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La tendresse de Dieu

Publié le 17 Mar 2016 à 00:08 Foi Aucun commentaire

Alors que l’Eglise s’apprête à célébrer la grande semaine qui la conduira à Pâques, beaucoup de baptisés entrent dans les églises et demandent à recevoir le sacrement du pardon. En cette année de la miséricorde, le pape François a même voulu que puissent se vivre des temps fort, intitulés « 24 heures pour Dieu », des sortes de marathon-confession où des batteries de prêtres confessent à tour de bras et où la miséricorde coule à flots.

Le pape prêche par l’exemple. Tout le monde a vu les images où il se met à genoux devant un prêtre et demande l’absolution (en 2014 et en 2016). A des journalistes qui lui demandaient un jour de dresser un bilan de son pontificat, il répondait : « je n’aime pas les bilans, sauf celui que je fais tous les quinze jours avec mon confesseur ».

Divan ou confessionnal ?

Notre société contemporaine semble avoir donné une prime à la transparence et au dévoilement de l’intime. Sur les plateaux télé, c’est un défilé incessant de personnes qui se dévoilent, font des révélations tonitruantes ou des confidences honteuses. Il y a pourtant une immense différence avec la confession : alors que d’un côté, l’homme se pose le plus souvent en victime ou en héros, au confessionnal il se présente en homme et en femme libre.

Le christianisme a une manière toute différente de voir l’homme, qui respecte son éminente dignité : celui d’être une créature libre, capable de discerner le bien et le mal. Capable surtout de voir quand il a été volontairement complice de ce mal à l’œuvre dans le monde et qu’il dénonce.

Miséricorde !

popefinalC’est le cri du pape François en cette année jubilaire, c’est la prière de toute l’Eglise, c’est la réponse bouleversante du Seigneur Jésus : miséricorde ! Face au pécheur qui se repent, face aux larmes de la femme adultère ou à celles de Pierre qui a renié, face au fils prodigue qui revient ou à la Samaritaine qui avoue, face aux blessures déposées dans le secret du confessionnal, un seul mot, une seule attitude, un seul jugement de Jésus : miséricorde !

D’ici l’aurore du matin de Pâques, l’Eglise nous presse de faire l’expérience de cette miséricorde. Que chacun puisse vivre ce mystère de mort et de résurrection : avec Jésus, nos péchés sont crucifiés, afin que nous puissions revivre avec lui. Que chacun prenne le temps – dans sa paroisse ou ailleurs – de venir déposer ses péchés, avec franchise, simplicité et foi. L’aveu est souvent décapant mais tellement libérant, puisqu’il nous fait passer de la culpabilité qui rabaisse à l’humilité qui fait grandir ! Aveu qui permet surtout à Jésus de prendre sur lui nos fautes et de nous pardonner. Ce pardon n’est pas un vain mot. Il a le prix du sang de Jésus. Il accomplit en nous l’œuvre de la rédemption. Il nous sauve. Rien de moins.

Miséricorde ! Jésus a donné sa vie pour cela… Que tous puissent en redécouvrir la joie !

À propos de l'auteur :

Abbé Amar

Abbé Amar

44 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit et en théologie, il est curé de la paroisse de Limay (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016). Depuis 2013, il anime l'émission "un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame (FM 100.7).