accepter l’inconfort moral, car aucun parti n’est parfait, aucun candidat n’est idéal, aucune solution n’est évidente. Agir impose pourtant de faire des choix dans un système bien imparfait.

Un a priori de bienveillance

Cela ne veut pas dire que ces choix n’ont aucune portée morale. Cela ne vaut pas dire que tout se vaut, que tout est relatif. Nous aurons un jour à rendre compte de ces choix. Mais cela veut dire qu’un chrétien qui ose s’engager en politique devrait a priori pouvoir compter sur la bienveillance de ses frères. Cela veut dire qu’on devrait pouvoir entre nous garder cette bienveillance au-delà des différences d’approche et de stratégie. Il est extrêmement précieux, justement, que les chrétiens soient capables de se retrouver sur ce qu’ils ont en commun – ce désir de servir la personne humaine – au-delà de leurs choix partisans. Qu’ils offrent l’exemple d’hommes et de femmes capables d’assumer des désaccords de méthode ou de stratégie parfois importants, tout en manifestant un respect pour l’engagement de l’autre. Qu’ils puissent continuer à échanger, se rencontrer, s’écouter malgré leurs choix parfois opposés. Qu’ils puissent se réjouir lorsque les choses vont dans le bon sens, d’encourager le bien où qu’il se fasse. Le combat des idées ne peut jamais devenir un combat contre les personnes. C’est encore plus vrai entre chrétiens.

Je ne suis pas naïf. L’engagement politique est un engagement passionné, et le combat politique restera rude. Raison de plus pour que les chrétiens s’y investissent avec l’ambition de s’y distinguer par leurs convictions, mais aussi par leur façon de les défendre. Qu’ils se fassent remarquer positivement par leur façon d’être et d’agir. Je me réjouis s’il y a des chrétiens partout. Je veux croire que là où il y aura des chrétiens engagés, le bien commun, et surtout l’Evangile, progressera. Plus ou moins vite. Plus ou moins visiblement. Mais forcément mieux que s’il n’y avait aucun chrétien. Cessons de nous déchirer sur des options stratégiques différentes, prenons acte des choix faits en conscience par chacun, faisons confiance au désir de nos frères de servir, là où ils se sont engagés, ce bien que nous avons en commun. Osons croire que ce pluralisme qui nous agace souvent, pourrait même être une force et une chance, si l’on écoute le Bienheureux Frédéric Ozanam :  » je pense qu’on est plus fort quand on est plus nombreux, quand on combat en plusieurs régiments, et sur plusieurs points à la fois. Je ne voudrais pas qu’il y eût un parti catholique, parce qu’alors il n’y aurait plus une nation qui le fût, parce que nous réaliserions, pour ainsi dire, le vœu de Caligula : nous n’aurions qu’une tête afin qu’on pût l’abattre d’un seul coup » (Frédéric Ozanam, Lettre à François Lallier, 17 juin 1845).

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Pour aller plus loin, voici trois extraits du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise (2006) :

§ 568 : Le fidèle laïc est appelé à discerner, dans les situations politiques concrètes, les pas qu’il est possible d’accomplir de façon réaliste pour mettre en pratique les principes et les valeurs morales propres à la vie sociale. Ceci exige une méthode de discernement personnel et communautaire, articulée autour de certains points nodaux : la connaissance des situations, analysées avec l’aide des sciences sociales et des instruments adéquats ; la réflexion systématique sur les réalités, à la lumière du message immuable de l’Évangile et de l’enseignement social de l’Église ; le discernement des choix tendant à faire évoluer positivement la situation présente. De la profondeur de l’écoute et de l’interprétation de la réalité peuvent naître des choix opérationnels concrets et efficaces ; toutefois, il ne faut jamais leur attribuer une valeur absolue, car aucun problème ne peut être résolu de façon définitive : « La foi n’a jamais prétendu enfermer les éléments socio-politiques dans un cadre rigide, ayant conscience que la dimension historique dans laquelle vit l’homme impose de tenir compte de situations imparfaites et souvent en rapide mutation ».

 § 573 : Un domaine particulier de discernement pour les fidèles laïcs concerne le choix des instruments politiques, à savoir l’adhésion à un parti et aux autres expressions de la participation politique. Il faut effectuer un choix cohérent avec les valeurs, en tenant compte des circonstances effectives. En tout cas, tout choix doit être enraciné dans la charité et tendre à la recherche du bien commun. Les requêtes de la foi chrétienne sont difficilement repérables dans un unique groupement politique : prétendre qu’un parti ou une mouvance politique correspond complètement aux exigences de la foi et de la vie chrétienne engendre de dangereuses équivoques. Le chrétien ne peut pas trouver un parti qui corresponde pleinement aux exigences éthiques qui naissent de la foi et de l’appartenance à l’Église : son adhésion à une formation politique ne sera jamais idéologique, mais toujours critique, afin que le parti et son projet politique soient encouragés à créer les conditions propices à la réalisation du véritable bien commun, y compris la fin spirituelle de l’homme.

§ 574 : En tout cas, « personne n’a le droit de revendiquer d’une manière exclusive pour son opinion l’autorité de l’Église » : il faut plutôt que les croyants « cherchent à s’éclairer mutuellement, qu’ils gardent entre eux la charité et qu’ils aient avant tout le souci du bien commun ».

 

À propos de l'auteur :

Abbé Grosjean

39 ans. Diocèse de Versailles. Ordonné prêtre en 2004. Curé de la paroisse de Saint-Cyr-l’École. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d'éthique économique pour le diocèse de Versailles. Auteur de "Aimer en vérité" (Artège, 2014) et "Catholiques, engageons-nous !" (Artège 2016).

  • RolandGrenoble

    Ces excès de forme – certes tout à fait regrettables, mais bien marginaux – sont bien pratiques pour occulter le fond.

  • Jean-Baptiste Receveur

    « la plus grande, c’est la charité » : je ne suis pas plus favorable à un parti politique qu’à un autre, mais (sans aller jusqu’à l’excommunication bien sûr) il me semble tout de même que certains partis ne peuvent représenter notre foi, de par leur nature qui pousse à la haine. La base, n’est-ce pas l’Amour ?

    • werpout

      L’Amour de qui? Quelle est la position chrétienne vs les personnes homosexuelles qui veulent voir consacrer leur amour? Est-ce un amour à 2 vitesses? Est-ce l’amour que le Christ offrait à tous? Est-ce un amour bourré de préjugés, relents d’un temps plus sombre de l’humanité?
      Ce que je vois dans des manifs, genre « Manif pour tous » ne m’incite pas du tout à fréquenter cette Église…

      • Jean-Baptiste Receveur

        Non justement, c’est bien de ça que je parle : un amour inconditionnel, un amour qui dit « si je fuyais la guerre de mon pays, j’aimerais trouver un refuge, parce que je le fais pour mes enfants, et bien je fais pareil pour celui qui arrive chez moi ». Comme dit l’article, je ne suis personne pour dire quelle est la parole de l’Eglise, mais je la fréquente beaucoup et ce que je retiens de son message c’est ça : aime ton prochain comme toi-même. En faisant ça tu ne peux pas faire d’erreur. Peu importe que mon prochain soit petit grand musclé maigre gros handicapé noir blanc ou homosexuel.

      • Jean-Baptiste Receveur

        Mais on s’éloigne un peu du sujet là…

      • Jean-Baptiste Receveur

        Mon problème à moi vient des partis comme le FN. Aujourd’hui ils tapent sur les immigrés, sur les musulmans (ils confondent d’ailleurs souvent les deux). Mais demain ce sera sur les juifs ou les homosexuels. Ils sont toujours en train de surfer sur la vague de ressentiment. Ce n’est pas en ça que je crois, et je ne pense pas que cela soit compatible avec l’amour de Dieu.

    • Schmitt

      Bof, l’amour, je le réserve à ma femme…et à mes maîtresses si je n’arrive pas à être fidèle 🙂

  • Schmitt

    Un sermon béni-oui-oui. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…

  • Philippe Ogez

    Ça fait 40 ans qu’on vote pour des hommes qui nous promettent de faire avancer le bien commun et à chaque fois, une fois élus, ils font avancer des idées qui combattent frontalement l’Eglise, approuvés par le silence de nombre de nos évêques.

    Le combat des catholiques est maintenant métapolitique et spirituel.

    Extraits sur ce sujet d’un discours du Cal Ratzinger qui date de 1969 et rapporté par Aleteia:
    « Nous n’avons que faire d’une Église qui célèbre le culte de l’action dans des prières politiques. Tout ceci est complètement superflu. Cette Église ne tiendra pas.
    [….]
    De la crise actuelle émergera l’Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro.
    [….]
    L’Église sera une Église plus spirituelle, ne gageant pas sur des mandats politiques, ne courtisant ni la droite ni la gauche. Cela sera difficile pour elle, car cette période d’ajustements et de clarification va lui coûter beaucoup d’énergie. Cela va la rendre pauvre et fera d’elle l’Église des doux. Le processus sera d’autant plus ardu qu’il faudra se débarrasser d’une étroitesse d’esprit sectaire et d’une affirmation de soi trop pompeuse. On peut raisonnablement penser que tout cela va prendre du temps. Le processus va être long et fastidieux, comme l’a été la voie menant du faux progressisme à l’aube de la Révolution française – quand un évêque pouvait être bien vu quand il se moquait des dogmes et même quand il insinuait que l’existence de Dieu n’était absolument pas certaine – au renouveau du XIXe siècle. »

  • Pierre Alexandre

    Je note dans votre billet que vous mettez sur le même plan le FN avec les autres sensibilités de l’échiquier politique. Est-ce vraiment un parti comme un autre pour vous ?

    • tpeg5stan

      Il soutient l’avortement comme les autres :p

  • JVG

    Je m’étonne  » c’est le moins que l’on puisse écrire « , Monsieur l’Abbé de l’orientation donnée à vos écrits vis-à-vis du domaine politique, où nous savons ne rencontrer que mensonges, corruption, hypocrisies et dictature des personnes et des partis, ce en Toutes  » obédience « .

    En ce sens, où vous OMETTEZ purement et simplement de rappeler ce dont les Catholiques, dont ceux engagés en politique doivent en toute conscience et ABSOLUMENT exiger des candidats ou des personnes aspirantes à une représentation électorale, se présentant aux divers suffrages dont celui qui va monopoliser, polluer et manipuler les esprits de beaucoup jusqu’en mai prochain.

    À aucun mot, n’apparaît dans votre texte le rappel des points incontournables et NON NÉGOCIABLES, dont tout et toute Catholique se doit d’EXIGER l’abrogation, avant de prendre position dans son choix électoral futur. Souffriez qu’en la matière et devant l’ampleur des dégâts il n’y a PLUS de demi-mesure. Ces points dont le magistère de l’Église n’a pourtant de cesse de VOUS le rappeler, de NOUS le rappeler. Plus particulièrement concernant les ASSASSINATS planifiés, rangés dernière la bannière de  » l’interruption volontaire  » de la Vie, dont des milliers d’Enfants de France sont autant de victimes innocentes, honteusement démembrés, ou empoisonnés sur la table idéologique d’une pseudo-liberté « . 235000 petits personnes chaque année, soit plus de 28% de la population naissante !
    Plus de 9 500 000 d’êtres humains exécutés en quarante ans !
    Ce n’est tout de même pas RIEN.
     » Liberté  » devenue vrai verrue d’une Valeur détournée, massacrée par une république si nauséabonde, qu’elle nous apparaît si proche de l’Occulte, si éloignée de la défense du bien commun et plus encore de la vrai Charité. Ignobles planifications, promotions désormais rangées au rang de la simple extraction irréméDIABLE, d’une vieille molaire cariée, rongée par les bactéries des idéologies les plus perverses. En marge de cela combien de femmes traumatisées au plus profond d’elle-même, durablement, par ces actes dignes de la barbarie la plus primaire ?

    Il nous semble qu’avant tout autre orientation ou conseil au domaine politique il est de votre devoir d’Homme consacré à Dieu-Trinité de rappeler sans cesse que tout, toute Catholique se doit de s’opposer à cette culture de mort. Cela quel qu’en soit le prix.
    Nous devons mettre une pression constante et récurrente sur l’ensemble de cette classe politique dévoyée qui s’accommode si facilement. Comment prétendez-vous passer sous silence ces actes de COMPLICITÉ de fait, de tout et toute catholique ne s’opposant pas à ces massacres des plus faibles ? Pourtant eux prêt à s’apitoyer sur l’horreur et les victimes du massacre du bataclan, oubliant que ce jour-là 600* autres petits êtres humains innocents qui ont été aussi exécutés, en toute « légalité » cette fois. (* moyenne nationale journalière).

    Cher @Jean-Baptiste Receveur, que nous le voulions ou non il s’agit d’excommunication de facto, par le fait même de notre complicité collective et individuelle, et surtout du renoncement de la défense irrévocable de la vie **. Cela ne plaira pas à tous, pour autant à l’heure du choix : Dieu-Trinité premier servit. Pour le reste rendons à ces Césars ce qui leurs appartiens, mensonges, manipulations, meurtres, leurs choix n’est pas de nature à nous occuper.

    Si comme le prétendent vos politiques, c’est bien l’électeur et la défense du bien commun qui prime pour eux (et non point leur narcissisme carriériste et financier), ce serait donc l’électeur qui aurait le véritable pouvoir.
    Dès lors pourquoi ne pas user de ce pouvoir, à bon escient ?
    Les candidats n’ayant pas satisfait à nos exigences non négociables, en n’apportant aucune garanties à ce sujet, pourquoi leur donner notre suffrage ?
    Pourquoi perdurer dans notre complicité ?
    Catholiquement et chrétiennement ne soyons PLUS Complices. rendons notre verdict face à ces ignominies, lors des suffrages à venir.
    Prenons les dispositions qui s’imposent. Pas une voix chrétienne, et moins encore CATHOLIQUE à ses engeances :

    BULLETIN BLANC dans l’URNE, ou mieux encore bulletins nuls en glissant une image d’un enfant avorté dans l’enveloppe bleue. Ainsi nous ferons réellement connaître notre nombre et nos ENGAGEMENTS indéfectibles !

    Libérerons nous de cette gigantesque manipulation et escroquerie politico idéologique en ne nous rendant plus les complices de la transgression suprême. Le courage c’est aussi cela. Imaginons un instant être plusieurs millions dès le 1° tour à manifester ainsi notre refus de ce qui nous est, en réalité, imposé par les élites de l’occultisme …

    Qu’en au reste, à leur politique politicienne, de toute façon le building en carton-pâte s’écroule sur lui-même. C’est donc à nous de préparer ce futur plus humain, plus respectueux du réel plus faible. Cela ne peut se faire en complicité d’un système totalement corrompu idéologiquement.

    Nous voulons un RAZ de MAREE pour 2017 !

    Personnellement la cause est définitivement entendu, il n’existe AUCUN candidat en l’état actuelle des choses se revendiquant de ce préalable non négociable.

    Jean-Vincent.

    Ps : ** J’ajouterai même plus, en cela notre persistance en complicité nous place en l’état d’excommunication. Complicités passif est à mon sens, si non plus grave, du moins aussi grave, que pour ces mères qui autorisent ces honteuses interventions en leur intimité. Elles qui se trouvent être souvent dans un contexte difficile à ce moment précis et restent influencées par l’environnement de la banalisation et de  » l’égalisation  » de ces meurtres , alors qu’elles ont certainement aussi besoin de notre soutien et de notre aide avant ce geste irréparable. A méditer.

    • JVG

      Ndlr : …/… Complicités passives est à mon sens …/…

  • https://sainedoctrine.com

    Merci beaucoup, mon père, pour ce juste appel à la mesure. L’art politique s’est toujours défini comme un art prudentiel et, de facto, une façon de chercher le meilleur compromis. Le vieil adage dit qu’une moitié de gâteau vaut mieux que pas de gâteau du tout. Seuls ceux qui n’agissent pas peuvent se flatter de ne jamais avoir à faire de compromis. Je ne sais quelle bizarre tournure d’esprit peut pousser quelqu’un à trouver préférable que son assiette demeure vide plutôt qu’à demi-remplie.

    La prudence n’étant pas un art mathématique, il est normal que les catholiques puissent avoir le sentiment de servir au mieux leur foi commune en appartenant pourtant à des chapelles politiques différentes. En cela, je n’ai rien à objecter. Mais encore faut-il que cette foi catholique et les exigences de la doctrine sociale de l’Eglise soient pour les uns et les autres la commune mesure de leur engagement politique. Cela ne relève pas de la Prudence, mais d’une soumission à une Vérité que nous reconnaissons pour telle.

    Sans doute convient-il de ne pas jeter systématiquement l’anathème sur ceux qui prennent le risque de l’engagement politique et qui sont aussi conduits à devoir faire des compromis. Mais la distance est parfois assez courte entre un juste compromis et une vulgaire compromission. Et là, il me semble, nous avons tout de même la possibilité et même le devoir de dire que ça ne va pas. Certes, mieux vaut la moitié d’un gâteau que pas de gâteau du tout. Mais cela n’a jamais voulu dire que la moitié du gâteau valait mieux que le gâteau entier !

    En l’occurrence, je peux parfaitement entendre un homme politique qui me dirait qu’il n’est ni judicieux ni pratiquement réalisable de revenir sur la loi Veil de 1974. Qu’il présente cela comme une nécessité et une mesure prudentielle, je n’ai rien à redire là-contre. Mais qu’il ait le culot de se dire catholique et de présenter en même temps ce droit à l’avortement comme une conquête féminine obtenue de haute lutte, je ne vois plus où est le compromis. Cela revient tout simplement à s’exempter de l’obligation de croire à ce qu’un catholique est supposé croire.

    De la même façon, et de manière plus générale, je n’ai rien à objecter à un « catholique de gauche ». Le catholicisme social a derrière lui une vénérable tradition. Je peux tout à fait entendre le discours qu’il tient sur la tolérance et l’ouverture à l’autre, son souci chrétien des affligés et des pauvres, son désir d’œuvrer à plus d’égalité et à plus de mixité sociale. Mais lorsque ce discours prend ouvertement la forme d’un relativisme bon teint, qui sacrifie toute référence à une vérité dogmatique pour ne pas courir le risque de blesser ceux qui n’ont pas l’heur de penser comme nous, par une déférence quasi idolâtre au respect des différences, je ne perçois plus le compromis. Je vois là une totale et coupable abdication.

    En l’état actuel des choses, il me semble que la droite se rend moins suspecte de relativisme et, qu’à ce titre, beaucoup de catholiques s’y retrouvent plus aisément. Leur conviction qu’il existe une Vérité et que cette vérité n’a pas à être sacrifiée sur l’autel de la tolérance, trouve un écho plus généreux dans certaines postures intransigeantes de la droite. Mais là encore, je suis très dubitatif sur le ralliement inconditionnel de catholiques revendiqués à certains courants qui entendent mettre leur foi catholique au service d’un culte païen de la « terre-de-nos-ancêtres ». Un catholique ne saurait, sans se désavouer, mettre la gloire de son pays au-dessus de la gloire de son Dieu.

    Un compromis sain exige donc que nous sachions exactement ce que nous voulons, pour être en mesure ensuite d’évaluer ce que nous pouvons céder. Les évêques de France n’ont, vous le rappelez, aucune autorité pour décider à notre place le parti concret auquel nous devrons nous résoudre. Je viens d’apprendre pourtant que le journal La Croix, soutenu par l’Eglise, projette d’envoyer un petit livret pour mettre en garde ses lecteurs contre la tentation de voter Front National. Contrairement à certains, je trouve cette initiative très heureuse. Car l’Eglise a le devoir de guider les chrétiens dans leur discernement, en pointant du doigt les articles d’un programme qui peuvent être contraires aux enseignements de la foi.

    Mais je ne vois pas du tout pourquoi elle se focaliserait exclusivement sur le programme du front national. Cela laisse entendre que ce parti présenterait un risque particulier pour les catholiques tentés de s’y rallier. N’y a-t-il rien à redire au programme du parti socialiste ? Les autres partis de droite sont-ils décisivement plus solubles dans la foi catholique ? Je ne préjuge pas de la réponse, mais je demande à voir. Et nos évêques feraient bien de s’en soucier.

  • Joël Petit

    Ce matin les français votent en masse. Ils ne bien compris que la présidentielle se jouait lors de ce premier tour de la primaire.
    Ils attendent aussi que leurs pasteurs ne se préoccupent que de l’annonce de l’Evangile sans leur dire de façon plus ou moins déguisée pour qui ils doivent voter!

  • tpeg5stan

    Bonjour,

    Je refuse de voter pour des gens qui n’ont jamais tenu leurs promesses et ne sont même pas élus selon des proportions mathématiques.

    Je préfère m’engager pour le bien commun d’autres façons (consultations publiques en ligne comme cela a eu lieu pour la loi « république numérique », contributions à Wikipédia parce que la connaissance c’est le pouvoir…) et laisser les pigeons voter pour leur moins pire qui mène indéniablement au pire, par principe d’itérations successives.