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Pour qu’on n’oublie pas nos soldats

Publié le 30 Jan 2011 à 13:08 Société Aucun commentaire

Ils sont 53 à être tombés, au loin. Très loin. Peut-être trop loin pour qu’on se rende bien compte. 53 soldats français, par la naissance ou par le sang versé. Notre pays les avait envoyés là-bas, en Afghanistan, dans une guerre mal comprise. On leur avait dit qu’ils combattaient le terrorisme et pour notre liberté. Alors, comme leurs camarades, ils ne se sont pas débinés. Ils ont pris leur mission à coeur. Six mois de préparation intensive, pendant lesquels leur famille ne les a pas beaucoup vus. Puis le départ. Les adieux qu’on veut plutôt appeler « au revoir ». Le vol en avion Air France, derniers instants de confort… Et puis… la guerre.

On ne sait plus en France ce qu’est la guerre. On ne la découvre qu’au loin. En débarquant à Kaboul. Une sale guerre, comme toutes les guerres. Même si des héros s’y révèlent. Ou juste des gars biens. Sans doute aussi des lâches ou des pauvres types. Au milieu, des civils. On vient les défendre contre le terrorisme taliban, officiellement. Sauf qu’ils nous prennent pour des occupants… La reconnaissance n’est déjà, là-bas, pas forcément au rendez-vous. Mais en France, l’est-elle d’avantage ? Je vous laisse lire les témoignages ci-dessous. Au Canada, quand les cercueils reviennent, les gens sont sur les bords de la route, pour saluer et rendre les honneurs à leurs enfants tombés trop tôt. En Grande-Bretagne, les députés font silence et s’inclinent en souvenir de ces fils de la Nation, morts au combat. En France, on annonce leur décès, entre la dernière grève de la SNCF et la météo qui va foutre en l’air notre WE… Et puis, c’est tout. Pas grand chose de plus. Rien dans nos écoles, rien dans nos paroisses, rien dans nos parlements. Vous me direz : on leur donne une médaille ? La Légion d’Honneur quand même ? Oui… la même qu’à nos amis footballeurs… ou qu’à nos chanteurs pacifistes…

Un soldat doit être prêt à mourir pour la mission. Pour ses camarades. Pour son pays. C’est vrai. Ils le savent. Ils font juste leur devoir. Ils accomplissent leur mission. Simplement. Jusqu’au bout. Cela n’empêche pas qu’un pays doit savoir le reconnaître. Honorer ceux qui servent ainsi et qui acceptent d’offrir à leur pays, non pas 35 heures par semaine, mais leur vie.

On n’est pas tous faits pour ça. Ce n’est pas notre mission. Et on a autant besoin de boulangers, d’avocats et de cheminots que de soldats. On a besoin que chacun accomplisse bien son devoir. Un chrétien sait même que c’est ainsi qu’on peut devenir un saint, sans le savoir ! Mais pour certains, cela va jusqu’à donner sa vie. Et ce n’est pas rien que de l’accepter par avance, au moment de partir.

Trouvons le moyen que le sacrifice de ces jeunes ne reste pas ignoré et banalisé. Qu’on puisse parler d’eux aux jeunes de nos lycées, de nos collèges, de ces établissements qu’ils ont fréquentés. Et que la France, qui désespère à force de voir les horreurs dont certains de ses fils sont capables (il suffit de lire les rubriques « faits divers » de nos journaux) soit fière de raconter l’histoire de ceux qui se sont montrés dignes de leur pays.

Que ceux qui liront ces quelques lignes sur leur ordi, dans leur poste, quelque part près de Kaboul, d’Abidjan, de Beyrouth ou ailleurs, soient assurés de nos prières. Que celles qui attendent le retour de leur époux ou leur fils, que ceux qui attendent le retour de leur père, soient eux aussi assurés de notre prière et de notre reconnaissance.

Pour qu’on n’oublie pas…

Le Président de la République réconforte le fils d’un officier du 21è RIMA, tué en Afghanistan.

CES SOLDATS MORTS EN AFGHANISTAN par Delphine Saubaber (article paru dans le journal l’Express).

Ils sont à ce jour 53 soldats tombés là-bas, près de Kaboul. Mais que savons-nous d’eux ? L’Express est allé à la rencontre des proches de quatre d’entre eux. Ils racontent leur destin et se souviennent. Pour qu’on n’oublie pas.

Jean-Nicolas

Quand la nuit tombe sur son HLM de Versailles, Monique Panezyck n’allume plus la lumière. Cela fait cinq mois qu’elle vit avec la pénombre. Parfois, elle s’approche de la fenêtre, et c’est comme s’il allait arriver, claquer la porte et lui offrir un sourire, comme avant, Jean-Nicolas, son petit, son fils unique. Dans sa chambre, tout est resté en l’état. Sa grande valise qu’on lui a renvoyée de là-bas, sa chaîne, son képi, sa photo de beau gosse en treillis, au regard bleu franc dans un visage encore nimbé d’adolescence. Et puis, sur un buffet, sa Légion d’honneur, qu’il a eue trop tôt, à 25 ans. Après une vie d’employée à TF 1, Monique venait de prendre sa retraite. Elle pensait partir dans le Midi, souffler au soleil. Cette mère seule ne s’intéressait pas plus que ça à la guerre contre les talibans. Aujourd’hui, elle est malade d’Afghanistan.

Elle est assise en boule sur un coin du canapé. Elle a renversé en arrière son visage, les yeux fermés. Elle ne peut plus endiguer ses larmes, ni le flot des images qui lui rayent la tête. « Evitez de l’embrasser, madame… » Trois jours, elle avait attendu le corps de son fils, le temps que l’avion le lui ramène, à Roissy, dans un caisson en métal. Trois jours, et elle ne pourrait même pas l’embrasser ? Jean-Nicolas avait été trop salement touché à la tête. Puis il y a eu, comme dans un film, le défilé des céré-monies, les honneurs militaires, les tambours, « la sonnerie aux morts, La Marseillaise qui vous arrachent le ventre », le rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. Il y a eu tout ça. Et maintenant, il y a le vide.

A peine trois mois plus tôt, à Roissy, Jean-Nicolas avait serré sa mère dans ses bras et il lui avait dit : « Je reviendrai, maman, je te promets. » Il tenait toujours ses promesses. « Extrêmement volontaire, disponible », notaient ses chefs. Avec son CAP de couvreur, il aurait dû aller chez les Compagnons du devoir, le gamin, comme son grand-père. Et puis un jour, après une dispute avec un collègue, il déboule à la maison : « Je rentre dans l’armée. » Il signe pour cinq ans. C’est comme ça qu’à 20 ans il intègre le 21e régiment d’infanterie de marine de Fréjus (RIMa). C’est comme ça qu’il engage sa vie, apprend à conduire des blindés la nuit, phares éteints, sous le sifflement des obus. C’est comme ça qu’il meurt en silence, un jour de soleil écrasant.

Monique avait pris l’habitude de vivre près de son téléphone. Au mois d’août 2010, une amie lui propose de prendre l’air chez elle, à Avignon. « Viens, ne reste pas enfermée… » Monique en profitera pour se rendre au 21e RIMa, à Fréjus, à la réunion destinée aux familles. « On nous a parlé de nos enfants sur le terrain, on nous a montré des photos… J’étais si heureuse de l’avoir vu. » Le 23 août, vers 10 heures, son portable sonne. Une femme de l’armée lui demande son adresse. « Il s’est passé quelque chose ? » se fige Monique. Réponse blanche : « Je ne suis au courant de rien. » La mère de Jean-Nicolas n’est plus qu’un cri. Elle a compris. Un capitaine frappe à la porte. Les condoléances courent déjà sur Internet. Le bandeau télévisé, « Caporal Jean-Nicolas Panezyck, 47e soldat mort en Afghanistan ». Suivi de la météo. Demain, il fera beau.

La France est engagée depuis 2001 en Afghanistan. 4 000 militaires, aux côtés des Américains. Partout, cette guerre nourrit le débat politique – aux Etats-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas, où le gouvernement est tombé sur la question du maintien de ses troupes, au Canada, au Royaume-Uni, où les dépouilles des soldats, engagés volontaires, sont accueillies par la foule, des brassées de fleurs, des hommages à la télévision… A la Chambre des communes, les députés s’inclinent en souvenir des victimes. « Ici, tout le monde s’en fout, de nos soldats ! » Tout à coup, Monique s’est redressée. En 14-18, la France agonisait, en masse, pour défendre sa ligne bleue des Vosges. En 2011, elle meurt dans la vallée de Kapisa, à 5 000 kilomètres de là, dans un pays où la montagne et la nuit appartiennent aux insurgés. La nuit, justement, elle tombe à Versailles. « Quand j’ai demandé au ministre Hervé Morin pourquoi on envoyait nos enfants là-bas, il m’a dit : « Pour la liberté et l’anti-terrorisme » », marmonne Monique. Elle est fatiguée. Demain, elle doit partir pour l’hôpital militaire de Percy, qui la prendra en charge, le temps qu’elle aille mieux. « Comme ça, je serai plus près de mon fils », dit-elle, d’une voix à la limite du silence.

Patrice

C’était sa dix-neuvième « opération extérieure », à un an de la retraite. Le Tchad, la Bosnie, la guerre du Golfe, dont il avait été rapatrié le corps criblé d’éclats. Tout cela n’était qu’une promenade à côté des cailloux de l’Afghanistan. Officier le plus décoré du 35e régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes, chef des commandos de cette unité pendant des années, expert du renseignement, le capitaine Patrice Sonzogni, 45 ans, avait épousé la guerre en même temps que Nathalie, la mère de ses deux filles. Poigne carrée, puissante, le genre de type qu’on suivait jusqu’en enfer. « Sonzo, c’était la référence du « 35 » », résume le capitaine Philippe Angot, son frère de régiment.

Dans le pavillon de Tarbes où rien ne traîne, à côté de Nathalie, il évoque, presque timide, le grand absent, encadré au mur, qui remplit toute la pièce. Le copain engagé comme lui à 16 ans, qui ne rêvait que d’uniforme. « Ni une victime ni un héros », juste un gars qui faisait son métier et qui flanquait ses médailles dans une boîte à chaussures. Juste Sonzo, qui avait été élevé dans l’horreur de faire parler de soi et qui aimait la France plus que sa vie. Ça lui venait de son père, ouvrier chez Peugeot, dont la famille est arrivée ici dans les années 1930, comme tant d’immigrés italiens, pour fuir la misère et chercher un abri, un travail. « Ah ça, il ne fallait pas dénigrer la France, avec mon beau-père », sourit Nathalie. « Sonzo, c’était la loyauté, en tout », opine Philippe. A la maison, quand Tatiana, 20 ans, planquait une mauvaise note, Nathalie devait jouer les Casques bleus… Dans un rire voilé de tristesse, la jeune fille se tourne vers sa mère : « Maintenant, je réalise que papa était un exemple. »

Il y avait une seule chose, propre à cette foutue guérilla afghane, que ce type en acier redoutait : l’IED (improvised explosive device, engin explosif improvisé). La machine à broyer. Une bombe artisanale, invisible, déclenchée à distance. « Dès qu’on part en patrouille, on ne pense qu’à ça, témoigne le capitaine Angot. Un chien mort au bord de la route, fourré de trois obus de mortier, un gamin qui nous jette une pierre… N’importe quoi peut cacher un IED. » Insensiblement, le regard de l’officier se perd dans la fumée de sa Marlboro. Il n’est plus là. Il est en Afghanistan. Le 11 février 2009.

La veille, Sonzo l’a appelé, de son camp, pour l’engueuler. Le camping pour les vacances n’était pas réservé. Le matin du 11, l’affaire est réglée, et le capitaine Sonzogni part en patrouille. Il doit instruire l’armée afghane et ils vont apprendre à monter un check-point. Le convoi part, à 30 kilomètres de Kaboul. Il n’est pas midi quand, sur le retour, l’explosion éventre la terre. Le blindé du capitaine est soufflé dix mètres en arrière. « Ce qui me hante, c’est de savoir s’il a souffert… » articule Nathalie.

Au « 35 », le jour de la cérémonie, quand les 800 gars, en carré, ont entonné la Prière du para, même le ciel, blanc comme un linge, s’est mis à chialer. « Mon Dieu, donne-moi la tourmente, donne-moi la souffrance, l’ardeur au combat… Ce dont les autres ne veulent pas… » Veillée par les Pyrénées, Tarbes appartient à ses garnisons. Dans la cuisine, cet après-midi de janvier, Carla Sonzogni, 15 ans, n’a toujours rien dit. Le jour où le chef de corps est venu annoncer le décès de son père, elle avait hurlé : « Putain d’armée ! » Depuis, à la maison, elle garde le silence.

Steeve

A ses heures, le brigadier Steeve Cocol, 29 ans, était un vrai showman. Un artiste du « jump rope ». Quand il descendait avec ses cordes à sauter sur le parking de son HLM, à Tarbes, et qu’il faisait ses acrobaties mi-Fred Astaire mi-Mohamed Ali, tous les gamins de la cité Laubadère couraient le voir. Rien qu’à en parler, les yeux de Geneviève, sa compagne depuis un an et demi, brillent comme l’arbre de Noël, coincé entre la fenêtre et les étagères, qui habille encore le petit trois-pièces.
Avant le 1er régiment de hussards parachutistes de Tarbes, Steeve avait connu une enfance sans père, des bêtises d’adolescent, un boulot de mécanicien. « Et un jour, à 22 ans, il nous dit qu’il signe à l’armée pour cinq ans », se souvient son oncle, Luc Cocol. Inutile de lui poser trop de questions. Steeve n’est pas un bavard. Pourtant, un soir, trois jours avant son départ pour sa deuxième mission en Afghanistan, dans la cuisine, c’est bien un gosse terrorisé que Geneviève voit s’écrouler dans ses bras : « Je ne reviendrai pas, j’en suis sûr… »

Ils se sont parlé au téléphone une fois par mois. Mauvaises, les liaisons. EtInternet, Steeve, c’était vraiment pas son truc. 18 juin 2010, 6 h 30 du matin. Lui : « Allô, ça va ? » Elle : « Oui, et toi ? » – « Schhh… » Un crachotis, comme d’habitude. Il lui renvoie un SMS : « T’inquiète pas », comme d’habitude. Quelques heures plus tard, une roquette s’écrase sur le camp, à quelques centimètres du soldat Cocol. « Il a pris toute la charge », s’étrangle Geneviève, en triturant son pantalon de jogging. Après « l’Afgha », Steeve voulait achever son contrat et changer de vie. Il avait dit à son oncle : « Je ne veux pas finir en chair à canon. »

Romain (1), 20 ans, est un copain de régiment de Steeve. Il a voulu aller à Paris pour accueillir le corps. Le nez dans son café, ton monocorde, il se souvient : « C’est tombé en pleine Coupe du monde. Sarkozy et les médias ne parlaient que des Bleus et de leur mutinerie. Rien à foutre de l’Afghanistan. » La bouderie d’Anelka sous ses lunettes de soleil, plutôt que la sueur des gars en Kapisa, par moins 20 °C, les nuits d’hiver, ou 40 °C, les jours d’été, avec 50 kilos sur le dos et la mort au bout. Aujourd’hui, Romain se réveille le corps en nage au moindre bruit, le stress lui poisse les os. Il veut raccrocher son fusil. Il se demande bien pourquoi, dans une époque confite de commémorations, la mort d’un soldat peut être traitée comme un fait divers ou un accident du travail.

Benoît

C’est difficile d’expliquer, un matin, à une petite fille de 4 ans et demi que la vie peut être une chienne. C’est difficile d’expliquer que papa, qui pouvait être en mission neuf mois dans l’année, ne reviendra plus, à cause des « méchants ». « Mais pourquoi ils ont visé papa ? » a demandé Aleyna. Comment on explique ça ? Le 17 décembre dernier, Alicia Dupin a perdu son mari, et la Légion étrangère, un brillant capitaine de 34 ans. Elle était habituée à son éloignement, ce bonheur en pointillés, mais elle n’était pas préparée à l’éternité. « Aujourd’hui, le mot « à jamais » résonne dans ma tête… »
C’est ce que cette jeune femme de 28 ans a dit, tout en dignité fragile, aux obsèques. Ils étaient du même coin d’Indre-et-Loire, elle et Benoît. Elle en était tombée amoureuse à 17 ans. Ce jour-là, c’était deuil national au Grand-Pressigny, 1 024 habitants. Tous les volets étaient clos et les visages fermés à double tour. L’Afghanistan était rentré dans les maisons. Pendant des jours, le boucher, les gens au café n’ont plus parlé que de cette guerre dont on ne parle pas.

Une semaine après les obsèques, Alicia a reçu une lettre de son mari, la première depuis son départ. Il lui disait des choses qu’elle gardera pour elle, et aussi : « On est dans l’oeil du cyclone. » A part ça, elle ne savait rien. Juste sa fierté, à chaque mission. Quand il téléphonait, à elle, à son frère Jean-Fabien ou à Cédric, son meilleur ami, pompier, il se préoccupait surtout d’eux. Lui qui n’était pas là pour les premiers pas d’Aleyna, ou ses bougies, ça le tenaillait. Comme la peur de devoir appeler la famille d’un de ses 109 légionnaires pour annoncer une mauvaise nouvelle. Il les admirait, ses hommes, qui « ramassent la foudre, tous les jours », écrivait-il dans sa lettre posthume.

Ce vendredi 17 décembre, Alicia et Benoît avaient rendez-vous au téléphone. Elle lui aurait parlé de Noël, lui aurait montré, avec la caméra, son nouveau manteau. Il n’a pas répondu. Puis la principale du collège où Alicia enseigne le français l’a appelée dans son bureau : « Il y a des personnes du régiment pour toi. »

Alicia Dupin n’a pas reconnu son mari. Elle attend encore les résultats de l’enquête sur sa mort. Elle sait seulement que « malgré les tirs, il a continué sa mission, il n’a pas reculé… ». Et Aleyna, que « papa est tombé en héros », en regardant la mort dans les yeux.

Epilogue

Toutes ces familles, si différentes et si semblables, au fond, ne réclament pas le tapis rouge. Elles demandent seulement que le sang versé ne soit pas épongé par l’oubli.

Geneviève Theolas, la compagne de Steeve Cocol, a cofondé une association de soutien aux soldats et à leurs proches, Familles de mili. En répondant à une mère dont le fils a été égorgé, ou à un soldat à Kaboul, qui lui écrit : « Aidez-moi à rester en vie », elle reste debout.
Nathalie Sonzogni répète, doucement, comme le vieux copain, Philippe Angot, que « la mort au combat était certainement, pour Patrice, la plus belle fin… ».
Monique, la mère de Jean-Nicolas Panezyck, a rassemblé toutes ses forces pour lancer à Nicolas Sarkozy, quand elle l’a vu, qu’aujourd’hui « on donne vraiment la Légion d’honneur à n’importe qui ».
Quant à Jean-Fabien Dupin, pour inonder sa peine, le soir, au Grand-Pressigny, il lit et relit les mots que les hommes de son frère ont envoyés, dans leur français malhabile d’écolier : « C’était vraiment un bon mec. Il a mourir comme un vrai légionnaire : bravement, avec une arme à la main. Adieu, mon capitaine. »

(1) Le nom a été changé.

À propos de l'auteur :

Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Diocèse de Versailles, ordonné prêtre en 2004. Curé de Montigny-Voisins. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d'éthique économique pour le diocèse de Versailles. Auteur de "Aimer en vérité" (Artège, 2014), "Catholiques, engageons-nous !" (Artège 2016) et de "Donner sa vie" (Artège 2018).