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L’essence de la France

Publié le 24 Avr 2015 à 00:11 Divers 9 commentaires

« L’essence de la France ». Devant les caméras de toutes les chaînes de télévision de notre pays, en à peine quelques secondes, Manuel Valls a consacré les racines chrétiennes de notre pays.

Le mot a surpris les uns, fait bondir les laïcards de service et peiné les francs-maçons. Etonné tout le monde en tout cas, car il était prononcé par le Premier ministre à la suite de l’attentat déjoué contre une église paroissiale du Val-de-Marne.

Ne boudons pas notre plaisir ; voici les propos du Premier ministre : « cette fois-ci, c’étaient les chrétiens, les catholiques de France, qui étaient visés, pour la première fois. Deux églises étaient dans le viseur de cet individu (…) Vouloir s’en prendre à une église, c’est s’en prendre à un symbole de la France, c’est l’essence même de la France qu’on a sans doute visée (…) Les fidèles de la religion catholique doivent pouvoir pratiquer leur culte, aller à la messe en parfaite sérénité. D’ailleurs, c’est la plus belle et la plus forte des réponses que nous devons apporter au terrorisme qui cible la France pour mieux la diviser, (…) La France a un patrimoine chrétien exceptionnel. Ses cathédrales, ses églises, ses chapelles attirent des touristes, des pèlerins, des fidèles par milliers du monde entier. Ce patrimoine doit être protégé, mais il doit rester ouvert, accessible ».

Vérité historique

L’Eglise catholique n’a aucun problème avec la laïcité. La distinction entre Dieu et César fait partie de notre culture biblique et traditionnelle. Au-delà des querelles et des drames causés par les lois de 1901 et 1905, au-delà du laïcisme qui peut très vite devenir une idéologie, on voit qu’aujourd’hui, nous autres, catholiques vivons très sereinement la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ainsi que la coexistence de diverses croyances religieuses sur le sol national. Mais c’est rendre hommage à la vérité que de reconnaître au christianisme une place singulière, toute spéciale, dans le « roman national ». L’ADN de notre pays, son héritage, que cela plaise ou non, c’est la culture judéo-chrétienne. Même François Mitterrand avait compris la force symbolique d’un clocher de village, à une époque où les catholiques étaient déjà minoritaires. Et cela n’a rien à voir avec le fait qu’on soit croyant ou pas : il suffit juste d’être un (humble et honnête) historien. Dans un discours à Rome, un texte à relire et méditer, le président de la République de l’époque l’avait souligné.

La République laïque ne reconnaît aucun culte ? Dont acte. Elle les traite avec une stricte égalité ? Pourquoi pas ? Mais cette égalité doit aussi considérer que la religion catholique a une place différente.

Cette place différente, particulière, ne nous crée pas beaucoup de droits mais plutôt pas mal de devoirs. Nous sommes plus regardés, attendus, écoutés, pas toujours entendus. Parfois, c’est même le schéma ecclésial qui s’impose à l’Etat : on voit comment il peine à organiser administrativement un islam à la française, croyant qu’il a devant lui un réseau de mosquées, un clergé avec des « imams en chef », sortes de prêtres et d’évêques. L’Etat a une vision catholique des religions. Il est vrai que le Nonce Apostolique est statutairement le doyen du corps diplomatique. Mais quand même !

Vers une nouvelle manière d’être catholique français

« Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! » s’écriait en 1877 Léon Gambetta à la tribune de l’Assemblée nationale. Cet anticléricalisme a été désamorcé dans les tranchées de 14-18 par la sueur, le sang et les larmes d’aumôniers militaires au dévouement héroïque. Puis est apparu un antichristianisme (mais avait-il vraiment disparu ?), ce qui est plus fâcheux. Ces derniers temps, l’antichristianisme a mué : aujourd’hui, se dessine une tentative pour faire taire toute parole religieuse, quelle qu’elle soit. Un refrain anti-religion qui fait écho à cette prophétie de Georges Bernanos : « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ».

C’est cette conspiration-là que nous combattons et c’est certainement une nouvelle manière d’être catholique en France. Car elle ne fait pas honneur à l’homme et à la dimension verticale qui fait partie de sa vie. « Chassez le surnaturel, il revient au galop ! » et pas forcément comme vous le pensez. L’homme a soif d’authenticité, d’absolu, de lieux et d’espaces où se donner, dans toutes les dimensions de sa vie. C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre cette invitation qui aurait pu être lancée par un évêque ou un cardinal mais qui a été prononcée par un président de la République française, en visite à Rome : « la France a besoin de catholiques heureux, qui témoignent de leur espérance ! ».

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À propos de l'auteur :

Abbé Amar

43 ans. Diocèse de Versailles. Licencié en droit, Master de théologie, il est curé de la paroisse de Limay-Vexin (78). Auteur de spectacles pour les familles (www.santosubito.fr et www.princedudesert.fr) et de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016). Depuis 2013, il anime l'émission "un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame (FM 100.7).

  • Vincent

    Difficile de croire et de faire confiance à ce premier ministre quand on se souvient avec quel soin et quel acharnement il a maté la manifestation de LMPT sur l’esplanade des invalides et sur l’avenue de la grande armée en gazant des enfants et des mères de famille, et en provoquant les manifestants avec ses sbires en civil armes de matraque !
    Son discours est trop flatteur pour être crédible.
    À fuire !

  • Olivier

    Bonjour,
    Parler des racines chrétiennes de la France me gène un peu. Les racines de la France sont à chercher dans sa culture et celle-ci vient essentiellement de l’Europe.
    Or en Europe parmi les grands penseurs des siècles passés, il y a beaucoup de chrétiens mais il y en a d’autres. Il y a beaucoup de juifs parmi les savants, les philosophes, les musiciens etc., d’ailleurs vous parlez de « culture judéo-chrétienne » . Il ne faut pas oublier aussi l’influence islamique: jusqu’à la fin du 15 ème siècle l’Espagne était musulmane et l’est de l’Europe y est encore en partie . C’est grâce à tous ces échanges que s’est forgée et se forge encore notre culture.
    D’ailleurs peut-on dire que la France a été un jour chrétienne ? On peut simplement dire qu’il y a eu des chrétiens, qu’ils ont construit des églises et qu’il y a des chrétiens encore en mission.

    Mais n’est-ce pas une exigence de l’Évangile de toujours dépasser nos cultures et de nous emmener ailleurs ?

    • tlhote

      Bizarre, je ne vois rien d’incompatible entre avoir des racines et s’ouvrir à l’autre, en quoi ce serait antinomique ? Au contraire, mieux on est dans sa culture et mieux on prend de plaisir et de joie à goûter les différences chez l’autre..

      Pourquoi devrais-je choisir entre être ce que je suis et accueillir l’autre ? Franchement, je ne vois pas, il faut m’expliquer en quoi les deux attitudes s’excluraient.

      Dépasser ma culture ne signifie pas faire table rase de ma culture et la renier.

      Sinon pour les racines chrétiennes de la France, ils suffit par exemple de se transporter au moment d’un des sommets du Moyen âge, ce sont bien souvent des moines qui ont défriché et ouvert de nouvelles terres à la civilisation tout en bâtissant leur monastère et leur église.

      La Bourgogne romane et cistercienne en est un des grands exemples.
      On peut toujours dire que cela n’a pas existé et que c’est la petite histoire des peuples, je ne le crois pas, ceux qui ont cultivé la terre et ont modelé les paysages de la France étaient bien des chrétiens. Nous sommes bien obligé de reconnaître leurs efforts en ce sens, sans lesquels nous ne nous serions pas développé ainsi jusqu’à maintenant.

      Si nous ne manquons pas d’humilité c vis à vis de celui qui nous ne nous ressemble pas, pourquoi devrions nous en manquer face à celles et ceux qui nous ont précédé ?

      • Olivier

        Je suis bien d’accord avec vous, il faut connaître sa culture, se l’approprier pour la dépasser. Mais pour la connaître, il ne faut partir de l’a-priori qui consiste à nier les apports non-chrétiens. Ils sont minoritaires, peut-être, mais indispensables.
        Loin de moi l’idée de minimiser les grands bâtisseurs du Moyen-Age, ni même les grands théologiens de cette époque. Mais depuis le Moyen-Age la culture européenne a avancé dans sa construction et pas toujours uniquement tirée par des chrétiens.
        Attention à ne pas enfermer notre culture dans le christianisme et ne pas enfermer notre christianisme dans notre culture.

        • tlhote

          Là encore je ne vois pas ce qui est nié quand on cherche simplement à être soi sans fard dans l’attitude.

          L’être humain étant imparfait, je le vois mal devenir le représentant multi-carte de toute la terre. Il n’y a pas d’homme nouveau à construire, mais beaucoup à apprendre de ses propres imperfections qui peuvent parfois se révéler être de véritables grâces. Beaucoup de psychologues constatent cela chaque jour avec les personnes qui les consultent, la force et le courage de parler et de parfois poursuivre ce que l’on considérait comme une imperfection..

          Ce n’est pas dans une forme de perfection ou supériorité ou dépassement inhumain (car nous sommes des êtres de chair aussi) que je vois le bonheur et l’accomplissement mais au contraire beaucoup d’épines et de frustrations à tenter de devenir ce que nous ne pouvons être.

          Attention, je ne cherche pas à critiquer là mais simplement à exposer mes propres observations. Je crois que nous nous sommes assez trompés avec la croyance linéaire d’un homme qui se perfectionnerait de génération en génération par le savoir. Là me semble être la folie de l’occidental, je ne crois pas que nous impressionnons grand’monde par cette voie.

  • michel

    Bonjour,
    Je trouve la déclaration de Manuel Valls pleine de saveur, avec de beaux accents mitterrandiens.
    Je suis par contre un peu plus réservé sur la phrase : « L’Eglise catholique n’a aucun problème avec la laïcité. La distinction entre Dieu et César fait partie de notre culture biblique et traditionnelle. »
    De fait, le Christ établit une distinction saine et salutaire entre le religieux et le politique. Mais ces domaines ont été longtemps confondus dans l’histoire des royaumes d’Europe et de France en particulier. Nous sortons à peine de cette confusion, ou plutôt devrais-je dire, nous avons été poussés à acter cette distinction, et 1905 en est un jalon.

    La séparation de l’Eglise (ou des Eglises) et de l’Etat, est une des garanties permettant à chaque citoyen de ce pays à pratiquer ou pas une religion sans ingérence du politique.

    De cela, je rends grâce.

  • chimbad

    En parlant des racines chrétiennes de la France, Manuel WALLS aurait pu évoquer aussi celles de l’Etat.

    Car si tout ce que la France est devenue au cours des siècles l’a été par l’action admirable de tout un peuple formé de toutes sortes de gens d’origine très diverses, chrétiennes ou non, elle l’a été aussi par son Etat dont le développement administratif, politique est dû essentiellement depuis les débuts de son existence jusqu’à maintenant – même si la loi de 1905 de Séparation de l’Eglise et de l’Etat est passée par là – à une quantité d’apports fait par l’Eglise. Sans toute cette kyrielle de grands hommes d’Eglise et de tous ceux qu’ils ont instruits pour en faire des hommes d’Etat, que serait la France aujourd’hui et son Etat?

    A l’heure où on s’interroge sur la survie de la France touchée comme beaucoup d’autres pays par la succession des crises de plus en plus rapprochées et fortes, ne serait-il pas temps de réfléchir à voir si cette séparation de l’Eglise et de l’Etat entérinée en 1905 n’aurait pas dû être perçue davantage comme devant donner lieu à une recherche d’équilibre entre ces 2 forces supérieures et aux conditions qui le permettent plutôt qu’à la pure éviction de l’Eglise du politique à laquelle on assiste peu à peu depuis plus d’un siècle?

    Dans cette lancée, pourquoi ne pas nous demander, à quand alors la séparation de l’autorité et du pouvoir? N’est-ce pas là où se trouve la séparation de l’Eglise et de l’Etat dont la France avait et a besoin; au siècle dernier parce que l’Eglise ne pouvait plus être dans les deux; et aujourd’hui parce qu’elle ne peut plus être dans aucun des deux.

    Sans doute n’était-il pas évident en 1905 de comprendre que l’autorité était plus du domaine de l’Eglise que du domaine de l’Etat, comme il est sûrement aussi difficile de comprendre aujourd’hui que le domaine de l’Etat est plus celui du pouvoir que celui de l’autorité. Je pense que c’est là où est le problème, la cause de beaucoup d’autres. Donc, il faudra du temps pour arriver à cet équilibre, Mais le plus souvent, la vérité nous échappe ou (et) nous embarrasse; et donc, il faudra du temps, beaucoup même pour rétablir celui qui existait entre la majorité et l’opposition et le pouvoir et le contre-pouvoir, équilibres qui tendent à disparaître du fait peut-être de ce que sur le fond, cette séparation de l’Eglise et de l’Etat n’a jamais été vraiment faîte… comme il faut…C’est mon avis.

    • emmanuel

      Dieu vous bénisse!
      Immanuel

    • Jean-Michel

      En effet, aussi loin qu’on remonte en France , Dieu a particulièrement aimé la France, car Clovis lui même avait lancé un défi au Seigneur à la bataille de Tolbiac que Jésus a semble t il accepté.

      A savoir sa femme Ste Clotilde déjà chrétienne avait demandé la victoire sur les Alamans à Jésus, et s’il gagnait la bataille ,il jurait de se faire baptiser catholique.
      la bataille s’annonçait pourtant mal engagée, car les Alamans étaient en surnombre par rapport aux francs, jusqu’au moment où Clovis s’adressa à Jésus , pour le supplier de gagner la bataille et si c’était le cas il se convertirait catholique ainsi que toute son armée, aussitôt les Francs reprennaient l’avantage et contre toute attente en véritable miracle gagnaient la bataille, Clovis tenu promesse se fît baptiser ainsi que toute son armée et fît construire des églises et fît la guerre désormais pour le Seigneur Jésus soumettant un peu plus tard nombre de barbares païens ou ariens (arianisme)

      les nombreuses apparitions de l’ange Michel ,de la très Sainte Marie, une bonne dixaine de fois (la Salette, Paris Pontmain, Cotignac, le Laus,Lourdes Banneux Pellevoisin..) montre que Dieu a aimé la France comme aucun autre pays ,au point de demander à une bergère de bouter l’anglais hors de France lui demandant de prendre les armes !
      malheureusement il faut parler au passé depuis la révolution française et dont Satan a supplanté Jésus.
      la France était la fille ainée de l’Eglise, elle est devenue fille de « joie » du démon.

      les moqueurs athées ne se cachent même plus pour dire qu’un crucifix dans de l’urine est de l’art , des pièces de théâtre grotesques organisées par des athées que le pouvoir franc maçon approuve bien entendu (Golgotha picnic)
      Da vinci code répand le blasphème, et la calomnie en faisant croire que le Christ a entretenu une relation charnelle avec Marie Madeleine, que la Vierge a eu d’autre enfants et donc plus vierge, et nombre d’autre mensonges blasphématoires !

      Une énergie anti Dieu athée jamais vue depuis la révolution et le massacre des chouans en Vendée jusqu’au dernier, reprend vigueur, et heureusement sans la violence en l’état actuel des choses,l’IVG l’avortement la liberté sexuelle le mariage pour tous ,sont des lois anti Dieu . Les catholiques sont moqués dans la société ,et rabaissé et l’islam honnoré,et ce n’est pas à Hollande le socialiste franc maçon et ses sbires que nous devront un changement positif.
      les sectes types mormons témoins de jéhovah évangéliques, ont le vent en poupe .
      les francs maçons sont infiltrés partout ,et même au Vatican !

      http://www.contre-info.com/des-satanistes-au-vatican#