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Zut : la fin du monde n’a pas encore eu lieu

Publié le 11 Nov 2011 à 11:28 Société 14 commentaires

Flûte de flûte. Je vais encore devoir me lever, me raser, travailler, sourire aux autres, faire le bien, éviter le mal… la fin du monde n’a pas eu lieu !

Car après la onzième minute de la onzième heure, en ce 11 novembre de l’année 2011, savez-vous ce qui s’est passé ? Une chose fort logique : la douzième minute a tout simplement pointé le bout de son nez. Et la vie continue !

C’est cyclique.

Les prophètes de malheur reviennent régulièrement et annoncent avec certitude la fin du monde. Après avoir échappé à la catastrophe en l’an 2000, on nous l’annonçait pour ce 11 novembre. C’était sérieux : fin du monde, terminus, tout le monde descend ! Raté. Une fois de plus.

Du coup, ce sera peut-être en 2012 ? A en croire le calendrier Maya et le film catastrophe de Roland Emmerich (« 2012 ») prenez garde au 21 décembre prochain ! Je n’ose à peine consulter Madame Soleil.

Comme chrétiens, nous sourions… mais sommes-nous si sûrs de la fin des temps à venir ? Et ce temps qui passe et qui coule, comment le vivre ?

Ce que nous savons par la foi

Oui je crois à la fin du monde et plus exactement au retour du Christ. Je sais aussi que le triomphe de son royaume ne se fera pas sans un dernier assaut des puissances du mal. Je reconnais que tout cela n’est en apparence pas très réjouissant… J’accepte même que l’on puisse rire de moi à ce sujet et n’y verrai aucune christianophobie.

Mais je sais aussi que lors de la fin du monde, le Christ viendra dans la gloire pour accomplir le triomphe définitif du bien sur le mal. Il révèlera le secret des cœurs. Rendra à chaque homme selon ses œuvres et selon son accueil ou son refus de la grâce.

On peut même penser que le secret de confession explosera : on saura tout sur tout le monde. Autrement dit, ce sera le grand déballage mondial. Pas de panique ; nous réaliserons soudainement deux choses : la gravité de nos péchés et l’immensité de la miséricorde de Dieu. Il faut que le bien et le mal qui ont été faits dans le secret des cœurs soient enfin mis au grand jour ! Les façades et les masques tomberont. On verra les petits qui étaient à la dernière place, et qui faisaient le bien en silence, être invités à passer au premier rang. On aura de belles et heureuses surprises.

Mais Polnarreff se met le doigt dans l’œil : on n’ira pas tous au Paradis !

Deux solutions

Fin du monde, apocalypse… Si tout doit finir, si ce monde doit s’en aller, si la mort nous attend… il ne nous reste que deux solutions.

La première est celle proposée dans une veille chanson : « Amusons-nous, faisons les fous, la vie passera comme un rêve. Amusons-nous, faisons les fous, avant qu’on nous mett’ dans le trou ».

On n’a qu’une vie. Après tout, mieux vaut boire, manger, dormir, avoir une belle femme (ou un mari très riche), une grosse voiture, un belle maison et faire des beaux voyages. A la fin de l’année : on coche ! « Un voyage aux Baléares : ça c’est fait. Une nuit dans un Palace 5 étoiles, c’est fait. Les enfants, c’est fait. Un métier avec plein d’argent ? C’est fait ! »

Et puis on meurt ; peut-être le plus riche du cimetière. Là aussi on peut cocher : c’est fait !

Je pose la question : c’est ça que je veux pour ma vie ? Je ne pense pas. Car depuis mon baptême j’ai opté pour une deuxième voie. La vie, la vraie, elle est à la verticale. C’est celle qui nous élève vers ce qui nous dépasse. Celle qui nous fait donner, rayonner l’amour. C’est le pari chrétien : vivre d’Amour, être disciple de l’amour, dire au monde combien il est aimé par Dieu.

Du coup, je n’ai pas peur de mourir. « Ce n’est pas la mort qui viendra me chercher, dit sainte Thérèse de Lisieux, c’est le bon Dieu ». En attendant, je suis invité à changer ce monde, à y mettre de tout mon cœur du vrai, du bien et du beau… Je n’y arrive pas tous les jours, mais promis : j’essaie ! Avec la grâce de Dieu. La chanteuse ZAZ l’a très bien dit : « Donnez-moi une suite au Ritz, je n’en veux pas (…) moi, je veux crever la main sur le cœur » (voir le clip).

Il paraît qu’aujourd’hui, de nombreux français ont pris d’assaut le débit de tabac du coin pour acheter un billet de loto : ce 11 / 11 / 2011 serait le jour de la chance ! Faut choisir alors : c’est l’apocalypse ou le jackpot ? Dans ce cas, mon choix est fait : j’ai choisi le jackpot avec un Dieu d’amour. A chacun sa fin du monde finalement !

À propos de l'auteur :

Abbé Pierre Amar

Abbé Pierre Amar

Diocèse de Versailles, ordonné en 2002. Licencié en droit et en théologie. Auteur de "Internet, le nouveau presbytère" (Artège, 2016) et "Hors Service" (Artège 2019) et de divers spectacles (Jean-Paul II, Charles de Foucauld, Madame Elisabeth). De 2013 à 2018, il anime l'émission "Un prêtre vous répond" sur Radio Notre-Dame. Depuis sept. 2019, il répond à "Pourquoi Padre ?" sur KTOtv.